riches et économiquement les plus importants de la planète. Ils ne couvrent,
certes, que 0,16 % de la surface totale des océans, mais y concentrent près
d’un tiers de la faune marine connue, avec près de 100 000 espèces. À la
fois cathédrales de la mer et entreprises de fabrication de calcaire, ces hauts
lieux de biodiversité fournissent aux sociétés humaines de précieux services
écologiques : pêcheries, protection des côtes vis-à-vis de l’érosion, voire
des tsunamis et autres raz-de-marée, fourniture de matériaux de
construction, source encore largement inexplorée de molécules d’intérêt
pharmaceutique et de modèles biologiques intéressants pour la recherche
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–
sans oublier les industries touristiques.
Or, ces précieux et magnifiques écosystèmes apparaissent
dangereusement menacés
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.
Mais c’est quoi le corail, c’est qui ? Un petit animal de rien du tout,
sorte d’hydre ou de minuscule anémone de mer (les spécialistes diraient un
« Cnidaire »). De rien du tout, mais qui, en s’associant à une micro-algue,
une zooxanthelle qu’il héberge en quantité à l’intérieur même de ses
cellules, a créé une symbiose des plus performantes. La zooxanthelle,
comme toute algue qui se respecte, produit par photosynthèse des sucres qui
nourrissent son hôte corail. En échange, celui-ci fournit à l’algue tout ce
qu’il lui faut pour prospérer, notamment des composés azotés. Cette
symbiose fut un grand succès dans l’histoire évolutive des Cnidaires,
puisque des dizaines de millions d’années après cette invention, on
dénombre 845 espèces de coraux à zooxanthelles constructeurs de récifs.
Au-delà de leur symbiose constitutive, ces coraux bâtisseurs de récifs ont
permis la mise en place de nombreuses autres associations, les produits
organiques sécrétés par le corail au sein du récif servant de nourriture à
d’autres organismes, y compris des poissons. C’est tout un monde qui vit
ainsi protégé dans une véritable forteresse, un écosystème en soi : le récif
corallien. Constitués à partir du squelette du corail, accumulés couche après
couche sur des millions d’années, les récifs sont des formations de
carbonate de calcium, c’est-à-dire de calcaire, qui peuvent atteindre des
épaisseurs de plus de 1 000 m et s’étaler jusqu’à 2 000 km de longueur
comme la Grande Barrière de corail près des côtes de l’Australie.
On découvre depuis quelques années que ce qui paraissait si robuste, si
puissant, défiant siècles et millénaires, est menacé – gravement menacé.
Dans les quelques petites dizaines d’années qui viennent de s’écouler,
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