vindicte des fermiers ; leur transfert dans des zones marginales leur permet
de survivre à l’abri de l’homme. L’opération la plus rentable sur le plan de
la conservation de la nature a été la capture de Rhinocéros blancs en
Ouganda ; ces animaux y sont en effet en diminution sensible, la population
totale de ce pays ayant passé de 350 en 1955 à 80 en 1962 (Cave, Oryx, 7,
1963 : 26-29). Des transferts ont été de ce fait effectués entre le district de
West Madi, à l’ouest du Nil, et le parc national des Murchison Falls, où ces
Rhinocéros, devenus rares dans le nord de leur distribution, jouiront d’une
plus grande sécurité. D’autres, capturés au Natal (Umfolosi Game Reserve),
ont été transportés en août 1962 en Rhodésie, jadis peuplée par l’espèce
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.
De telles transplantations se sont multipliées. Parmi les plus récentes,
nous citerons le transfert d’Aye-aye Daubentonia madagascariensis de
Madagascar, où il est menacé d’extinction, à Nossi Mangabe, petite île de
520 ha à 6 km au large de Maroantsetra, encore couverte de forêts
convenant à ce rare Lémurien. Les populations ainsi déplacées pourront
prospérer en bénéficiant d’une protection impossible à réaliser sur la terre
ferme malgache (J. J. Petter). Ces transferts sont hautement souhaitables
chaque fois que le milieu d’accueil convient à l’espèce et qu’aucune
protection n’est en pratique réalisable dans l’aire d’origine.
III. Vers une réconciliation de l’homme et de la nature
N’importe quel gars qui a connu la faim, la peur, ou le
travail forcé, commence à comprendre que la protection de
la nature ça le vise directement.
Romain Gary
Les Racines du ciel
Les grands problèmes de la conservation de la nature tels qu’ils se
posent à l’heure actuelle sont en réalité étroitement liés à ceux de la survie
de l’homme lui-même sur la terre. Certains philosophes ne craignent pas
d’affirmer que l’humanité fait fausse route. S’il ne nous appartient pas ici
de les suivre et même de porter un tel jugement, nous pouvons néanmoins
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