3. L’agriculteur
Le chasseur converti en pasteur devint presque aussitôt, et même sans
doute simultanément, agriculteur
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. Cette nouvelle forme d’économie
entraîne des modifications bien plus profondes encore dans les habitats
naturels, et en particulier un déboisement à grande échelle, premier stade
dans la dégradation des sols.
Il semble admis par beaucoup d’auteurs que l’agriculture naquit sous
une forme mixte, antérieurement au V e millénaire avant J.-C. au ProcheOrient, dans le « Croissant fertile » bordant les plaines de Mésopotamie.
Elle se répandit ensuite vers le Bassin méditerranéen et vers l’Europe, en se
modifiant de diverses manières en fonction de la nature du milieu. Chacun
des perfectionnements techniques permit l’extension des zones cultivées en
même temps qu’une transformation plus profonde des habitats. Ainsi
l’invention de la charrue de fer, venant remplacer les outils de culture
primitifs, ouvrit les riches terres lourdes pour la première fois à l’agriculture
jusqu’alors limitée à des sols plus légers. Cette découverte doit être
considérée comme une véritable révolution qui entraîna une augmentation
des surfaces mises en culture et un accroissement de la population humaine
qui put dorénavant s’étendre en dehors des zones où elle s’était confinée
jusqu’alors.
Dans la région méditerranéenne, la rupture de l’équilibre naturel et la
péjoration des sols furent très précoces (Fries, 1959). Si cela n’entraîna pas
immédiatement et partout une diminution de la fertilité des terres, les
changements apportés par l’homme furent cependant rapides et très
profonds. De vives discussions se sont élevées entre ceux qui se sont
penchés sur l’évolution du Bassin méditerranéen, pris dans son sens le plus
large, et sur les causes de la diminution de sa richesse agricole. Les uns (en
particulier Huntington, 1915) l’expliquent par une modification de son
climat accentuant progressivement son aridité au cours d’une fluctuation
naturelle ; d’autres pensent au contraire que l’homme en est l’unique
responsable. Ces derniers semblent bien avoir raison, l’homme ayant par
son activité provoqué la ruine d’une région où l’équilibre naturel était sans
doute instable et beaucoup plus fragile que dans d’autres parties du globe,
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