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. On citera à ce point de vue l’exemple du lac Mattamuskeet, en Caroline du Nord, d’une superficie de 20 000 ha, asséché sur près de sa moitié de 1915 à 1932, et
remis sous eau après aménagement étudié en vue de la multiplication du gibier d’eau.
. On citera à titre d’exemple le bassin de la rivière Columbia dans le nord-ouest des États-Unis, où après la construction du barrage de Bonneville, le rendement de la
pêche commerciale du Saumon a baissé de 80 % (passant de 49,5 millions de livres en 1911 à environ 10 millions en 1956). Bien que cette diminution ne soit pas
imputable uniquement aux seuls aménagements hydrauliques (il faut y joindre les effets des pollutions, du changement du régime des eaux consécutif à la
déforestation, et à un overfishing certain), ces chiffres montrent combien une richesse naturelle peut être compromise par la construction de barrages.
. Consulter notamment Hydroélectricité et protection de la nature, UICN, 3 e réunion technique, Caracas, 1952 ; Pro Natura, vol. 2, 1955 ; et Les Conséquences des
barrages sur l’habitat et le paysage, UICN, 7 e réunion technique, Athènes, vol. 2, 1958.
. Signalons que l’UICN a organisé en France en novembre 1962 une importante conférence aux Saintes-Maries-de-la-Mer près de la réserve de Camargue, dans le
cadre de son projet MAR, programme pour la conservation et l’aménagement des zones humides en pays tempérés. À cette occasion, un inventaire des lieux des plus
importants à préserver en Europe et dans le nord de l’Afrique était dressé. La collaboration internationale a permis en 1971 la signature de la convention sur les
zones humides à Ramsar, Iran. Quatre ans après, cette convention n’est toutefois pas encore en vigueur, n’ayant été ratifiée que par un petit nombre de pays.
. Nous ferions mieux d’écrire : « On s’aperçoit donc à nouveau… » car ces sages principes, pendant longtemps oubliés, ont déjà été formulés par Olivier de Serres
au XVI e siècle et par Duhamel Du Monceau au XVIII e .
. Rappelons que seulement aux Étas-Unis des Insectes appartenant à quelque 6 500 espèces et environ 2 500 espèces d’Acariens occasionnent plus de dégâts dans les
forêts que le feu et les maladies cryptogamiques réunis. Dans l’Inde, les pertes de denrées alimentaires se chiffrent à 360 millions de livres sterling et représentent
l’équivalent de la nourriture de 40 millions d’habitants.
. On remarquera que beaucoup de ces substances étaient connues depuis longtemps. C’est ainsi que le DDT fut synthétisé pour la première fois en 1874 par Zeidler
en Allemagne, l’HCH dès 1825 par Faraday, soit respectivement 68 et 118 ans avant que l’on ne découvre leurs propriétés insecticides.
. On citera en exemple l’éradication de l’Anophèle de Gambie lors de l’épidémie si tristement célèbre au Brésil (voir p. 329). Jusqu’en des temps très récents, on
déplorait annuellement 400 millions de cas de malaria avec 5 millions de décès à travers le monde. Grâce aux campagnes de désinsectisation menées dans l’Inde, le
nombre de cas est tombé de 75 millions à 5 millions et la longévité moyenne a passé de 32 à 47 ans. Au Bengale, les campagnes paludiques ont augmenté la
production du riz dans une proportion de 15 % par suite du meilleur état sanitaire de la population. Aux Philippines, l’absentéisme dû au paludisme parmi les enfants
des écoles a passé de 40-50 % en 1946 à 3 % en 1949 après la désinsectisation. Ces résultats d’une grande importance sociale et économique ne doivent pas être
soustraits des pièces du « procès » des insecticides.
. Certains pesticides appartiennent aux mêmes familles chimiques que des substances agissant sur l’homme comme poisons nerveux, dont l’emploi a été envisagé à
la place des armes « conventionnelles » en vue d’une guerre chimique. Les découvertes faites à l’origine dans le domaine des insecticides, aussi bien en Allemagne
que dans d’autres pays, sont liées à des recherches ayant pour but de détruire l’homme et non l’Insecte. Il faut toutefois remarquer que cette similitude n’intéresse
qu’une toute petite partie de la chimie des insecticides et que les produits qui pourraient se rapprocher le plus des substances de combat sont par ailleurs ceux qui se
dégradent le plus vite dans la nature et dans l’organisme humain. Parmi eux figure actuellement l’insecticide le moins toxique pour l’homme.
