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vers les régions basses), déterminé des inondations d’une gravité exceptionnelle et occasionné des famines, hélas classiques et répétées au cours de la longue histoire
chinoise.
À l’heure actuelle, l’érosion toucherait en Chine 160 millions d’hectares, soit le 1/6 du territoire.
. Sur le plan économique, la monoculture, parfois à l’échelon national, a le grand désavantage de sensibiliser l’équilibre financier d’un pays dont le sort est lié aux
cours d’un seul produit sur les marchés mondiaux. Instabilité de l’économie et ruine du capital naturel vont ainsi de pair et peuvent entraîner de sérieuses
perturbations politiques et sociales.
. « Une brise légère suivit les nuages d’orage, les poussant vers le nord, une brise qui fit doucement bruire le maïs en train de sécher. Un jour passa et le vent
augmenta, continu, sans que nulle rafale vînt l’abattre. La poussière des routes s’éleva, s’étendit, retomba sur les herbes au bord des champs et un peu dans les
champs. C’est alors que le vent se fit dur et violent, qu’il attaqua la croûte formée par la pluie dans les champs de maïs. Peu à peu le ciel s’assombrit derrière le
mélange de poussière et le vent frôla la terre, fit lever la poussière et l’emporta. Le vent augmenta. La croûte se brisa et la poussière monta au-dessus des champs,
traçant dans l’air des plumets gris semblables à des fumées paresseuses. Le maïs brassait le vent avec un froissement sec. Maintenant, la poussière la plus fine ne se
déposait plus sur la terre, mais disparaissait dans le ciel assombri.
Le vent augmenta, glissa sous les pierres, emporta des brins de paille et des feuilles mortes et même de petites mottes de terre, marquant son passage à travers les
champs. À travers l’air et le ciel obscurcis le soleil apparaissait tout rouge et il y avait dans l’air une mordante âcreté. Une nuit, le vent accéléra sa course à travers la
campagne, creusa sournoisement autour des petites racines de maïs et le maïs résista au vent avec ses feuilles affaiblies jusqu’au moment où, libérées par le vent
coulis, les racines lâchèrent prise. Alors chaque pied s’affaissa de côté, épuisé, pointant dans la direction du vent.
L’aube se leva, mais non le jour. Dans le ciel gris, un soleil rouge apparut, un disque rouge et flou qui donnait une lueur faible de crépuscule, et à mesure que le jour
avançait le crépuscule redevenait ténèbres et le vent hurlait et gémissait sur le maïs couché. » Ces quelques lignes, extraites des premières pages de l’œuvre de John
Steinbeck Les Raisins de la colère, dépeignent d’une manière admirable les tempêtes qui ravagèrent les terres mal exploitées du centre des États-Unis.
. Tout en prenant une série de mesures législatives, telles que le Soil Conservation Act (1938) et le Taylor Grazing Control Act (1934).
. Il faut cependant insister sur le fait qu’en Afrique les dévastations dues aux cultures européennes, aussi graves soient-elles, n’ont qu’un caractère local. Ce
continent a été sans aucun doute ruiné par les Africains eux-mêmes au cours de siècles de mauvaise gestion des sols généralisée, bien avant l’arrivée des
colonisateurs, comme l’attestent le recul de la forêt et la péjoration des sols.
. Le Café est responsable de la ruine d’une bonne partie du Brésil, notamment de la partie comprise entre Rio de Janeiro et São Paulo. On détruisit la forêt d’une
manière inconsidérée, abandonnant le sol à l’action des agents atmosphériques contre lesquels les Caféiers ne pouvaient le protéger. L’érosion y fut rapide et la
culture dut être abandonnée ; le « front » du Café gagna progressivement vers l’ouest, laissant derrière lui un pays ruiné où de nos jours ne peut se maintenir qu’une
économie de subsistance.
. En Afrique occidentale, la dégradation progressive des sols se traduit par le déplacement des cultures d’Arachide ; au Sénégal ce mouvement se fait vers le sud et
l’est, au Niger vers le nord et le nord-est. Comme l’a dit Guilloteau (1950), « nous avons là l’exemple d’une culture industrielle poussée au-delà des besoins des
autochtones, pratiquée d’une manière extensive, sans précaution ni retenue, pour des raisons économiques et de pouvoir d’achat ».
