desquelles ils s’effectuent. Il faut avant tout éviter les massacres
incontrôlés, comme c’est le cas au cours de certaines chasses
traditionnelles, par exemple celle des Cobes Lechwe Kobus leche en
Rhodésie. Bien qu’ayant régressé dans une partie de leur habitat ancien, ces
Antilopes vivant en troupes nombreuses dans les plaines d’inondation et les
étendues marécageuses sont encore localement abondantes, notamment
dans les Kafue Flats, où leurs populations sont peut-être même en excès (les
districts habités présentent des signes de surpâturage, et une mortalité
importante s’observe pendant la saison sèche). Périodiquement les Africains
avaient l’habitude de pousser les troupeaux de Lechwe, dont le grégarisme
est si développé, vers des corrals, où plusieurs milliers d’individus étaient
chaque fois massacrés. Cette chasse – appelée chila – pourrait sans doute
être remplacée à l’avenir par une exploitation plus rationnelle (abattage de
25 000 à 30 000 têtes selon les effectifs actuels de la population) ; cela
assurerait la survie de cette belle Antilope en même temps qu’un rendement
économique fort intéressant aux plaines inondées de la rivière Kafue.
L’aménagement de la grande faune africaine semble donc plein de
promesses, car il est susceptible de concilier de la manière la plus heureuse
les intérêts de la conservation de la nature et de la rentabilité économique
des zones marginales. Il convient bien entendu de prendre de plus grandes
précautions, car toute erreur peut avoir de graves conséquences et entraîner
une diminution sensible des effectifs. Mais si l’exploitation du gibier est
menée rationnellement après enquête, il semble prouvé que le rendement en
aliments azotés est susceptible de constituer un apport important dans la
balance nutritionnelle africaine.
Sans doute ces solutions ne peuvent pas être mises en application à
travers toute l’Afrique. Il faut tout d’abord en excepter les réserves
naturelles intégrales et les parcs nationaux de grande superficie où,
rappelons-le, aucune intervention humaine ne doit interférer avec un
équilibre naturel
242
. Par ailleurs l’aménagement de la faune ne peut être
envisagé partout de la même manière. Il existe des différences
fondamentales entre l’Est et l’Ouest africain, dues à la fois aux conditions
écologiques et aux densités de populations de grand gibier. Comme dans
tous les aspects de la conservation de la nature, il n’y a pas de solutions
générales, mais une multitude de cas particuliers.
incontrôlés, comme c’est le cas au cours de certaines chasses
traditionnelles, par exemple celle des Cobes Lechwe Kobus leche en
Rhodésie. Bien qu’ayant régressé dans une partie de leur habitat ancien, ces
Antilopes vivant en troupes nombreuses dans les plaines d’inondation et les
étendues marécageuses sont encore localement abondantes, notamment
dans les Kafue Flats, où leurs populations sont peut-être même en excès (les
districts habités présentent des signes de surpâturage, et une mortalité
importante s’observe pendant la saison sèche). Périodiquement les Africains
avaient l’habitude de pousser les troupeaux de Lechwe, dont le grégarisme
est si développé, vers des corrals, où plusieurs milliers d’individus étaient
chaque fois massacrés. Cette chasse – appelée chila – pourrait sans doute
être remplacée à l’avenir par une exploitation plus rationnelle (abattage de
25 000 à 30 000 têtes selon les effectifs actuels de la population) ; cela
assurerait la survie de cette belle Antilope en même temps qu’un rendement
économique fort intéressant aux plaines inondées de la rivière Kafue.
L’aménagement de la grande faune africaine semble donc plein de
promesses, car il est susceptible de concilier de la manière la plus heureuse
les intérêts de la conservation de la nature et de la rentabilité économique
des zones marginales. Il convient bien entendu de prendre de plus grandes
précautions, car toute erreur peut avoir de graves conséquences et entraîner
une diminution sensible des effectifs. Mais si l’exploitation du gibier est
menée rationnellement après enquête, il semble prouvé que le rendement en
aliments azotés est susceptible de constituer un apport important dans la
balance nutritionnelle africaine.
Sans doute ces solutions ne peuvent pas être mises en application à
travers toute l’Afrique. Il faut tout d’abord en excepter les réserves
naturelles intégrales et les parcs nationaux de grande superficie où,
rappelons-le, aucune intervention humaine ne doit interférer avec un
équilibre naturel
242
. Par ailleurs l’aménagement de la faune ne peut être
envisagé partout de la même manière. Il existe des différences
fondamentales entre l’Est et l’Ouest africain, dues à la fois aux conditions
écologiques et aux densités de populations de grand gibier. Comme dans
tous les aspects de la conservation de la nature, il n’y a pas de solutions
générales, mais une multitude de cas particuliers.
