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. On trouvera un remarquable résumé synthétique de ces questions dans une série d’articles publiés par S. Henin, dans le Bulletin technique d’information, Paris,
Minist. Agric, n os 50 et 51, 1950.
. Les paysans disent que l’on voit « pousser les cailloux » ou que les pierres se « débeurrent ».
. Les silicates complexes subissent une hydrolyse libérant les oxydes de fer et d’aluminium (Fe 2 O 3 , Al 2 O 3 ), et la silice ; il y a ensuite concentration, soit par
migration des oxydes libres venant d’autres horizons du sol, soit par départ des autres éléments, en particulier de la silice. Ces oxydes se cristallisent et se
déshydratent, produisant un concrétionnement en masse selon des modalités variant avec les conditions pédologiques. On aboutit donc à une formation purement
minérale. Rappelons que la bauxite, minerai d’aluminium, représente une latérite fossile.
. Bien qu’on ne connaisse encore que peu les modifications chimiques des terres cultivées, le lessivage des sols, par les pluies et par des pratiques culturales qui ne
restituent pas les éléments minéraux, en particulier les matières azotées, est très pernicieux. Des études menées aux États-Unis (Kansas) ont montré une baisse rapide
de la teneur des récoltes en substances nutritives pour l’homme, avant tout en protéines. Cela est en rapport avec la perte en éléments minéraux, qui peut atteindre
des proportions gigantesques. On a calculé que le Mississippi enlevait par an 62 188 t de phosphore, 1 626 312 t de potassium, 22 446 379 t de calcium et 5 179 788
t de magnésium.
. L’énergie cinétique d’une goutte de pluie de 6 mm de diamètre est suffisante pour soulever un corps de 46 g à 1 cm. L’énergie cinétique d’une pluie de 22 mm en
80 minutes tombant sur 1 cm 2 représente l’énergie suffisante pour soulever à 1 cm de hauteur 1 250 g (D’après Mihara, in Fauck, Rapport mission aux USA, 1955).
. Nous emploierons ce terme comme synonyme de déforestation, bien que l’acception ne soit pas tout à fait la même.
. Un grand quotidien a besoin annuellement de la quantité de bois poussant pendant ce laps de temps sur une surface de 400 ha. Un numéro du dimanche du New
York Times – dont on connaît l’énorme volume – consomme à lui seul le bois qui pousse pendant un an sur 77 ha de forêt. Comme l’a fait remarquer plaisamment
Furon (1953), il est heureux que l’Unesco n’ait pas encore atteint ses buts ; car si elle avait réussi à apprendre à lire à tous les illettrés, soit aux trois quarts de
l’humanité, il aurait fallu raser le reste des forêts pour satisfaire les besoins des nouveaux lecteurs !
. Il est passé en France de 16,8 % en 1850 à 19,1 % en 1939 et à 22,64 % en 1966.
. D’après certains auteurs, on ne replante que deux arbres sur trois abattus aux États-Unis.
. Le board foot est une unité de volume utilisée aux États-Unis, représentant un volume de bois d’un pied de long, d’un pied de large et d’un pouce d’épaisseur.
. Et pourtant certains forestiers clairvoyants (notamment G. Plaisance) ont insisté sur les avantages des mélanges d’essences, notamment au point de vue de la
croissance des arbres, de l’élagage, de la résistance aux maladies et aux parasites, et de la défense du sol par des systèmes radiculaires de types variés. Il existe une
incontestable « entraide » végétale, ce qui n’est pas nouveau pour les écologistes étudiant la synécologie d’un habitat naturel. En créant une forêt, l’homme a dans
l’ensemble intérêt à ne pas ignorer la loi de la diversité dont les milieux naturels lui montrent l’efficacité.
. Par exemple aux Philippines, l’île de Cebu a été largement déboisée au début du XX e siècle. De ce fait, à l’exception d’une seule, toutes les formes endémiques
d’oiseaux sont vraisemblablement à considérer comme éteintes.
