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247.
les symptômes de la dégénérescence ; non point des maladies, mais des signes attestant un dérèglement physiologique profond, peut-être lié au « stress » consécutif
à la surpopulation. La population régresse souvent très rapidement et d’une manière dramatique et seuls survivent quelques rares individus pour assurer péniblement
le maintien de l’espèce. La pullulation est ainsi toujours le signe précurseur de la mort. Or certains ont cru déceler ces signes de dégénérescence dans l’espèce
humaine, et ne sont pas éloignés de penser qu’ils sont consécutifs à une prolifération excessive accompagnée d’une absence totale de sélection naturelle. Devonsnous nous résigner à la ruine physiologique, tout comme les Rongeurs victimes de leur prolifération, qui attendent la mort, pelotonnés, le poil collé, l’œil mi-clos et
dans un état léthargique ? L’homme n’est pas un Lemming ou un Rongeur sans « cervelle » et se doit de trouver une autre manière de limiter son explosion
démographique.
Les plantes n’utilisent d’ailleurs que de 1 à 2 % de l’énergie solaire qu’elles reçoivent.
Ces questions sont intimement liées à celles de la productivité des habitats, qui dépend de son cycle de conversion, c’est-à-dire des processus de construction et de
démolition des substances vivantes, et de leur vitesse de remise en circuit. Comme l’a dit sir Julian Huxley (1961), « le cycle de conversion est le mécanisme sur
lequel repose la circulation de l’énergie parmi les végétaux et les animaux d’un même habitat, autrement dit le métabolisme de la communauté écologique propre à
cet habitat. La conservation d’un habitat exige que cette circulation d’énergie se maintienne et s’intensifie […]. La conservation exige le respect de deux
commandements fondamentaux qui sont : “Tu maintiendras la circulation d’énergie” et “Tu ne sacrifieras pas l’éternel ou le permanent au temporaire, à l’expédient”
». Or de multiples exemples montrent que l’influence de l’homme dans la nature se traduit souvent par un ralentissement de la circulation d’énergie.
Du moins les habitats complexes des zones « moyennes » du globe. Il n’en est pas de même des « habitats limites » (zones arctiques et montagnardes par exemple),
où les fluctuations des populations animales peuvent être beaucoup plus brutales.
Par exemple l’Élan du Cap, élevé depuis longtemps notamment en URSS.
Correspondant en gros aux catégories V à VIII de la classification des sols.
Il est bien évident que le mot « chasse » dans l’acception que nous lui donnons ici ne peut être appliqué à des massacres hors de proportion avec les effectifs du
gibier, à la recherche du « tableau » et du « record » à tout prix, et à l’abattage d’animaux sans défense, débilités par le froid et les intempéries. Dès qu’elle cesse
d’être sportive, la chasse prend le nom de vandalisme.
À titre d’exemple il y a quelque 1 800 000 porteurs de permis de chasse en France.
Ajoutons que bien des Européens passant pour « évolués » témoignent de la même mentalité et trouvent préférable de remplacer les habitats sauvages par des
cultures et des pâturages artificiels, en supprimant la faune autochtone.
De 1932 à 1954, quelque 500 000 Ongulés ont été abattus rien qu’en Rhodésie dans le cadre des opérations de « tsetse control », 36 910 au cours de la seule année
1954. D’autres opérations sont en cours, même dans des réserves de faune.
Dans les plaines s’étendant au sud du lac Édouard, ils ont passé de 150 environ en 1931 à 3 290 en 1959, soit 1,7 individu au km 2 .
La destruction organisée des prédateurs a même mené certains d’entre eux à une extermination totale ou presque, comme c’est le cas en Amérique du Nord du Putois
Mustela nigripes et dans l’Inde du Guépard Acinonyx jubatus venaticus. Ce dernier est d’ailleurs également menacé en Afrique, tout comme tous les Félins à robe
tachetée, recherchés pour leur fourrure.
Nous citerons à titre d’exemple celui de la destruction dans l’ouest des États-Unis des Coyotes, des Loups, des Pumas et les Lynx, accusés de tuer de nombreux
agneaux. Leur réduction massive entraîna la prolifération des Rongeurs, qui ravagèrent les habitats. Les éleveurs abandonnèrent alors la lutte contre les Carnivores
pour se tourner contre les Rongeurs. Les Coyotes revinrent, mais comme entre-temps les rongeurs avaient disparu, les dommages infligés aux animaux domestiques
furent beaucoup plus importants de la part des Canidés privés d’une partie de leurs proies naturelles. Le maintien d’un équilibre entre les différentes espèces paraît
en définitive profitable à l’homme.
