et qu’à l’heure actuelle une raréfaction dangereuse de l’Éléphant est à
craindre dans cette partie de l’Afrique.
Ces observations posent également le problème des animaux
prédateurs que l’homme s’est acharné à détruire partout à travers le monde,
emporté par un sentimentalisme et des déductions simplistes sous prétexte
qu’ils sont « nuisibles ». Cette prise de position constitue en réalité une
erreur manifeste, dont les résultats ont été parfois désastreux
227
.
Il faut tout d’abord admettre que la prédation n’est pas nécessairement
un facteur limitant vis-à-vis des populations aux dépens desquelles elle
s’exerce. Les prédateurs éliminent surtout les individus malades (empêchant
l’extension d’épizooties), âgés ou infirmes, améliorant ainsi l’état des
populations. Par ailleurs, quand la prédation constitue un facteur limitant
réel, il est incontestable que celui-ci est le plus souvent utile à long terme.
La régulation exercée par les prédateurs évite l’accroissement numérique de
certains animaux entraînant toujours de graves perturbations dans les
biocénoses et dans les équilibres biologiques. Les exemples pourraient être
multipliés
228
, tous montrant que les animaux qualifiés de « vermine » ont en
dépit des apparences un rôle bénéfique à long terme.
Ces affirmations, bien établies en ce qui concerne les biocénoses
terrestres, sont tout aussi valables dans le cas des milieux aquatiques
229
. La
guerre faite aux poissons carnivores – notamment au Brochet – a entraîné la
prolifération d’espèces indésirables, et la multiplication exagérée d’autres,
la surpopulation entraînant un nanisme contraire aux intérêts de l’homme. Il
en est de même de la destruction inconsidérée des Crocodiles. Leur régime
alimentaire très varié comprend certes une part de poissons (surtout pour les
individus d’âge moyen) ; mais les espèces sans intérêt économique
dominent parmi les prises, notamment dans le cas du Crocodile du Nil (H.
B. Cott, Trans. Zool. Soc. London, 29, n o 14, 1961). Ces grands Reptiles
ont ainsi une place importante dans les biocénoses aquatiques des régions
chaudes du globe, souvent insoupçonnée de ceux qui les condamnent sans
appel
230
.
Dans l’ensemble, les prédateurs ne doivent jamais être considérés
comme nuisibles par essence. Il convient de leur conserver leur place dans
craindre dans cette partie de l’Afrique.
Ces observations posent également le problème des animaux
prédateurs que l’homme s’est acharné à détruire partout à travers le monde,
emporté par un sentimentalisme et des déductions simplistes sous prétexte
qu’ils sont « nuisibles ». Cette prise de position constitue en réalité une
erreur manifeste, dont les résultats ont été parfois désastreux
227
.
Il faut tout d’abord admettre que la prédation n’est pas nécessairement
un facteur limitant vis-à-vis des populations aux dépens desquelles elle
s’exerce. Les prédateurs éliminent surtout les individus malades (empêchant
l’extension d’épizooties), âgés ou infirmes, améliorant ainsi l’état des
populations. Par ailleurs, quand la prédation constitue un facteur limitant
réel, il est incontestable que celui-ci est le plus souvent utile à long terme.
La régulation exercée par les prédateurs évite l’accroissement numérique de
certains animaux entraînant toujours de graves perturbations dans les
biocénoses et dans les équilibres biologiques. Les exemples pourraient être
multipliés
228
, tous montrant que les animaux qualifiés de « vermine » ont en
dépit des apparences un rôle bénéfique à long terme.
Ces affirmations, bien établies en ce qui concerne les biocénoses
terrestres, sont tout aussi valables dans le cas des milieux aquatiques
229
. La
guerre faite aux poissons carnivores – notamment au Brochet – a entraîné la
prolifération d’espèces indésirables, et la multiplication exagérée d’autres,
la surpopulation entraînant un nanisme contraire aux intérêts de l’homme. Il
en est de même de la destruction inconsidérée des Crocodiles. Leur régime
alimentaire très varié comprend certes une part de poissons (surtout pour les
individus d’âge moyen) ; mais les espèces sans intérêt économique
dominent parmi les prises, notamment dans le cas du Crocodile du Nil (H.
B. Cott, Trans. Zool. Soc. London, 29, n o 14, 1961). Ces grands Reptiles
ont ainsi une place importante dans les biocénoses aquatiques des régions
chaudes du globe, souvent insoupçonnée de ceux qui les condamnent sans
appel
230
.
Dans l’ensemble, les prédateurs ne doivent jamais être considérés
comme nuisibles par essence. Il convient de leur conserver leur place dans