. Un naturaliste autour du monde, Paris, Albin Michel, 1955.
. Nous n’évoquerons ici qu’une catégorie bien déterminée de feux, ceux qui sont employés périodiquement et traditionnellement dans les savanes et autres habitats
ouverts, principalement en Afrique au sud du Sahara, à l’exclusion des feux de défrichement, déjà envisagés précédemment.
. Cet argument n’est cependant plus valable à l’heure actuelle, puisque l’on dispose d’autres moyens pour détruire ces parasites et en débarrasser les animaux. Brûler
la brousse pour tuer les Tiques revient, selon la boutade de H. Humbert, à incendier une maison pour y exterminer les Puces et les Punaises. Dans le même ordre
d’idées on a allumé en Sibérie des incendies s’étendant sur 100 km pour chasser les Moustiques.
. Alors que dans le cas de ces Orthoptères, les surfaces dénudées par le feu favorisent leur multiplication en améliorant leurs lieux de ponte !
. L’élévation de la température est le facteur principal de cette modification. D’après des données citées par Guilloteau (1958), on a mesuré couramment à la surface
du sol des températures allant de 100 °C à 250 °C et atteignant souvent 700 °C et 850 °C. L’élévation de la température varie beaucoup en fonction des conditions
locales, notamment du vent qui active les combustions.
. On a enregistré en Afrique des élévations thermiques de 3 à 15 °C à 2 cm en dessous de la surface du sol, souvent supérieures dans les terrains recouverts de
broussailles (par exemple dans le chaparral américain) où elles peuvent dépasser une centaine de degrés.
. On a signalé des feux spontanés allumés par la foudre des premiers orages précédant la saison des pluies ou par des fermentations de détritus végétaux. Il s’agit
cependant d’événements très rares et qui ne se produisent qu’exceptionnellement dans la nature.
. On signalera à ce point de vue l’opinion diamétralement opposée de certains agronomes sud-africains (cités par Guilloteau, 1958) qui considèrent que la protection
des Graminées contre le feu aboutit à l’accumulation de matières végétales vieillies, et à la détérioration du tapis herbacé. Ces divergences, sans doute en rapport
avec des conditions écologiques différentes et une utilisation des ressources naturelles basées sur d’autres conceptions, montrent combien il convient d’être prudent
dans des généralisations prématurées, et dans des condamnations non nuancées négligeant les circonstances locales.
. On notera qu’il existe des agents de déboisement naturels, certains étant les animaux eux-mêmes. Tel est en particulier l’Éléphant qui, dans les régions où il est
abondant, est un puissant agent de déforestation, abattant les arbres pour prélever les rameaux dont il se nourrit (voir à ce sujet Bourlière et Verschuren, 1960, qui
signalent des modifications profondes des habitats dont les Éléphants se sont rendus responsables au parc national Albert, au Congo).
. Au Viet-Nam, 1/3 du domaine boisé (surtout les forêts claires) est menacé par le feu tous les ans.
. Des études menées dans l’ouest des États-Unis où des problèmes du même type se posent parfois ont montré que l’envahissement de terrains de pâture par des
buissons et des broussailles indésirables (« bush encroachment ») entraîne dans l’État du Texas une perte en rendement pastoral de l’ordre de 60 millions de dollars.
. Au début de la saison sèche les feux dégageant moins de chaleur et prenant moins d’extension sont plus facilement contrôlables ; ils causent moins de préjudices à
la végétation ligneuse encore gonflée de sève et résistant mieux au feu.
. Par exemple pas plus de 60 à 70 % de l’appareil végétatif des Graminées de l’Est africain peut être prélevé par les animaux herbivores sans risquer la destruction
du couvert végétal.
. Pour le Tchad, Gillet (1960) cite par exemple qu’à 20 m d’un puits il n’a rencontré que 5 espèces dans un quadrat de 1 m 2 , avec une nette prédominance du « cramcram » (Cenchrus biflorus), Graminée d’ailleurs véhiculée par les troupeaux et presque exclusive dans les zones très pâturées ; à 60 m du relevé précédent, dans une
zone moins pâturée il a trouvé 13 espèces déjà installées, avec un recouvrement du sol plus important. L’appauvrissement des zones pâturées et piétinées devient
bien plus manifeste quand on compare des zones nettement à l’abri du bétail.