. Ce projet, à la réalisation duquel on s’appliqua dans trois districts de Tanzanie (Kongwa, Urambo et Nachingwea) entre 1947 et 1952, fut abandonné après la
dilapidation de 36 millions de livres sterling. L’échec s’explique par une mauvaise gestion des sols et une mécanisation exagérée.
. C’est le principe des native reserves qui refoule les populations autochtones dans des zones qui leur sont affectées tout en leur refusant la propriété des districts que
se réservent les immigrants colonisateurs. Ces conceptions ne furent pas appliquées dans les pays à forte densité de population indigène et possédant déjà une solide
structure politique et sociale (par exemple en Asie et dans certaines parties de l’Afrique, comme le Nigeria et le Ghana). Voir notamment Harroy, 1944, et les
ouvrages traitant des problèmes de colonisation, rarement impartiaux hélas, entre autres l’intéressant ouvrage de René Dumont, L’Afrique noire est mal partie, Paris,
1962, objet de tant de controverses.
. Bien que les cultures des autochtones soient très souvent critiquables et que certains des procédés aient mené les terres à la ruine, on citera certaines techniques
hautement conservatrices, qui visent à maintenir sur le sol un couvert végétal très complexe, protégeant bien les terres contre toutes les formes d’érosion. Nous
citerons à titre d’exemple les cultures intensives faites en Afrique orientale sur les pentes du Kilimandjaro et du Meru par les peuples Warush et Chagga. Les grands
arbres sont conservés et forment une strate arborescente protectrice et génératrice d’ombre, sous laquelle sont cultivés des Bananiers, des Caféiers et des plantes
vivrières plus basses. L’association de ces divers végétaux forme plusieurs strates au-dessus du sol et mélange des systèmes radiculaires répartis à différents niveaux
dans le sol. L’homme a ainsi reconstitué un système complexe protégeant bien les sols, maintenant leur fertilité et assurant aux exploitants des ressources
équilibrées, le Café servant à leur procurer des disponibilités et les cultures vivrières couvrant leurs besoins alimentaires. Des exemples similaires se retrouvent dans
d’autres régions tropicales, notamment en Afrique centrale où certaines méthodes culturales des agriculteurs bantous protègent bien les sols (associations en
séquences continues où les diverses cultures et plantes de couverture se succèdent sans hiatus).
. Une augmentation de la pluviosité variant entre 2 et 36 % a été avancée d’après les résultats d’expériences malheureusement critiquables.
. On signalera également à ce point de vue les puissants effets des zones marécageuses capables d’emmagasiner l’excédent des précipitations et de régulariser ainsi
le régime des fleuves, tout en restituant de l’eau pendant les périodes sèches.
. Ce fut notamment le cas des Alpes françaises, ravagées au siècle dernier par la déforestation et par le changement du régime des eaux. Les effets des torrents ont
été décrits avec une particulière éloquence par l’économiste A. J. Blanqui dans des pages demeurées classiques (« Déboisement des montagnes » ; rapport, Acad.
Sci. Morales et Politiques, Paris 1843). La destruction des habitats primitifs fut à l’origine d’une dégradation profonde des parties montagneuses du sud-est de la
France, occasionnant la ruine de ces régions, des changements économiques profonds, et une dépopulation dont l’histoire a été retracée par de nombreux géographes
et économistes. Les traces en sont encore très visibles et vraisemblablement indélébiles.
. Les apports annuels de matériaux solides sont estimés à 2,9 millions de m 3 , dont 300 000 m 3 de transports solides sur le fond, 2 millions de m 3 de limons et 600
000 m 3 de vases.
. L’effet est particulièrement sensible au niveau des frayères, dont les conditions écologiques se trouvent modifiées au point d’être désertées par les reproducteurs.
Un tel fait a été notamment signalé aux États-Unis, dans le lac Érié.
. Signalons à ce propos l’ensablement qui menace le littoral languedocien dans le sud de la France. Ce phénomène semble résulter des aménagements hydroélectriques dont le Rhône a fait l’objet. Le débit du Petit Rhône ayant considérablement diminué, la masse de limons charriés par le fleuve a cessé de se déposer.
