à Taipi Vai, Nukuhiva, il n’y reste plus que quelques individus. Sa
conservation en jardin botanique à Tahiti et en Floride constitue sa
meilleure chance de survie. D’après une photo parue in J. C. Mc Currah,
Palms, New York, 1960.
Il faut d’une manière générale réglementer avec rigueur le trafic
d’animaux. La Grande-Bretagne a donné l’exemple en promulguant
l’Animal Act en 1964, mettant des restrictions à l’importation d’espèces en
danger. Mais cette réglementation doit concerner tous les pays pour être
efficace. Il est à souhaiter que la convention internationale pour
l’exportation et l’importation d’animaux rares (Washington, 1973) soit
bientôt ratifiée par tous les États, de manière à arrêter les trafics des
« mercantis » et à exploiter d’une manière rationnelle ce qui fait aussi partie
des richesses naturelles d’un pays. De plus il convient d’interdire que des
animaux rares, portés sur une « liste noire », puissent être conservés en
captivité ailleurs que dans les zoos accrédités, où ils ont des chances de se
multiplier.
On remarquera enfin que la préservation d’êtres vivants en dehors de
leur habitat naturel s’applique aussi bien aux végétaux qu’aux animaux. Les
jardins botaniques, tout comme les parcs zoologiques, peuvent ainsi servir à
conserver des souches d’espèces que l’on ne pourrait protéger à l’état
sauvage. C’est ainsi que s’est maintenu jusqu’à nous le Ginkgo Ginkgo
biloba, inconnu à l’état spontané, mais cultivé aux abords de certains
temples de Chine d’où il est originaire.
À titre d’exemple, signalons que l’on peut espérer sauver un Sapin
Abies nebrodensis, propre à la Sicile, où ne subsistaient en 1968 que 21
spécimens, plusieurs déjà fortement endommagés par la pâture. La survie
de cette espèce, éventuellement d’un grand intérêt économique en raison de
ses qualités xérophiles, est assurée par le maintien en pépinières de
plusieurs pieds qui fructifient régulièrement (Messeri, 1959 ; Morandini,
1969). Il en est de même d’un Palmier des îles Marquises, Pelagodoxa
Henryana, menacé dans son aire d’origine mais cultivé dans diverses
régions chaudes, notamment à Tahiti et en Floride (fig. 75) ; du flamboyant
Delonix regia (Légumineuses), connu à l’état naturel d’une seule vallée de
Madagascar ; de Camellia granthamiana (Théacées) connu d’un seul plant
à Hong Kong ; et même du Cèdre du Liban, si menacé dans sa patrie.
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