d’un équilibre naturel, à côté des procédés de lutte chimique parfaitement
justifiés tant qu’ils restent modérés et proportionnés au but recherché.
Dans l’ensemble, l’homme a donc intérêt à conserver un équilibre
quelque peu naturel dans les zones qu’il désire exploiter. Cela ne veut bien
entendu pas dire que la terre entière doive retourner à l’état primitif, pure
utopie qui ne déplairait sans doute pas aux naturalistes ! L’homme a besoin
de cultures artificielles, seules capables de lui apporter les quantités de
nourriture de haute qualité dont il a besoin. Il est donc nécessaire qu’en
maints endroits il modifie à son profit les chaînes alimentaires et en crée de
nouvelles, plus simples, dont il est l’unique bénéficiaire. Jamais il n’arrivera
à s’intégrer dans une chaîne alimentaire naturelle dès qu’il a dépassé le
stade de la cueillette, et la plupart des hommes ne sont plus à ce niveau
depuis la fin du Paléolithique.
Mais la transformation totale d’un vaste district où toute vie sauvage a
été abolie, dont toute la production vise à la conversion de l’énergie solaire
en Blé, en Riz ou en Coton, est à proscrire à l’avenir, au moins dans la
majeure partie du monde. La mécanisation à outrance, la suppression de
tous les biotopes mixtes (tels que haies, bosquets), et la monoculture sont en
pratique des plus préjudiciables au maintien d’un haut rendement. Les
États-Unis ont fait au cours de leur histoire l’expérience de ces erreurs. Il
est symptomatique de constater qu’à l’heure actuelle leurs services
d’Agriculture et de Conservation des sols sont revenus en arrière, en
préconisant le maintien ou la restauration d’un certain équilibre. Ils prônent
des pratiques culturales jugées démodées il y a peu de temps et vantent la
création et l’entretien de haies, de rideaux d’arbres et de friches destinés à
rétablir une certaine balance écologique. Et simultanément, d’une manière
paradoxale, dans beaucoup de pays européens on s’acharne à détruire les
habitats équilibrés qui ont fait la richesse de ce continent !
Un autre facteur plus grave intervient ailleurs, car dans les temps
récents on a cru que l’on pouvait impunément transformer avec brutalité les
habitats naturels en terrains de culture entièrement artificiels, sans ménager
aucune transition. Grâce à la mécanisation actuelle des moyens de
destruction, bulldozers, pelles et grues mécaniques, une matinée suffit pour
défricher une surface de forêt tropicale que les procédés jusqu’alors
classiques n’auraient pas bouleversée en un mois. On passe ainsi
brusquement d’un milieu naturel très riche à un milieu artificiel appauvri,
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