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Nous nous empressons d’affirmer que nous ne portons ici aucun jugement critique sur l’évolution sociale et technique de l’Afrique, nous bornant à rappeler un état
de fait inévitable dans le contexte de l’évolution générale de l’humanité au cours des temps modernes.
On ne peut s’empêcher de penser à ce qu’a écrit sir Julian Huxley : « Voir de grands animaux évoluer librement et sans crainte dans leur milieu naturel est l’un des
spectacles les plus émouvants et les plus exaltants du monde, comparable à la contemplation d’un noble édifice ou à l’audition d’une grande symphonie » (La
Protection de la grande faune et des habitats naturels en Afrique centrale et orientale, Paris, Unesco, 1961).
On consultera à ce sujet les comptes rendus de la 10 e réunion technique de l’UICN, Lucerne, 1966, dont la partie I (UICN, Publ. N.S., n o 7) est entièrement
consacrée à l’impact écologique du développement du tourisme.
Celles des parcs nationaux américains concernant tous les aspects de l’histoire naturelle depuis la géologie jusqu’à la reconnaissance des principaux végétaux, des
oiseaux et des mammifères peuvent servir de modèle de même que les publications de certains pays de l’Est européen (Pologne et Tchécoslovaquie entre autres).
En ce qui concerne l’éducation du public, on ne saurait passer sous silence l’action de certains groupements privés, qui non seulement entretiennent des réserves,
mais informent et éduquent le public. C’est notamment le cas de la National Audubon Society aux États-Unis. L’action de ces sociétés, jointe à celle des
mouvements de scoutisme, des associations de jeunesse et de camping, est primordiale dans la création d’un état d’esprit et d’une opinion publique ouverte à la
notion de l’équilibre entre l’homme et son milieu.
Même si elle n’est sauvée que « pour mémoire », pour reprendre l’expression du professeur V. Van Straelen, en raison des possibles dégénérescences que risquent
les animaux sauvages conservés en captivité dans des conditions trop artificielles.
Quelques individus seulement vivent encore à l’état sauvage aux confins de la Mongolie et de la Chine (Bannikov, Mammalia, 22, 1958 : 152-160). En revanche
l’espèce est relativement florissante dans les parcs zoologiques ; d’après le Pedigree Book publié par le jardin zoologique de Prague (J. Volf), 161 individus (67
étalons et 94 juments) vivaient en captivité au 1 er janvier 1970.
Le Daim de Mésopotamie était jadis répandu largement à travers le sud-est de la région méditerranéenne, de la Syrie et de l’Irak à la Libye et au Soudan. Son aire de
répartition est maintenant limitée à quelques forêts bordant les fleuves Dez et Karcheh, dans la province du Khouzistan, Iran. Ce Cervidé remarquable, chassé depuis
les temps les plus immémoriaux comme l’attestent les vestiges archéologiques, risque de disparaître à l’état sauvage en raison de la chasse et de la déforestation de
ses derniers refuges. Il n’en subsisterait que de 200 à 400 individus. Son élevage dans de vastes enclos aménagés dans le sud-ouest de l’Iran a été projeté, mais
d’ores et déjà l’espèce s’est reproduite en Allemagne, à Kronberg, dans le Georg von Opel-Freigehege, ce qui constitue le plus sûr garant de la survie de l’espèce
(Haltenorth, Säugetierkundl. Mitt., 9, 1961 : 15-39).
On citera à ce point de vue les magnifiques efforts faits par la Pologne. Grâce à l’élevage en captivité, en 1939, ce pays disposait de 30 sujets sur les 96 encore en vie
dans le monde (35 se trouvaient en Allemagne). En dépit des ravages causés par la guerre, le stock polonais, conservé dans cinq centres d’élevage, et notamment
dans la célèbre forêt de Biolowieza, s’est multiplié et s’élève maintenant à environ 150 sujets (soit 40 % du cheptel mondial). Dès 1952, les Polonais lâchaient des
sujets en complète liberté à Biolowieza (une quarantaine de sujets y vivent actuellement) et offrent à l’heure actuelle des reproducteurs à de nombreux pays
étrangers, multipliant ainsi les chances de survie d’une espèce remarquable à tant de points de vue.
Plusieurs autres individus sont maintenus en captivité à travers le monde, notamment en Arabie, ce qui accroît les chances de survie de l’espèce. Un élevage est
également prévu en Jordanie, au voisinage de la station biologique d’Azraq.
Vers 1925, il n’en subsistait qu’une centaine d’individus : des mesures de protection et surtout d’élevage intensif en captivité entrepris à partir de 1943 ont permis
aux populations de se reconstituer (Delacour, 1945). Il en existait environ 1 400 en 1957 et près de 5 000 en 1968, ce qui permet de considérer l’espèce comme hors
de danger à l’heure actuelle.
Cent vingt-neuf Nénés ont été relâchés à Hawaii et 65 à Maui. Les effectifs ayant subsisté à l’état sauvage ne peuvent être estimés avec précision.
À condition que les caractéristiques écologiques n’aient pas changé entre-temps au point de ne plus permettre la survivance de l’espèce.
La transplantation de ces Rhinocéros a l’avantage de multiplier les foyers de peuplement. Mais elle a également celui d’éviter la surpopulation déjà manifeste dans
les réserves du Natal, où d’après le colonel J. Vincent il y aurait 400 têtes en excès ; un surpâturage manifeste en résulte, d’où risque de détérioration de l’habitat et
menace pour l’avenir d’une espèce, dont les effectifs sont bas en valeur absolue, en dépit de leur trop forte concentration locale. Le transport d’animaux d’aussi
grande taille pose cependant de nombreux problèmes, ne serait-ce qu’en raison de son prix de revient très élevé.
On rappellera à ce point de vue la boutade d’Alphonse Allais proposant d’établir les villes à la campagne, parce que l’air y est plus pur ! Cela exprime assez bien la
nécessité de réintégrer la nature dans la ville. Le Corbusier a par ailleurs affirmé que « les conditions de nature sont inscrites sur l’une des tables de la loi de
l’urbanisme contemporain, dont les trois matériaux sont l’air pur, le soleil et la verdure ».
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