L’exemple classique, particulièrement démonstratif, est celui des Cerfs
cariacous à queue noire ou Cerfs mulets Odocoileus hemionus du plateau de
Kaibab, dans le nord de l’Arizona, aux environs du Grand Canyon du
Colorado (fig. 71). En 1906, cette zone fut déclarée réserve fédérale et toute
chasse y fut proscrite. Les Cerfs y étaient alors peu abondants, en raison
peut-être de la chasse, mais aussi du fait de la prédation par de multiples
carnivores : Pumas, Loups, Coyotes et Lynx n’étaient pas rares et limitaient
les populations de Cervidés. Aussi extermina-t-on systématiquement ces
prédateurs. Bientôt les effectifs de Cerfs augmentèrent avec une vitesse
accélérée, pour la plus grande satisfaction de tous : entre 1906 et 1925 la
population passa de 4 000 à plus de 100 000 individus (Rasmussen, 1941).
Cette énorme augmentation entraîna immédiatement surpâturage et
dégradation de l’habitat.
Du fait de la réduction massive de la masse végétale, une période de
disette commença pour les Cerfs, surtout pendant l’hiver. Les animaux
affamés subirent des pertes sévères, succombant à diverses maladies et
parasitoses dont les causes véritables proviennent en fait de la sousalimentation. En 1930 il ne subsistait que 20 000 Cerfs environ, et en 1940
10 000 environ. Cet exemple démontre péremptoirement que la conception
de « protection de la nature » appliquée trop strictement va à l’encontre de
l’intérêt véritable des animaux à protéger. En fonction de sa capacité limite,
un territoire ne peut nourrir qu’un nombre déterminé d’individus, selon les
ressources alimentaires primaires offertes par la végétation. Dès que l’on
dépasse la capacité limite, on aboutit inévitablement à des catastrophes dont
la dégradation du couvert végétal, l’érosion du sol et les épizooties
dévastatrices des animaux sont les signes les plus évidents.
Une conception tout aussi erronée prévalut d’ailleurs jusqu’en des
temps très récents en ce qui concerne le maintien des grands mammifères
dans les zones ouvertes à la chasse. Il est en effet communément admis que
seule la chasse des mâles est licite : la plupart des grands animaux étant
polygames, cela ne diminue pas la capacité de reproduction de l’espèce. Le
code de l’honneur cynégétique veut qu’un chasseur tuant une femelle soit
considéré comme un brigand. Si cela se justifiait et se justifie encore dans
les zones où les effectifs de gibier sont tombés en dessous d’un certain
niveau, cela constitue en revanche une erreur grave dans les zones faisant
l’objet d’une exploitation cynégétique normale. Une mauvaise gestion de ce
cariacous à queue noire ou Cerfs mulets Odocoileus hemionus du plateau de
Kaibab, dans le nord de l’Arizona, aux environs du Grand Canyon du
Colorado (fig. 71). En 1906, cette zone fut déclarée réserve fédérale et toute
chasse y fut proscrite. Les Cerfs y étaient alors peu abondants, en raison
peut-être de la chasse, mais aussi du fait de la prédation par de multiples
carnivores : Pumas, Loups, Coyotes et Lynx n’étaient pas rares et limitaient
les populations de Cervidés. Aussi extermina-t-on systématiquement ces
prédateurs. Bientôt les effectifs de Cerfs augmentèrent avec une vitesse
accélérée, pour la plus grande satisfaction de tous : entre 1906 et 1925 la
population passa de 4 000 à plus de 100 000 individus (Rasmussen, 1941).
Cette énorme augmentation entraîna immédiatement surpâturage et
dégradation de l’habitat.
Du fait de la réduction massive de la masse végétale, une période de
disette commença pour les Cerfs, surtout pendant l’hiver. Les animaux
affamés subirent des pertes sévères, succombant à diverses maladies et
parasitoses dont les causes véritables proviennent en fait de la sousalimentation. En 1930 il ne subsistait que 20 000 Cerfs environ, et en 1940
10 000 environ. Cet exemple démontre péremptoirement que la conception
de « protection de la nature » appliquée trop strictement va à l’encontre de
l’intérêt véritable des animaux à protéger. En fonction de sa capacité limite,
un territoire ne peut nourrir qu’un nombre déterminé d’individus, selon les
ressources alimentaires primaires offertes par la végétation. Dès que l’on
dépasse la capacité limite, on aboutit inévitablement à des catastrophes dont
la dégradation du couvert végétal, l’érosion du sol et les épizooties
dévastatrices des animaux sont les signes les plus évidents.
Une conception tout aussi erronée prévalut d’ailleurs jusqu’en des
temps très récents en ce qui concerne le maintien des grands mammifères
dans les zones ouvertes à la chasse. Il est en effet communément admis que
seule la chasse des mâles est licite : la plupart des grands animaux étant
polygames, cela ne diminue pas la capacité de reproduction de l’espèce. Le
code de l’honneur cynégétique veut qu’un chasseur tuant une femelle soit
considéré comme un brigand. Si cela se justifiait et se justifie encore dans
les zones où les effectifs de gibier sont tombés en dessous d’un certain
niveau, cela constitue en revanche une erreur grave dans les zones faisant
l’objet d’une exploitation cynégétique normale. Une mauvaise gestion de ce
