culture ou simplement d’occuper son temps. Le volume des publications –
qu’il s’agisse de livres ou de périodiques – s’accroît chaque jour
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, la radio,
la télévision et le cinéma augmentent leur emprise sur l’humanité. La
pratique des sports se répand à une vitesse croissante et l’homme invente ou
perfectionne chaque jour de multiples autres distractions.
Parmi ces activités multiples figurent au premier rang celles de plein
air, avant tout le tourisme sous toutes ses formes. Le goût de la nature, né au
siècle dernier sous l’influence des écoles romantiques qui ont fait aimer les
« sublimes horreurs », a pris une ampleur inégalée jusqu’ici. En dépit d’un
certain snobisme et d’une vogue consécutive à une excitation collective, ce
mouvement a une motivation très profonde. L’homme moderne, de
civilisation « occidentale », vit d’une manière artificielle dans des villes
devenues monstrueuses. Le plus clair de son temps est passé dans des
maisons, des bureaux ou des ateliers, loin de tout élément naturel. Le bruit,
l’agitation, les multiples agressions de la vie collective usent peu à peu des
nerfs que les soucis et les menaces de tout ordre achèvent de ruiner. La
courbe ascendante des maladies nerveuses – autant celles des « petits
mentaux » que des formes plus graves – montre bien à quels dangers
s’expose l’humanité qui a choisi de se retrancher d’un milieu naturel mieux
équilibré. Cette tendance va s’accentuer avec la poussée démographique
contemporaine.
Par réaction, l’homme profite de chaque instant de liberté pour
retrouver des conditions plus normales, plus proches de la nature. Une des
premières formes de ce comportement consiste en un « tourisme à court
terme » et il suffit d’évoquer les longues théories de voitures qui chaque
dimanche encombrent les abords de nos villes pour réaliser son ampleur.
Les citadins n’hésitent pas à passer des heures sur des routes pour profiter
d’un coin de forêt ou d’un méandre de rivière, loin des villes et de leurs
usines. On conçoit dès lors l’importance extrême des « ceintures vertes »,
des forêts et des paysages à allure naturelle – en un mot des aires
marginales, même plus ou moins aménagées par l’homme – dans la vie des
habitants des zones urbaines. La suppression ou la transformation profonde
de ces districts serait sans doute une catastrophe aux yeux du naturaliste, en
supprimant les derniers refuges de la vie sauvage dans les pays
industrialisés et à forte densité humaine ; elles se traduiraient à n’en point
douter par de sérieux troubles psychiques parmi les habitants de ces pays,
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