dehors des parcs et des réserves, et, déjà en 1950, Caldwell disait qu’en
Ouganda « il apparaît que dans la majeure partie de ce protectorat le gibier
a été presque exterminé en dehors des réserves » (Oryx 1, 1951 : 173-186).
Fig. 71. Fluctuations de la population de Cerfs-mulets du plateau de
Kaibab. D’après Rasmussen, 1941.
Nous avons surtout parlé de l’Afrique, continent où la faune est
actuellement le plus menacée en raison de l’évolution politique et
économique. Mais les mêmes faits se reproduisent avec des variantes dans
le reste du monde, et partout la mise en culture et la conversion en
pâturages pour faire face aux besoins d’une population accrue et pour
remplacer les terres usées par de mauvaises pratiques agricoles provoquent
des empiètements sur le domaine des grands mammifères sauvages ainsi
menacés de disparition par « étouffement ».
Par ailleurs, on s’est aperçu que la meilleure manière de préserver les
animaux et singulièrement la grande faune n’est pas toujours de laisser leurs
populations évoluer à leur guise. Pendant longtemps a prévalu la notion
simpliste selon laquelle le bon état d’une réserve se mesure au nombre
d’animaux qui la peuplent. Cela peut mener à des situations des plus
dangereuses pour les animaux que l’on veut protéger comme pour leurs
habitats. Peu de réserves, même les grands parcs nationaux, constituent des
unités écologiques assez étendues pour s’équilibrer d’elles-mêmes.
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