ce sujet d’un intérêt capital pour l’historien comme pour le naturaliste, cette
région ayant été le berceau de plusieurs civilisations parmi les plus
brillantes. On s’y rend compte mieux qu’ailleurs de l’ancienneté des
dévastations dont l’homme s’est rendu coupable. Si de nombreuses
influences politiques et les guerres ont joué un rôle important, entraînant
notamment l’abandon de pratiques culturales conservatrices et d’une saine
gestion de terres fragiles du fait de facteurs climatiques extrêmes, le pasteur
a eu une action déterminante dans la péjoration du monde méditerranéen
lato sensu, où beaucoup de régions ne sont que de faux déserts créés par
l’homme ; la végétation actuelle n’y est pas en équilibre avec le milieu et en
particulier avec le climat
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. Selon la formule de Reifenberg
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, « le nomade
n’est pas tant le “fils du désert” que son père ». Le magnifique effort que
fait actuellement le peuple israélien pour régénérer le sol de la Palestine
prouve d’une manière convaincante que le pays de Chanaan, « découlant de
lait et de miel », n’est pas un paradis à tout jamais perdu.
Il y aurait également beaucoup à dire quant à l’Afrique, où les pasteurs
qui y ont fait irruption sont à rendre responsables d’une transformation
profonde des habitats sur de larges étendues, avant tout par la modification
des savanes, mais aussi en poursuivant l’œuvre de destruction des
agriculteurs à l’assaut de la forêt.
Nous ne saurions enfin terminer cette évocation des débuts de
l’économie pastorale sans signaler la sorte de concurrence qui semble
exister entre les animaux domestiqués et leurs souches restées sauvages.
Cette compétition a abouti d’une manière frappante à la disparition quasi
totale des espèces domestiques à l’état naturel. C’est le cas du Bœuf, dont la
souche sauvage, l’Aurochs, a disparu, et du Chien, sur l’origine duquel on
se perd en conjectures, tandis que les survivants des espèces qui ont donné
naissance à nos Chevaux, Ânes, Chameaux, Moutons et Chèvres, sont tous
dans un état très précaire.
Certains ont avancé que la domestication avait sauvé des espèces
vouées à brève échéance à disparaître dans la nature indépendamment de
toute influence humaine. Aucune preuve ne vient étayer cette affirmation,
très certainement fausse. Il semble plutôt y avoir eu compétition avec les
stocks domestiqués, mais rien ne permet de l’expliquer clairement.
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