Ces vastes plans d’ensemble où l’homme se trouve intégré dans la
nature relèvent bien entendu de la responsabilité des collectivités et c’est à
l’échelon le plus élevé que les décisions doivent être prises. Mais chacun
d’entre nous a cependant un rôle à jouer car il peut contribuer à détruire ou
au contraire à protéger une parcelle de la nature. Cette action, loin d’être
négligeable, est même capitale et c’est de cette somme de bonnes volontés
individuelles qu’en définitive dépend la survie de la nature sauvage, et peutêtre aussi celle de l’humanité. Même si l’homme doit souvent gagner contre
la nature, il ne doit pas toujours et obligatoirement le faire, car il y va de
notre intérêt à longue échéance. C’est à ce prix que l’homme retrouvera sa
place dans le monde vivant, dont il a cru pouvoir s’évader grâce à son génie
technique.
Le Dodo, le Grand Pingouin, le Pigeon migrateur, l’Aurochs, le Zèbre
quagga et beaucoup d’animaux plus humbles ont disparu à tout jamais par
suite de la malfaisance d’une humanité qui a fait fausse route et qui a cru
tout pouvoir remplacer par les produits de sa propre industrie. Souhaitons
que ces extinctions soient compensées par celles de l’Homo faber, et de
l’Homo « technocraticus », bourgeonnement récent et déjà archaïque du
phylum hominien. Il est temps que domine à nouveau l’Homo sapiens, celui
qui sait que seul un juste équilibre avec la nature tout entière peut lui
assurer sa légitime subsistance, et en définitive le bonheur spirituel et
matériel auquel il aspire.
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