convoitées pour servir de pâturage, les grands animaux représentant un
« gâchis » alors qu’une partie de l’Afrique est carencée en aliments azotés.
C’est par exemple ce qui se passa dans la partie orientale de l’Afrique, où le
parc national Albert, au Congo, fut menacé depuis sa fondation par les
pasteurs venus du Rwanda, ravagé par le surpâturage.
Les mêmes faits se sont reproduits au parc national de Serengeti, qui a
fait l’objet de pressions politiques et économiques venant de la part des
populations Masaï, en fort accroissement au cours des dernières années.
Une partie importante du parc a dû être rétrocédée et livrée au pâturage, au
détriment du cheptel sauvage, un des mieux conservés et des plus
représentatifs pourtant de toute l’Afrique. Cette politique va manifestement
à l’encontre des intérêts de cette faune d’Ongulés qui a besoin de terrains de
parcours d’étendue considérable du fait de déplacements saisonniers en
rapport avec le cycle climatique.
Il faut cependant comprendre le point de vue des autochtones, autrefois
souvent privés de leurs droits de chasse par les puissances colonisatrices. La
grande faune a paru ainsi être réservée aux Européens qui, dans l’esprit de
certains Africains au moins, s’étaient constitués pour eux seuls des réserves
de gibier. Elle a semblé s’identifier avec la colonisation, et beaucoup
d’Africains la considèrent comme une survivance du passé, au même titre
que les fétiches et le folklore. Pour eux il convient donc de s’en débarrasser
si l’on veut transformer l’Afrique en un pays moderne.
Les causes de destruction s’aggravèrent au fur et à mesure que se
répandirent les armes perfectionnées. Les moyens de transport et les voies
de communication, en progrès constant, facilitèrent la commercialisation
des produits de la chasse. Le gibier enfin a fait l’objet d’une destruction
méthodique, voire d’une véritable éradication, dans une bonne partie de
l’Afrique. Les Ongulés sont mis en cause dans la transmission de diverses
maladies, notamment de trypanosomiases affectant les humains et le bétail.
Comme la désinsectisation préventive (surtout destruction des Tsé-tsé) ne
produisait pas d’effets suffisants, il apparut que le seul moyen de lutte
consistait en une destruction du réservoir de virus, à savoir les Ongulés.
Dans divers pays d’Afrique orientale commença alors une campagne de
destruction systématique des grands mammifères, d’ores et déjà éliminés
sur de vastes surfaces
225
. Sans faire preuve d’un pessimisme exagéré, on peut
prédire que d’ici quelques années en Afrique il ne restera plus d’Ongulés en
« gâchis » alors qu’une partie de l’Afrique est carencée en aliments azotés.
C’est par exemple ce qui se passa dans la partie orientale de l’Afrique, où le
parc national Albert, au Congo, fut menacé depuis sa fondation par les
pasteurs venus du Rwanda, ravagé par le surpâturage.
Les mêmes faits se sont reproduits au parc national de Serengeti, qui a
fait l’objet de pressions politiques et économiques venant de la part des
populations Masaï, en fort accroissement au cours des dernières années.
Une partie importante du parc a dû être rétrocédée et livrée au pâturage, au
détriment du cheptel sauvage, un des mieux conservés et des plus
représentatifs pourtant de toute l’Afrique. Cette politique va manifestement
à l’encontre des intérêts de cette faune d’Ongulés qui a besoin de terrains de
parcours d’étendue considérable du fait de déplacements saisonniers en
rapport avec le cycle climatique.
Il faut cependant comprendre le point de vue des autochtones, autrefois
souvent privés de leurs droits de chasse par les puissances colonisatrices. La
grande faune a paru ainsi être réservée aux Européens qui, dans l’esprit de
certains Africains au moins, s’étaient constitués pour eux seuls des réserves
de gibier. Elle a semblé s’identifier avec la colonisation, et beaucoup
d’Africains la considèrent comme une survivance du passé, au même titre
que les fétiches et le folklore. Pour eux il convient donc de s’en débarrasser
si l’on veut transformer l’Afrique en un pays moderne.
Les causes de destruction s’aggravèrent au fur et à mesure que se
répandirent les armes perfectionnées. Les moyens de transport et les voies
de communication, en progrès constant, facilitèrent la commercialisation
des produits de la chasse. Le gibier enfin a fait l’objet d’une destruction
méthodique, voire d’une véritable éradication, dans une bonne partie de
l’Afrique. Les Ongulés sont mis en cause dans la transmission de diverses
maladies, notamment de trypanosomiases affectant les humains et le bétail.
Comme la désinsectisation préventive (surtout destruction des Tsé-tsé) ne
produisait pas d’effets suffisants, il apparut que le seul moyen de lutte
consistait en une destruction du réservoir de virus, à savoir les Ongulés.
Dans divers pays d’Afrique orientale commença alors une campagne de
destruction systématique des grands mammifères, d’ores et déjà éliminés
sur de vastes surfaces
225
. Sans faire preuve d’un pessimisme exagéré, on peut
prédire que d’ici quelques années en Afrique il ne restera plus d’Ongulés en
