animaux pouvant vivre ailleurs il est habité par des cavernicoles stricts
(troglobies) aux adaptations très étroites, documents fondamentaux pour
l’étude de l’évolution. De plus ces animaux ont évolué sur place, sans
rapport avec ceux de grottes parfois voisines, chacun de ces milieux
constituant un système fermé ; la proportion d’endémiques y est donc très
élevée. Dans les temps récents l’homme a largement pénétré dans les
milieux hypogés pour le sport, parfois par intérêt économique. Or le milieu
des grottes est d’une fragilité extraordinaire. Les animaux sont sensibles à
la lumière qu’ils fuient, aux changements de température et d’humidité
(provoqués notamment par l’ouverture de passages artificiels) et à tout
dérangement consécutif à la présence humaine. Leurs lignées hautement
spécialisées, aux populations peu nombreuses, ont régressé devant ces
perturbations. Certaines grottes régulièrement fréquentées sont devenues
peu à peu des déserts zoologiques que même les Chauves-souris ont
désertés. Il convient donc de classer en réserves intégrales un certain
nombre de ces grottes. Sinon nous risquons de voir disparaître les vestiges
les plus précieux de faunes aujourd’hui disparues des milieux de surface et
des témoins d’adaptations à des conditions extrêmes.
Il faut insister sur le fait qu’aucune influence humaine ne doit
s’exercer dans ces zones fermées au touriste et ouvertes seulement à
l’administrateur et au scientifique dans des conditions très précises
d’utilisation, l’impact humain devant être limité au strict minimum. Il
existe, même dans les parcs nationaux les mieux gardés, mais ouverts au
tourisme, une « érosion humaine » bien connue qui se manifeste sous des
aspects multiples, allant d’une modification locale des habitats à des
changements dans les comportements des animaux.
La création d’un réseau de réserves intégrales à travers le monde exige
bien entendu un plan d’ensemble mis au point par de nombreux spécialistes
et une étroite coopération internationale sous l’égide d’un organisme
mondial, par exemple l’UICN.
Si cette mesure vise avant tout à la préservation d’un échantillonnage
de types d’habitats pris dans leur intégrité, elle est également la seule qui
permette la survie de beaucoup d’êtres vivants. On peut sans doute espérer
sauver un certain nombre d’animaux de grande taille dans des conditions
relativement artificielles (y compris le cas limite de leur élevage en
captivité) ; mais en aucun cas on ne conservera les animaux de petite taille
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