. Du même ordre que ceux que l’on déplore au cours des autres manipulations de produits toxiques dans l’industrie. Aux États-Unis, où les pesticides sont le plus
employés à travers le monde, en 1956, sur un total de 95 000 accidents mortels, 152 seulement sont imputables à ces substances, parmi lesquels 94 ont été provoqués
par des insecticides du type ancien, notamment à base d’arsenic (World Review of Pest Control, 1, 1962 : 6-18). Il est par ailleurs impossible de juger de la toxicité à
longue échéance, peut-être importante, mais sur laquelle aucun témoignage objectif n’est à notre disposition actuellement, en dehors de suppositions gratuites.
Beaucoup d’idées sans fondement réel circulent parmi un public souvent informé d’une manière tendancieuse et dont une fraction importante est a priori
soupçonneuse à l’égard de toute pratique nouvelle. Il suffit de rappeler que le soufrage et le sulfatage de la vigne avaient provoqué des craintes très vives quand on
eut recours à ces procédés vers 1880 ; le public alla jusqu’à accuser les viticulteurs d’empoisonner le vin ! L’avenir donna cependant raison à ces derniers. La même
suspicion s’exerce actuellement vis-à-vis des pesticides de synthèse qu’il ne faut ni surestimer ni sous-estimer. Mais conserver son objectivité sur ce problème est
sans doute une des choses les plus difficiles dans l’état actuel des choses.
. Ces substances, mélangées à des excipients et accompagnées de produits destinés à favoriser leur action, par exemple mouillants et synergiques, sont
commercialisées sous forme d’un très grand nombre de spécialités.
. On consultera entre autres, à côté d’une volumineuse littérature spécialisée, les deux rapports suivants : « Effects of pesticides on fish and wildlife : a review of
investigations during 1960 », Fish and Wildlife Service, cir. n o 143, Washington, 1962 ; et « Pesticide-wildlife studies. A review of fish and wildlife service
investigations during 1961 and 1962 », Fish and Wildlife Service, circ. n o 167, Washington, 1963. L’excellent ouvrage de K. Mellanby (1967) est également à
consulter, car il traite des pesticides comme des pollutions.
. Ces produits pénètrent d’autant plus vite que leur solubilité dans les liquides est plus grande ; le solvant auquel ils sont mélangés a une grande importance dans leur
action, considérablement favorisée s’il est susceptible de se mélanger simultanément aux corps gras et à l’eau. Les organochlorés ont une faible solubilité dans l’eau
et une forte solubilité dans les graisses, un fait important dans leur action chez les Vertébrés.
. Heureusement la « durée de vie » de ces produits est courte dans la nature où ils sont rapidement décomposés en résidus de faible toxicité.
. De graves répercussions sont également à attendre en Afrique tropicale du traitement de certaines étendues d’eau par des molluscides, destinés à détruire les
Mollusques vecteurs des agents de la bilharziose. D’après les autorités médicales, cette grave maladie d’origine parasitaire (un Ver du groupe des Distomes) ne peut
être supprimée que par l’éradication des Mollusques servant d’hôtes intermédiaires. Une faune dulçaquicole tout entière risque donc de disparaître du voisinage des
centres habités ; même si les effets des produits employés n’affectent que les Mollusques, la disparition de ceux-ci aura une profonde influence sur les biocénoses
aquatiques.
. Cette maladie parasitaire est due à la présence dans les tissus d’une filaire, Onchocerca volvulus, transportée par diverses Simulies (dans le cas présent il s’agit de
Simulium damnosum dont le nom spécifique traduit bien la malfaisance, en même temps que la piqûre douloureuse).
. La croissance de jeunes Huîtres a été inhibée par des doses de 3 pour 100 millions de chlordane, d’heptachlore et de roténone.
