en Europe moyenne par exemple (voir en particulier Hyams, 1952, et
Monod, 1959).
Alors que les plaines méditerranéennes n’ont sans doute jamais été à
proprement parler boisées, il n’en est pas de même des pentes des
montagnes et des collines dont les forêts furent ravagées dès l’Antiquité par
le feu (allumé principalement par les pasteurs) et l’exploitation irrationnelle
(Heichelheim, 1956). L’exemple classique est celui des fameux Cèdres du
Liban coupés pour servir à la construction des navires phéniciens et à celle
des palais des Achéménides (les poutres de Persépolis venaient du Liban) et
du temple de Jérusalem
11
. Ce fait entre mille traduit bien ce qui se passa à
travers tout le Bassin méditerranéen. Du temps de Strabon (né vers 60 avant
J.-C.), il semble que le manteau forestier ait encore été important,
notamment en Italie et en Espagne, où les chantiers navals trouvaient à se
procurer d’excellents bois de charpente dans des régions entièrement
déboisées maintenant. La tendance à la déforestation et à la ruine des
habitats se continua pendant tout le Moyen Âge, avec une vitesse accélérée.
L’Europe moyenne et septentrionale, à l’origine densément boisée, fut
le théâtre de modifications tout aussi profondes. Le déboisement commença
dès le Néolithique au cours des IV e et III e millénaires avant J.-C. dans une
vaste zone allant de la Hongrie et du sud des grandes plaines d’Allemagne
et de Pologne jusqu’en Belgique. Les hommes appartenant à une culture
qualifiée de danubienne utilisaient selon toute vraisemblance la houe,
cultivaient l’orge et un blé primitif à côté d’autres plantes et ne pratiquaient
l’élevage que sur une petite échelle. Leurs modes d’exploitation étaient
vraisemblablement nomades. L’usage du feu servant à établir des clairières
et des terrains de culture fut à l’origine d’une déforestation progressive,
bien qu’encore limitée, ne serait-ce que par suite de la faiblesse des
populations. Les forêts de l’Europe tempérée étaient plus denses et
jouissaient de facultés de régénération plus grandes que celles de la région
méditerranéenne, ce qui ralentit considérablement leur évolution sous
l’influence de l’homme.
Ce serait également une erreur de croire que les régions intertropicales
sont restées indemnes de toute dégradation à grande échelle jusqu’à
l’arrivée des Européens. La destruction progressive des forêts primitives par
Monod, 1959).
Alors que les plaines méditerranéennes n’ont sans doute jamais été à
proprement parler boisées, il n’en est pas de même des pentes des
montagnes et des collines dont les forêts furent ravagées dès l’Antiquité par
le feu (allumé principalement par les pasteurs) et l’exploitation irrationnelle
(Heichelheim, 1956). L’exemple classique est celui des fameux Cèdres du
Liban coupés pour servir à la construction des navires phéniciens et à celle
des palais des Achéménides (les poutres de Persépolis venaient du Liban) et
du temple de Jérusalem
11
. Ce fait entre mille traduit bien ce qui se passa à
travers tout le Bassin méditerranéen. Du temps de Strabon (né vers 60 avant
J.-C.), il semble que le manteau forestier ait encore été important,
notamment en Italie et en Espagne, où les chantiers navals trouvaient à se
procurer d’excellents bois de charpente dans des régions entièrement
déboisées maintenant. La tendance à la déforestation et à la ruine des
habitats se continua pendant tout le Moyen Âge, avec une vitesse accélérée.
L’Europe moyenne et septentrionale, à l’origine densément boisée, fut
le théâtre de modifications tout aussi profondes. Le déboisement commença
dès le Néolithique au cours des IV e et III e millénaires avant J.-C. dans une
vaste zone allant de la Hongrie et du sud des grandes plaines d’Allemagne
et de Pologne jusqu’en Belgique. Les hommes appartenant à une culture
qualifiée de danubienne utilisaient selon toute vraisemblance la houe,
cultivaient l’orge et un blé primitif à côté d’autres plantes et ne pratiquaient
l’élevage que sur une petite échelle. Leurs modes d’exploitation étaient
vraisemblablement nomades. L’usage du feu servant à établir des clairières
et des terrains de culture fut à l’origine d’une déforestation progressive,
bien qu’encore limitée, ne serait-ce que par suite de la faiblesse des
populations. Les forêts de l’Europe tempérée étaient plus denses et
jouissaient de facultés de régénération plus grandes que celles de la région
méditerranéenne, ce qui ralentit considérablement leur évolution sous
l’influence de l’homme.
Ce serait également une erreur de croire que les régions intertropicales
sont restées indemnes de toute dégradation à grande échelle jusqu’à
l’arrivée des Européens. La destruction progressive des forêts primitives par
