gain, dans la « faim de viande » des populations et dans un goût inné de la
chasse que l’on ne pourra pas supprimer au sein de certaines peuplades (pas
plus qu’on ne l’a supprimé dans les pays hautement civilisés d’Europe et
d’Amérique du Nord). La rationalisation de la chasse supprimerait
certainement une partie des mobiles en quelque sorte « légitimes » du
braconnage devenu dès lors un acte délictueux à l’état pur, sans aucune
justification économique ou psychologique.
L’aménagement de la faune permettrait également d’éviter la
surpopulation de grands mammifères dont les effectifs ont très certainement
dépassé la capacité limite en plusieurs régions d’Afrique ; l’excédent risque
de disparaître sans aucun profit, ni pour l’homme ni pour la nature. Il
éviterait le surpâturage que l’on observe localement et résorberait l’excès de
population, cause de dégradation des habitats. Un exemple se rencontre au
Queen Elizabeth N. P., en Ouganda, et à son voisinage immédiat, où les
Hippopotames ont d’après certains bénéficié d’une manière exagérée de la
protection accordée par les règlements. Les populations des lacs Édouard et
George sont en effet supérieures à 28 000 têtes, ce qui est considéré par
quelques auteurs comme un dépassement de la capacité limite d’autant plus
grave que ce district est également pâturé par des Éléphants, des Buffles,
des Waterbucks, des Cobes et des Phacochères. Sachant qu’un
Hippopotame prélève chaque nuit environ 400 livres de végétaux (poids
humide), on peut aisément juger de l’impact de ces animaux dans leur
habitat qui présente une grave dégradation du couvert végétal et une érosion
(en particulier un ravinement intense). Une fraction importante du sol se
dénude tandis que les plantes annuelles et herbacées disparaissent au profit
de buissons épineux non broutés par les Hippopotames
240
.
On proposa en conséquence de réduire le nombre de ces Pachydermes
de manière à maintenir leurs effectifs aux environs de 4 000 à
6 000 individus, ce qui correspond à peu près à la capacité limite de
l’habitat (Petrides et Swank, 1958). Un millier d’individus pourraient être
abattus chaque année sans porter préjudice à la population. Ces mesures ont
l’avantage de maintenir les populations d’Hippopotames à un certain stade
d’équilibre avec leur milieu et d’assurer aux Africains des ressources en
aliments azotés hautement appréciés
241
.
Il convient bien entendu de veiller soigneusement à ce que les
prélèvements ne mettent pas en danger l’avenir des populations aux dépens
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