mâles et 65 femelles en 1951. En 1959, les effectifs comptaient 520
individus et leur habitat présentait des signes si évidents de surpâturage
qu’il fallut en enlever 110 pour éviter la dégradation.
Le constant accroissement des effectifs autorisa les autorités
canadiennes à envisager que le Bison puisse redevenir d’une manière
régulière un animal de chasse au Canada. Dès 1959, la chasse d’une
trentaine de têtes fut autorisée, ce qui n’avait plus été fait depuis 1893.
D’autres animaux ont donné lieu à une exploitation de ce type, en
particulier les Wapitis et surtout les Pronghorns.
Cette exploitation est dans certains cas notablement plus rentable que
celle des animaux domestiques, quand on l’envisage sous l’angle de
l’économie d’un État. C’est ainsi qu’on a calculé aux États-Unis que dans
l’État d’Idaho chaque Mouflon Bighorn abattu par les chasseurs rapportait
4 236 $ en dépenses diverses occasionnées par cette chasse (seuls 42
chasseurs avaient réussi à conquérir leur trophée parmi les 602 qui avaient
payé une licence et engagé les dépenses de la chasse). Cela permet
d’estimer la valeur du Mouflon « sur pied » à 89 $, compte tenu des
effectifs, alors qu’un mouton se vend 35 $ (Spillett).
Dans l’Ancien Monde, le meilleur exemple est sans conteste celui des
Antilopes Saïgas Saiga tatarica en URSS (Bannikov, 1961). Nous avons vu
précédemment que cette espèce, autrefois abondante et répartie sur une aire
considérable, s’était raréfiée au point que l’on put aux environs de 1920
craindre sa disparition à brève échéance
232
. Mais bientôt les populations
s’accrurent à nouveau, contrairement aux opinions de ceux qui pensaient
qu’il s’agissait d’un fossile vivant condamné à disparaître, au point
d’atteindre environ 2 millions d’individus répartis sur quelque 2,5 millions
de km 2 (fig. 72). Plus de 500 000 Saïgas habitent la rive droite de la Volga.
Ces effectifs permettent d’en abattre jusqu’à 300 000 tous les ans depuis
1951, assurant un excellent rendement en viande de haute qualité (6 000 t),
en graisse, en cuir (20 millions de dm 2 ) et en cornes, sans compromettre la
survie de l’espèce dont les effectifs ont plutôt tendance à s’accroître. Le
domaine vital de la Saïga est d’une grande pauvreté sur la majeure partie de
son étendue. Cette Antilope, qui ne dégrade pas son habitat comme les
animaux domestiques en raison de sa mobilité et de ses migrations
régulières, et qui est capable d’assimiler des plantes steppiques refusées par
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