De multiples autres exemples concernent les oiseaux de proie, que l’homme persécute à travers le monde entier. Sauf quelques rares exceptions, les rapaces ne sont
jamais fondamentalement nuisibles, de plus leur densité est forcément toujours faible du fait des dimensions considérables de leurs territoires et de leurs domaines
vitaux. Ils n’en font pas moins l’objet d’une destruction systématique, en dépit des constatations objectives concernant le régime alimentaire de beaucoup d’entre
eux.
Par exemple dans le bassin de l’Amazone, la destruction des Caïmans a entraîné la prolifération des Piranhas, petits poissons carnassiers capables de dévorer un
Bœuf en quelques minutes.
Inutile d’ajouter que ces Reptiles font l’objet d’une exploitation exagérée de la part de l’homme qui les chasse pour leur peau. Tous les Crocodiliens sont en voie de
raréfaction avancée, notamment le Crocodile du Nil, disparu d’une vaste partie de son habitat et en fort déclin ailleurs, et le Crocodile de Morelet, presque éteint
dans son habitat restreint du Yucatan. Les chasseurs de peaux compromettent ainsi une ressource naturelle que des prélèvements proportionnés à l’importance des
populations et à leur accroissement naturel pourraient rendre très rentable.
Cela n’est pas sans rappeler ce que l’on observe dans le cas de populations de poissons exploitées par la pêche (voir p. 355).
Il n’en restait guère plus d’un millier d’individus dans toute son aire de distribution en 1920.
Par exemple nyama en kiswahili.
En plus des travaux cités on consultera avec fruit les comptes rendus de la conférence de Manyara, Tanganyika (février 1961), et ceux du symposium d’Arusha
(septembre 1961 ; Conservation of Nature and Natural Resources in Modern African States).
Bien entendu dans le cas de pâturages améliorés, la biomasse augmente considérablement et peut atteindre, d’après des chiffres cités par Bourlière et Verschuren, 65
000 kg/km 2 . Il conviendrait cependant d’examiner comment et à quel prix de revient une telle charge a été obtenue. Si cela est possible dans certaines régions, dans
bien d’autres cette surcharge n’est pas compatible avec le maintien d’une haute productivité. Il est certain que la plupart des biotopes africains ne pourront jamais
supporter une telle biomasse, même s’ils étaient transformés par l’homme.
Voir aussi L. M. Talbot et M. H. Talbot, Trans. 28th N. Amer. Wildlife Nat. Res. Conf., 1963 : 465-476.
Notons aussi que la partie des carcasses utilisables pour l’alimentation paraît également toujours plus importante en proportion chez les animaux sauvages. Alors
qu’elle ne dépasse que rarement 50 % du poids vif chez le bétail possédé par les Africains, elle est toujours supérieure à cette valeur chez les Ongulés autochtones
(atteignant 58 % chez l’Élan et 63 % chez la Gazelle de Grant). Le rendement en protéines paraît par ailleurs nettement supérieur dans le cas du gibier dont la chair
est pauvre en graisse (d’où facilité d’en faire de la viande séchée : Ledger, Conservation of Nature and Natural Resources in Modern African States, N.S. Publ. n o 1,
UICN, 1963). Voir aussi L. M. Talbot, « Wild animals as a source of food », U.S. Dept. Interior Bureau of Sport Fisheries and Wildlife. Sp. Sci. Rep. Wildlife, n o 98,
1966.
Ils témoignent également d’une résistance naturelle à un grand nombre de maladies tropicales, en particulier aux trypanosomiases, et sont mieux adaptés au climat,
surtout aux fortes températures et à la sécheresse.
L’Afrique du Sud, qui fut le théâtre de massacres sans équivalent dans le continent, prit l’initiative il y a déjà longtemps de l’élevage des grands mammifères.
On remarquera qu’il n’en est pas de même au parc Albert, où la population d’Hippopotames est tout aussi dense, mais où l’habitat est en aussi bonne condition
qu’au moment où la zone fut strictement mise en réserve. Des facteurs édaphiques pourraient jouer conjointement avec l’influence des animaux. (Voir aussi à ce
sujet Curry-Lindahl, Expl. P. N. Albert et P. N. Kagera, Bruxelles, IPNCRU, 1961.)
