affirmer avec tous les biologistes que l’homme a fait une erreur capitale en
croyant pouvoir s’isoler de la nature et ne plus respecter certaines lois de
portée générale. Il y a depuis longtemps déjà divorce entre l’homme et son
milieu. Le vieux contrat qui unissait le primitif et son habitat a été brisé
d’une manière unilatérale par l’homme dès que celui-ci s’est cru assez fort
pour ne suivre dorénavant que les seules lois forgées par lui-même. Il
convient, même si cela coûte à notre orgueil, de revoir entièrement cette
position, de signer un nouveau pacte avec la nature nous permettant de
vivre en harmonie avec elle. Ceci est la meilleure manière d’en tirer un
revenu permettant à l’homme de se maintenir sur terre et de faire progresser
sa civilisation sur le plan technique comme sur le plan spirituel.
Seule cette harmonie permettra de sauver à la fois l’homme et la nature
sauvage, deux aspects, deux données d’un même problème que l’on a voulu
dissocier pendant longtemps, mais entre lesquels on s’aperçoit qu’il n’est
plus possible de faire une séparation. La nature ne sera pas sauvée contre
l’homme, elle doit l’être parce que cela constitue la seule chance de salut
matériel pour l’humanité en raison de l’unité fondamentale du monde dans
lequel nous vivons.
Il faut avant tout que l’homme se persuade qu’il n’a pas le droit moral
de mener une espèce animale ou végétale à son extinction. D’abord parce
qu’il n’est pas capable de la créer, mais seulement de la conserver. Ensuite –
cela est peut-être une raison sordide et intéressée, mais elle a sa valeur –
parce qu’un jour nous pourrons l’utiliser et en tirer un profit actuellement
imprévisible. Pour assurer cette survie, tous les moyens doivent être mis en
œuvre, y compris le classement de parcelles de terre en réserves intégrales,
une mesure indispensable aux yeux du naturaliste, comme de celui qui veut
disposer d’un étalon pour juger l’évolution des communautés biologiques
sous l’influence de l’homme et orienter celle-ci en vue du meilleur
rendement des terres mises en valeur.
En dehors de ces zones intangibles, et une fois ces conditions remplies,
l’homme a le droit de tirer le meilleur parti de la surface du globe par une
exploitation intelligente, assurant la conservation du capital bien plus qu’un
taux d’intérêt élevé ; cet aménagement varie à l’infini suivant les cas et va
d’une transformation quasi totale des habitats primitifs à leur respect
presque intégral. Il faut d’ailleurs tenir compte du stade atteint dans les
croyant pouvoir s’isoler de la nature et ne plus respecter certaines lois de
portée générale. Il y a depuis longtemps déjà divorce entre l’homme et son
milieu. Le vieux contrat qui unissait le primitif et son habitat a été brisé
d’une manière unilatérale par l’homme dès que celui-ci s’est cru assez fort
pour ne suivre dorénavant que les seules lois forgées par lui-même. Il
convient, même si cela coûte à notre orgueil, de revoir entièrement cette
position, de signer un nouveau pacte avec la nature nous permettant de
vivre en harmonie avec elle. Ceci est la meilleure manière d’en tirer un
revenu permettant à l’homme de se maintenir sur terre et de faire progresser
sa civilisation sur le plan technique comme sur le plan spirituel.
Seule cette harmonie permettra de sauver à la fois l’homme et la nature
sauvage, deux aspects, deux données d’un même problème que l’on a voulu
dissocier pendant longtemps, mais entre lesquels on s’aperçoit qu’il n’est
plus possible de faire une séparation. La nature ne sera pas sauvée contre
l’homme, elle doit l’être parce que cela constitue la seule chance de salut
matériel pour l’humanité en raison de l’unité fondamentale du monde dans
lequel nous vivons.
Il faut avant tout que l’homme se persuade qu’il n’a pas le droit moral
de mener une espèce animale ou végétale à son extinction. D’abord parce
qu’il n’est pas capable de la créer, mais seulement de la conserver. Ensuite –
cela est peut-être une raison sordide et intéressée, mais elle a sa valeur –
parce qu’un jour nous pourrons l’utiliser et en tirer un profit actuellement
imprévisible. Pour assurer cette survie, tous les moyens doivent être mis en
œuvre, y compris le classement de parcelles de terre en réserves intégrales,
une mesure indispensable aux yeux du naturaliste, comme de celui qui veut
disposer d’un étalon pour juger l’évolution des communautés biologiques
sous l’influence de l’homme et orienter celle-ci en vue du meilleur
rendement des terres mises en valeur.
En dehors de ces zones intangibles, et une fois ces conditions remplies,
l’homme a le droit de tirer le meilleur parti de la surface du globe par une
exploitation intelligente, assurant la conservation du capital bien plus qu’un
taux d’intérêt élevé ; cet aménagement varie à l’infini suivant les cas et va
d’une transformation quasi totale des habitats primitifs à leur respect
presque intégral. Il faut d’ailleurs tenir compte du stade atteint dans les