Cela entraîne un recul de la côte et un enlèvement de matériaux déportés par les courants. Ces derniers vont se déposer à l’ouest et ensablent la côte, créant des
difficultés sérieuses pour l’aménagement de ce district dans le cadre des projets actuels de mise en valeur économique.
. On soulignera à ce point de vue l’importance de la baie de l’Aiguillon en Vendée, où la marée basse découvre des vasières d’étendue considérable. Des projets
visent à transformer cet habitat en construisant une digue le coupant de la mer et en aménageant un lac d’eau douce à la place des vasières. On détruirait ainsi
entièrement un lieu d’importance capitale pour la survie de l’ensemble de la sauvagine d’Europe occidentale.
. Ces mesures doivent s’accompagner d’une exploitation cynégétique rationnelle et d’une diminution au moins temporaire de la pression de la chasse, actuellement
trop vive en Europe. La suppression de la chasse de printemps est notamment à préconiser dans les pays où elle est encore pratiquée, car il s’agit là d’un véritable
non-sens biologique. Les biologistes ont constaté que les densités de population d’un grand nombre d’espèces de sauvagine se reproduisant en Scandinavie ne
semblent pas en rapport avec l’étendue des milieux favorables. Le potentiel écologique maximal de production des Canards, Oies et petits échassiers n’est
manifestement pas atteint. La pression exagérée de la chasse empêche ces populations d’atteindre un niveau correspondant à la pleine capacité des biotopes (voir
Proc. Ist Eur. Meeting on Wildfowl Conservation, 1963, Londres, Nature Conservancy, 1964, et notamment Curry-Lindahl, p. 3-13). Gabrielson (1959) avait déjà fait
la même remarque pour l’Amérique du Nord où les territoires de reproduction ne sont utilisés qu’au 10 e de leur capacité.
. Le meilleur rendement en protéines d’une terre conservée ou aménagée comme étang à Poissons herbivores et phytophages, comparé à ce qu’il serait si celle-ci
était asséchée et utilisée pour l’élevage de bétail, s’explique par des considérations écologiques simples. Les consommateurs à sang chaud, qui utilisent
nécessairement une partie de l’énergie à maintenir la constance de leur température interne, ont une efficience moindre dans le transfert d’énergie que les animaux à
sang froid, comme l’ont justement souligné Vibert et Lagler. Le rendement peut être 20 fois supérieur dans les terres pauvres de la zone subtropicale.
. Les Alligators ont diminué de 98 % depuis 1960 en Floride, dans l’Everglades N. P., du fait de l’assèchement des zones limitrophes.
. Les dernières statistiques évaluent à 21 millions le nombre de pêcheurs en eau douce et à 385 millions le nombre de journées chaque année consacrées à ce sport
aux États-Unis. En France, 2 717 000 permis de pêche à la ligne ont été délivrés en 1963.
. On citera en particulier l’exemple des Pays-Bas, où le gouvernement a décidé de mettre fin à la transformation des tourbières et des marécages, en raison du coût
des investissements et de leur manque de rendement. Une quantité considérable de produits agricoles – en particulier beurre et fromage – se trouve en surplus, alors
que le prix de location de terrains inondés en vue de leur utilisation pour la chasse, la pêche ou les sports nautiques est en hausse constante.
Dans de nombreux autres pays, les drainages se sont soldés par des échecs financiers et agricoles. Le meilleur exemple se trouve incontestablement en Suède, dans
le cas du lac Hornborgasjörn. Dans son état naturel le lac couvrait environ 26 km 2 et abritait une végétation luxuriante et une faune très riche. Les premiers essais de
drainage furent entrepris en 1803, puis repris en 1850 et 1870 ; chaque fois ces essais entraînèrent de lourdes pertes. Un nouveau projet n’en fut pas moins exécuté
en 1903 se soldant par un échec quasi total. Malgré tout, une cinquième tentative fut commencée en 1930. En 1958, les dépenses avaient atteint un total de 4
millions de couronnes suédoises. À l’heure actuelle, le lac Hornborgasjörn n’est toujours qu’une étendue marécageuse dans laquelle ont été engloutis des capitaux
dont le bénéfice est sensiblement nul.
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