jamais des vallées jusqu’alors heureuses. Cela évitera l’urbanisation et
l’industrialisation de zones à vocation agricole qui disparaissent sous les
maisons et les usines, alors qu’elles se rangent parmi les plus riches quant à
leur productivité agricole. Cela évitera la mise en culture, à coups
d’investissements gigantesques, de zones marginales sans vocation agricole,
telles que marécages et savanes tropicales au climat peu propice et aux sols
fragiles. Cela évitera l’intoxication de la planète par les déchets industriels
et par les produits chimiques répandus délibérément en doses excessives.
Cela évitera aussi le massacre d’animaux, des plus petits aux plus grands, et
la destruction d’associations végétales, à longue échéance au détriment de
l’humanité.
Il est d’ailleurs à remarquer que l’homme a pris conscience de cette
impérieuse nécessité dans l’intérêt de son économie même. Les plans
d’aménagement de beaucoup de pays européens, tels qu’ils sont en cours de
réalisation, concilient souvent les transformations inévitables des milieux
naturels avec la conservation de certaines parcelles qui deviennent parties
intégrantes d’un ensemble où l’équilibre naturel n’est pas entièrement aboli.
Beaucoup de nations venues plus récemment à la civilisation occidentale
ont elles aussi compris cette nécessité, peut-être plus impérieuse pour elles
que pour les pays plus anciennement évolués. C’est notamment ce qui se
passe en Afrique, dont les nouveaux dirigeants manifestent souvent à ce
point de vue une compréhension des problèmes que l’on aimerait voir dans
l’esprit des hommes politiques de pays plus anciens, ancrés dans des idées
vieilles d’un siècle. C’est également ce que l’on observe en Asie, et l’on
pourrait citer plusieurs exemples de mise en valeur où se trouvent conciliés
l’établissement de plantations et le maintien sur de larges surfaces des
habitats primitifs, propices à la conservation des êtres vivants qui en
constituent les éléments biotiques.
De tels exemples doivent se multiplier à travers le monde si l’homme
veut maintenir sa position sur une planète qui ne lui a pas été donnée pour
qu’il la détruise, mais qu’il sache en faire bon usage et qu’il puisse y
prospérer dans les meilleures conditions. Celles-ci dépendent réellement
d’une harmonie et d’un équilibre naturel, dont l’homme n’est qu’une partie
essentielle. Il est à souhaiter que dans chaque pays une politique à long
terme soit définie dans un Code de la nature basé sur de solides attendus
biologiques.
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