. Aux États-Unis, par exemple, dans l’État d’Idaho, on a constaté que dans des pâturages érodés par suite d’une surcharge en bétail et présentant une nette
prédominance de plantes annuelles, au cours de pluies violentes, 61 % des précipitations s’y écoulaient en ruissellement, entraînant 16 t de sol par hectare, tandis
que dans des prairies voisines, mises à l’abri du surpâturage et où dominaient les plantes vivaces, seules 0,5 % des précipitations s’écoulaient par ruissellement et 7
kg de sol seulement par hectare étaient entraînés par les eaux.
. De nombreuses observations montrent que les Rongeurs ne prolifèrent jamais dans les zones couvertes d’un tapis végétal dense. Ils sont ainsi les « fils » de la
surexploitation des pâturages et non pas la cause de la dégradation de la végétation et de l’érosion consécutive. Voir notamment J. M. Linsdale, The California
Ground Squirrel, Univ. Calif. Press, 1946.
. Un autre exemple classique se rencontre dans l’île de Sainte-Hélène, où la Chèvre fut introduite en 1513 par les Portugais ; les méfaits de cet animal sont dépeints
par A. R. Wallace (Island Life, 1902), qui rapporte qu’en 1588 il en existait déjà des milliers, attaquant le riche couvert végétal de l’île. En 1709, le gouverneur
demanda que ces déprédateurs soient détruits pour protéger les ressources forestières ; cette mesure lui fut interdite, sous prétexte que la Chèvre était plus précieuse
que l’ébène. En 1809 il ne restait rien des forêts, l’ensemble de la flore avait d’ailleurs pratiquement disparu, remplacé par des plantes exotiques ayant proliféré sans
frein. Les sols présentent un stade d’érosion très avancé en raison de la violence des précipitations et du relief accusé de l’île.
. Nous rappellerons à ce point de vue que ce comportement a été noté depuis la plus haute Antiquité, comme en témoignent notamment les nombreuses
représentations sumériennes d’une Chèvre dans un arbre.
. Il faudrait d’ailleurs étudier cette question en fonction de la notion de propriété du sol. Les terres arables ont rapidement constitué la propriété propre d’un
particulier, alors que les pâturages, comme les bois, étaient soumis à des droits d’usage très particuliers qui n’incitaient pas les pasteurs à une sage gestion de ce
capital.
. Une unité est représentée par un Mouton ou une Chèvre ; un Bovin ou un Cheval représente 5 unités.
. C. F. M. Swynnerton a pu écrire dès 1936 (Royal Entom. Soc. London Trans., 84) : « Les Tsé-tsé sont les plus puissants agents de préservation de la flore et de la
faune sauvage. Exterminez les Tsé-tsé, et tout le paysage change… Le sol, abandonné à nu aux vents et aux pluies, est soumis à l’érosion en nappe ou au ravinement
suivant sa nature et sa pente et devient plus dévasté chaque année. » Il est vrai que pendant ce temps toute la pression du pâturage pèse sur les districts indemnes de
Tsé-tsé et y exerce ses ravages.
. La Chine se range parmi les pays ayant l’expérience agricole la plus ancienne du monde. On sait notamment qu’une classification des sols selon leurs
caractéristiques pédologiques a été établie il y a 4 000 ans déjà, soit 1 000 ans avant la prise de Troie (cité par Bennett, 1939). Mais cela n’a pas empêché certaines
de ses parties de figurer parmi les régions les plus érodées du globe. La déforestation et de mauvaises pratiques culturales dans les régions montagneuses ont enlevé
les sols sur de larges superficies (brûlis, cultures temporaires, rotation trop rapide, ont entraîné l’érosion de versants désormais pelés et la migration des populations
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