Cette solution est sans aucun doute aussi à préconiser dans le cas des Éléphants, dont les effectifs sont en forte augmentation dans l’Est africain (notamment au
Zaïre, en Ouganda et au Kenya). Ces grands mammifères entraînent une transformation profonde des habitats par suite de la déforestation consécutive à la
surpopulation. De 55 à 59 % des arbres ont disparu entre 1932 et 1956 du fait de leur action au Murchison Falls N. P. (voir aussi les spectaculaires photos publiées
par Bourlière et Verschuren, pl. XII, 1960). Un grave problème de surpopulation s’est également posé en 1966 au Kenya, au Tsavo N. P., où pas moins de 20 000
Éléphants avaient été dénombrés. Cette situation, qui avait provoqué une dégradation de l’habitat, a nécessité l’abattage de plusieurs milliers de têtes. Il paraît
indispensable dans la plupart des districts mis en réserve de « contrôler » leurs populations, dont la régulation naturelle ne se fait qu’à long terme, quand l’équilibre
des habitats est déjà très compromis.
L’équilibre des populations de grands mammifères – nous avons vu par de multiples exemples combien il est difficile à atteindre – exige que les zones intégralement
protégées soient de très vaste superficie pour que les lois naturelles de compétition et de prédation puissent jouer et maintenir une harmonie entre les différents
éléments de la biocénose.
Interdite par un traité international signé en 1911, protégeant également la Loutre de mer. Une nouvelle convention, signée en 1957 entre le Canada, le Japon,
l’URSS et les États-Unis, a remplacé la première en en reprenant les clauses.
La moyenne du nombre de femelles par harem a passé de 42 en 1935 à 95 en 1947, corrélativement à l’accroissement des populations. L’accroissement du nombre
de femelles préjudiciable à l’équilibre des populations et provoquant un dépassement de la capacité-limite de l’habitat a déterminé les biologistes à autoriser
l’abattage annuel d’un certain contingent (de 15 000 à 30 000).
Le Fish and Wildlife Service en est officiellement chargé.
On pourrait le qualifier d’Homo ludens, pour reprendre l’expression de J. Huizinga. Remarquons toutefois que cela ne s’applique qu’aux pays industrialisés, c’est-àdire une petite minorité.
Au détriment des forêts dont la superficie risque de se trouver de plus en plus réduite en raison de la demande de pâte à papier !
218.
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les symptômes de la dégénérescence ; non point des maladies, mais des signes attestant un dérèglement physiologique profond, peut-être lié au « stress » consécutif
à la surpopulation. La population régresse souvent très rapidement et d’une manière dramatique et seuls survivent quelques rares individus pour assurer péniblement
le maintien de l’espèce. La pullulation est ainsi toujours le signe précurseur de la mort. Or certains ont cru déceler ces signes de dégénérescence dans l’espèce
humaine, et ne sont pas éloignés de penser qu’ils sont consécutifs à une prolifération excessive accompagnée d’une absence totale de sélection naturelle. Devonsnous nous résigner à la ruine physiologique, tout comme les Rongeurs victimes de leur prolifération, qui attendent la mort, pelotonnés, le poil collé, l’œil mi-clos et
dans un état léthargique ? L’homme n’est pas un Lemming ou un Rongeur sans « cervelle » et se doit de trouver une autre manière de limiter son explosion
démographique.
Les plantes n’utilisent d’ailleurs que de 1 à 2 % de l’énergie solaire qu’elles reçoivent.
Ces questions sont intimement liées à celles de la productivité des habitats, qui dépend de son cycle de conversion, c’est-à-dire des processus de construction et de
démolition des substances vivantes, et de leur vitesse de remise en circuit. Comme l’a dit sir Julian Huxley (1961), « le cycle de conversion est le mécanisme sur
lequel repose la circulation de l’énergie parmi les végétaux et les animaux d’un même habitat, autrement dit le métabolisme de la communauté écologique propre à
cet habitat. La conservation d’un habitat exige que cette circulation d’énergie se maintienne et s’intensifie […]. La conservation exige le respect de deux
commandements fondamentaux qui sont : “Tu maintiendras la circulation d’énergie” et “Tu ne sacrifieras pas l’éternel ou le permanent au temporaire, à l’expédient”
». Or de multiples exemples montrent que l’influence de l’homme dans la nature se traduit souvent par un ralentissement de la circulation d’énergie.
Du moins les habitats complexes des zones « moyennes » du globe. Il n’en est pas de même des « habitats limites » (zones arctiques et montagnardes par exemple),
où les fluctuations des populations animales peuvent être beaucoup plus brutales.