. On signalera incidemment ici les campagnes de destruction de mammifères nuisibles qui entraînent souvent la destruction de bien d’autres espèces. La lutte
chimique contre les Rongeurs peut mener à une mortalité élevée parmi d’autres mammifères. Le dépôt d’appâts empoisonnés pour la destruction des Carnivores
occasionnent des pertes sérieuses parmi tous les Vertébrés attirés par ces aliments. Ainsi par exemple les cadavres chargés de poison pour détruire les Loups dans
certains pays d’Europe, notamment en Yougoslavie, attirent les Vautours et causent des pertes sérieuses parmi ces oiseaux devenus déjà rares. Il en est de même en
Australie où les appâts destinés à tuer les Lapins sont responsables de la mort de beaucoup de Marsupiaux.
. Il convient de signaler que les insecticides se concentrent dans le lait et que les enfants qui consomment ce produit en ingèrent de fortes doses. Selon des analyses
faites en Suède, le lait de femme contient une dose supérieure de 70 % au seuil maximal admis (Löfroth) et même de 2 à 6 fois plus dans certains cas aux États-Unis.
. Les graisses de réserve accumulent la plupart des insecticides, en particulier le DDT, en les concentrant parfois de 100 à 150 fois.
. Il convient de signaler les difficultés techniques rencontrées dans l’analyse et la recherche de ces produits ; les résultats, utilisés comme armes de bataille, sont
souvent entachés de graves erreurs, dans un sens ou dans l’autre.
. Par exemple en Angleterre et en France, où le DDT détruit dans les vergers l’Hyménoptère Aphalinus mali, prédateur du Puceron Eriosoma lanigerum, qui se
multiplie alors rapidement.
. Notons que la résistance d’une population d’Insectes n’est nullement irréversible dans certaines conditions. En fonction des lois de la génétique, celle-ci peut
s’effacer si les conditions écologiques changent (arrêt du traitement chimique, par exemple).
. Le mécanisme de la résistance semble surtout lié à l’existence d’enzymes de détoxification dans les souches réfractaires ; ces composants cellulaires attaquent les
produits toxiques et les transforment en composés inoffensifs. Surtout connu dans le cas du DDT et de l’HCH, il ne s’est pas manifesté avec autant d’efficacité vis-àvis des produits organophosphores.
. Il ne faut cependant pas en déduire que la toxicité des insecticides décrit une courbe toujours ascendante. Il est indéniable que les produits employés avant
l’apparition des produits de synthèse, en particulier les composés arsénieux et mercuriques, ainsi que la nicotine (mortelle à la dose de 1 mg/kg), étaient au moins
aussi dangereux, sinon plus.
. On remarquera que si le fait de soumettre des populations d’Insectes aux effets des insecticides détermine la sélection de souches résistantes, il pourrait bien en être
de même dans le cas des Vertébrés que l’on décime accidentellement. Des rapports venus des États-Unis signalent ce fait chez divers Poissons, et notamment les
Truites Salmo trutta et les Gambusies Gambusia affinis. Mais le phénomène n’apparaît que bien plus lentement par suite de la moins grande vitesse avec laquelle se
succèdent les populations de Vertébrés, même si une grande proportion de géniteurs est détruite à chaque génération.
. On a pu dire qu’un gallon d’herbicide a le même effet que 7 hommes armés de 7 sarcloirs et travaillant pendant 7 ans.
. Sur les herbicides, consulter : « Les désherbants sélectifs et les régulateurs de croissance », Journées françaises d’information de la Féd. nat. de protection des
cultures, Paris, 28-29 novembre 1956 ; J. L’Hoste, Les Désherbants chimiques, Paris, Orstom, 1958 ; G. C. Klingman et L. J. Noordhoff, Weed Control as a Science,
New York, J. Wiley, 1961 ; L. J. Audus (dir.), The Physiology and Biochemistry of Herbicides, Londres, Academic Press, 1964.
Au point de vue de leur composition, les herbicides appartiennent à des familles chimiques très diverses. À côté de produits minéraux (acide sulfurique, sulfates,
cyanamides, borax, chlorates) existent de très nombreux produits organiques (acétamides, dérivés des acides organiques halogènes, dérivés des acides
aryloxyacétiques, dérivés de l’acide carbamique, phénols et crésols).
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