parties du globe envisagées, car les méthodes varient largement en fonction
de cette donnée de base.
Dans les zones industrialisées, dont la surface ira en s’accroissant au
cours des prochaines décennies (par exemple l’Europe occidentale et
certaines parties de l’URSS et de l’Amérique du Nord), le problème de la
conservation de la nature est surtout celui du maintien d’un certain nombre
de stations souvent ponctuelles où subsistent encore des lambeaux
d’habitats primitifs et où survivent des populations relictuelles d’animaux et
de végétaux. Il s’agit aussi de la défense des espaces verts nécessaires à la
santé physique et morale des habitants des grands centres urbains
262
. Ces
zones aménagées n’ont sans doute qu’une parenté assez lointaine avec les
habitats primitifs ; elles n’en abritent pas moins une flore et une faune qui
auraient disparu dans d’autres circonstances. On citera à ce point de vue le
remarquable effort fait par certaines grandes métropoles, comme Moscou,
dont les édiles tiennent à conserver tout autour de ses faubourgs un énorme
cercle de forêts, joie de ses promeneurs du dimanche et refuge d’animaux
de toutes espèces, y compris les grands mammifères.
Le maintien de milieux forestiers ou aquatiques, nécessaires à la santé
des citadins, permet donc à une faune et une flore de vivre en « symbiose »
avec l’homme. Dans les zones profondément transformées à des fins
agricoles et assurant le ravitaillement d’une bonne part de l’humanité, on ne
peut sans doute pas non plus espérer conserver autre chose que des
parcelles de nature sauvage. La nécessité d’assurer de hauts rendements à
l’agriculture implique une transformation profonde des habitats et un
ensemble de pratiques culturales entièrement artificielles – y compris
l’usage d’engrais chimiques et de pesticides. L’homme devra cependant se
garder d’une transformation trop complète, voire totale, préjudiciable à la
productivité agricole à long terme et surtout à la conservation du capital. La
monoculture est en pratique une erreur et doit céder la place à une
polyculture maintenant un heureux équilibre agro-sylvo-pastoral, plus
proche de l’équilibre naturel régnant sur la majeure partie de la surface de la
terre et tenant compte de la vocation propre de chaque parcelle. Cet
équilibre permet lui aussi à des fragments de vie sauvage de se maintenir,
en même temps qu’il donne à l’homme l’assurance de vivre dans un
paysage à sa dimension (voir notamment Nicholson, 1952).
Précédent

- 502/621

Suivant