Par exemple l’Élan du Cap, élevé depuis longtemps notamment en URSS.
Correspondant en gros aux catégories V à VIII de la classification des sols.
Il est bien évident que le mot « chasse » dans l’acception que nous lui donnons ici ne peut être appliqué à des massacres hors de proportion avec les effectifs du
gibier, à la recherche du « tableau » et du « record » à tout prix, et à l’abattage d’animaux sans défense, débilités par le froid et les intempéries. Dès qu’elle cesse
d’être sportive, la chasse prend le nom de vandalisme.
À titre d’exemple il y a quelque 1 800 000 porteurs de permis de chasse en France.
Ajoutons que bien des Européens passant pour « évolués » témoignent de la même mentalité et trouvent préférable de remplacer les habitats sauvages par des
cultures et des pâturages artificiels, en supprimant la faune autochtone.
De 1932 à 1954, quelque 500 000 Ongulés ont été abattus rien qu’en Rhodésie dans le cadre des opérations de « tsetse control », 36 910 au cours de la seule année
1954. D’autres opérations sont en cours, même dans des réserves de faune.
Dans les plaines s’étendant au sud du lac Édouard, ils ont passé de 150 environ en 1931 à 3 290 en 1959, soit 1,7 individu au km 2 .
La destruction organisée des prédateurs a même mené certains d’entre eux à une extermination totale ou presque, comme c’est le cas en Amérique du Nord du Putois
Mustela nigripes et dans l’Inde du Guépard Acinonyx jubatus venaticus. Ce dernier est d’ailleurs également menacé en Afrique, tout comme tous les Félins à robe
tachetée, recherchés pour leur fourrure.
Nous citerons à titre d’exemple celui de la destruction dans l’ouest des États-Unis des Coyotes, des Loups, des Pumas et les Lynx, accusés de tuer de nombreux
agneaux. Leur réduction massive entraîna la prolifération des Rongeurs, qui ravagèrent les habitats. Les éleveurs abandonnèrent alors la lutte contre les Carnivores
pour se tourner contre les Rongeurs. Les Coyotes revinrent, mais comme entre-temps les rongeurs avaient disparu, les dommages infligés aux animaux domestiques
furent beaucoup plus importants de la part des Canidés privés d’une partie de leurs proies naturelles. Le maintien d’un équilibre entre les différentes espèces paraît
en définitive profitable à l’homme.
De multiples autres exemples concernent les oiseaux de proie, que l’homme persécute à travers le monde entier. Sauf quelques rares exceptions, les rapaces ne sont
jamais fondamentalement nuisibles, de plus leur densité est forcément toujours faible du fait des dimensions considérables de leurs territoires et de leurs domaines
vitaux. Ils n’en font pas moins l’objet d’une destruction systématique, en dépit des constatations objectives concernant le régime alimentaire de beaucoup d’entre
eux.
Par exemple dans le bassin de l’Amazone, la destruction des Caïmans a entraîné la prolifération des Piranhas, petits poissons carnassiers capables de dévorer un
Bœuf en quelques minutes.
Inutile d’ajouter que ces Reptiles font l’objet d’une exploitation exagérée de la part de l’homme qui les chasse pour leur peau. Tous les Crocodiliens sont en voie de
raréfaction avancée, notamment le Crocodile du Nil, disparu d’une vaste partie de son habitat et en fort déclin ailleurs, et le Crocodile de Morelet, presque éteint
dans son habitat restreint du Yucatan. Les chasseurs de peaux compromettent ainsi une ressource naturelle que des prélèvements proportionnés à l’importance des
populations et à leur accroissement naturel pourraient rendre très rentable.
Cela n’est pas sans rappeler ce que l’on observe dans le cas de populations de poissons exploitées par la pêche (voir p. 355).
Il n’en restait guère plus d’un millier d’individus dans toute son aire de distribution en 1920.
Par exemple nyama en kiswahili.
En plus des travaux cités on consultera avec fruit les comptes rendus de la conférence de Manyara, Tanganyika (février 1961), et ceux du symposium d’Arusha
(septembre 1961 ; Conservation of Nature and Natural Resources in Modern African States).
Bien entendu dans le cas de pâturages améliorés, la biomasse augmente considérablement et peut atteindre, d’après des chiffres cités par Bourlière et Verschuren, 65
000 kg/km 2 . Il conviendrait cependant d’examiner comment et à quel prix de revient une telle charge a été obtenue. Si cela est possible dans certaines régions, dans
bien d’autres cette surcharge n’est pas compatible avec le maintien d’une haute productivité. Il est certain que la plupart des biotopes africains ne pourront jamais
supporter une telle biomasse, même s’ils étaient transformés par l’homme.
