On s’étonnera peut-être que l’on puisse encore aujourd’hui proposer de
mettre des parcelles du globe en réserve intégrale, les soustrayant ainsi
entièrement à toute influence de l’homme, au moment où les populations
humaines augmentent d’une manière explosive et que partout une « faim de
terre » incite à défricher. Cette mesure d’une absolue nécessité est
cependant aussi impérieuse que ne l’est pour les sociétés industrielles la
constitution de réserves financières intangibles, ménageant pour l’avenir un
capital permettant de faire face à des situations imprévues et d’éviter des
catastrophes. La mise en réserve intégrale se justifie par des raisons qui
relèvent de deux ordres différents.
Ces territoires constituent tout d’abord des conservatoires où l’on
préserve dans les conditions naturelles primitives des habitats pris dans leur
totalité. Les musées gardent précieusement les spécimens d’animaux ou de
plantes ayant servi à la description de nouvelles espèces ; ces sujets,
qualifiés de types, sont conservés en quelque sorte comme étalons de
l’espèce auxquels on se réfère au cours des études de systématique. Il doit
en être de même de cette collection de types d’habitats, choisis de manière
à représenter tous les milieux primitifs, de la forêt hygrophile au désert et à
la toundra arctique. Il est hautement souhaitable que plusieurs types
d’habitats soient représentés dans une même réserve, ce qui permet de
conserver les zones de transition, d’un très grand intérêt pour le biologiste.
Bien entendu, s’il est souhaitable qu’un échantillon de chacun des biomes
soit immédiatement protégé, une hiérarchie s’impose en pratique et une liste
des milieux prioritaires doit être établie afin de préserver les plus menacés
d’entre eux dans les plus brefs délais.
L’échantillonnage des habitats à préserver doit d’ailleurs largement
déborder de la surface de la terre ferme. Il doit comprendre des zones
marines proches des continents, notamment les barrières de coraux et les
lagons, des milieux d’un intérêt biologique considérable. Il doit aussi
s’étendre sous terre : le domaine cavernicole, remarquable laboratoire
naturel, se trouve menacé gravement parfois par l’intrusion
d’« explorateurs » maladroits (C. Delamare-Deboutteville, in litt.). Le
milieu des grottes a des caractéristiques écologiques bien définies et d’une
rigueur bien supérieure à celle des habitats de surface. À part certains
mettre des parcelles du globe en réserve intégrale, les soustrayant ainsi
entièrement à toute influence de l’homme, au moment où les populations
humaines augmentent d’une manière explosive et que partout une « faim de
terre » incite à défricher. Cette mesure d’une absolue nécessité est
cependant aussi impérieuse que ne l’est pour les sociétés industrielles la
constitution de réserves financières intangibles, ménageant pour l’avenir un
capital permettant de faire face à des situations imprévues et d’éviter des
catastrophes. La mise en réserve intégrale se justifie par des raisons qui
relèvent de deux ordres différents.
Ces territoires constituent tout d’abord des conservatoires où l’on
préserve dans les conditions naturelles primitives des habitats pris dans leur
totalité. Les musées gardent précieusement les spécimens d’animaux ou de
plantes ayant servi à la description de nouvelles espèces ; ces sujets,
qualifiés de types, sont conservés en quelque sorte comme étalons de
l’espèce auxquels on se réfère au cours des études de systématique. Il doit
en être de même de cette collection de types d’habitats, choisis de manière
à représenter tous les milieux primitifs, de la forêt hygrophile au désert et à
la toundra arctique. Il est hautement souhaitable que plusieurs types
d’habitats soient représentés dans une même réserve, ce qui permet de
conserver les zones de transition, d’un très grand intérêt pour le biologiste.
Bien entendu, s’il est souhaitable qu’un échantillon de chacun des biomes
soit immédiatement protégé, une hiérarchie s’impose en pratique et une liste
des milieux prioritaires doit être établie afin de préserver les plus menacés
d’entre eux dans les plus brefs délais.
L’échantillonnage des habitats à préserver doit d’ailleurs largement
déborder de la surface de la terre ferme. Il doit comprendre des zones
marines proches des continents, notamment les barrières de coraux et les
lagons, des milieux d’un intérêt biologique considérable. Il doit aussi
s’étendre sous terre : le domaine cavernicole, remarquable laboratoire
naturel, se trouve menacé gravement parfois par l’intrusion
d’« explorateurs » maladroits (C. Delamare-Deboutteville, in litt.). Le
milieu des grottes a des caractéristiques écologiques bien définies et d’une
rigueur bien supérieure à celle des habitats de surface. À part certains