Voir aussi L. M. Talbot et M. H. Talbot, Trans. 28th N. Amer. Wildlife Nat. Res. Conf., 1963 : 465-476.
Notons aussi que la partie des carcasses utilisables pour l’alimentation paraît également toujours plus importante en proportion chez les animaux sauvages. Alors
qu’elle ne dépasse que rarement 50 % du poids vif chez le bétail possédé par les Africains, elle est toujours supérieure à cette valeur chez les Ongulés autochtones
(atteignant 58 % chez l’Élan et 63 % chez la Gazelle de Grant). Le rendement en protéines paraît par ailleurs nettement supérieur dans le cas du gibier dont la chair
est pauvre en graisse (d’où facilité d’en faire de la viande séchée : Ledger, Conservation of Nature and Natural Resources in Modern African States, N.S. Publ. n o 1,
UICN, 1963). Voir aussi L. M. Talbot, « Wild animals as a source of food », U.S. Dept. Interior Bureau of Sport Fisheries and Wildlife. Sp. Sci. Rep. Wildlife, n o 98,
1966.
Ils témoignent également d’une résistance naturelle à un grand nombre de maladies tropicales, en particulier aux trypanosomiases, et sont mieux adaptés au climat,
surtout aux fortes températures et à la sécheresse.
L’Afrique du Sud, qui fut le théâtre de massacres sans équivalent dans le continent, prit l’initiative il y a déjà longtemps de l’élevage des grands mammifères.
On remarquera qu’il n’en est pas de même au parc Albert, où la population d’Hippopotames est tout aussi dense, mais où l’habitat est en aussi bonne condition
qu’au moment où la zone fut strictement mise en réserve. Des facteurs édaphiques pourraient jouer conjointement avec l’influence des animaux. (Voir aussi à ce
sujet Curry-Lindahl, Expl. P. N. Albert et P. N. Kagera, Bruxelles, IPNCRU, 1961.)
Cette solution est sans aucun doute aussi à préconiser dans le cas des Éléphants, dont les effectifs sont en forte augmentation dans l’Est africain (notamment au
Zaïre, en Ouganda et au Kenya). Ces grands mammifères entraînent une transformation profonde des habitats par suite de la déforestation consécutive à la
surpopulation. De 55 à 59 % des arbres ont disparu entre 1932 et 1956 du fait de leur action au Murchison Falls N. P. (voir aussi les spectaculaires photos publiées
par Bourlière et Verschuren, pl. XII, 1960). Un grave problème de surpopulation s’est également posé en 1966 au Kenya, au Tsavo N. P., où pas moins de 20 000
Éléphants avaient été dénombrés. Cette situation, qui avait provoqué une dégradation de l’habitat, a nécessité l’abattage de plusieurs milliers de têtes. Il paraît
indispensable dans la plupart des districts mis en réserve de « contrôler » leurs populations, dont la régulation naturelle ne se fait qu’à long terme, quand l’équilibre
des habitats est déjà très compromis.
L’équilibre des populations de grands mammifères – nous avons vu par de multiples exemples combien il est difficile à atteindre – exige que les zones intégralement
protégées soient de très vaste superficie pour que les lois naturelles de compétition et de prédation puissent jouer et maintenir une harmonie entre les différents
éléments de la biocénose.
Interdite par un traité international signé en 1911, protégeant également la Loutre de mer. Une nouvelle convention, signée en 1957 entre le Canada, le Japon,
l’URSS et les États-Unis, a remplacé la première en en reprenant les clauses.
La moyenne du nombre de femelles par harem a passé de 42 en 1935 à 95 en 1947, corrélativement à l’accroissement des populations. L’accroissement du nombre
de femelles préjudiciable à l’équilibre des populations et provoquant un dépassement de la capacité-limite de l’habitat a déterminé les biologistes à autoriser
l’abattage annuel d’un certain contingent (de 15 000 à 30 000).
Le Fish and Wildlife Service en est officiellement chargé.
On pourrait le qualifier d’Homo ludens, pour reprendre l’expression de J. Huizinga. Remarquons toutefois que cela ne s’applique qu’aux pays industrialisés, c’est-àdire une petite minorité.
Au détriment des forêts dont la superficie risque de se trouver de plus en plus réduite en raison de la demande de pâte à papier !
