Darling (1960), en substituant les animaux domestiques à la grande faune
sauvage, on a fermé l’éventail pour ne le laisser entrouvert que sur quelques
espèces. Or la plupart des animaux ont été domestiqués au Néolithique ;
l’homme n’a rien fait de plus depuis cette période, ce qui est à proprement
parler stupéfiant !
Il faut toutefois remarquer que la transformation d’une partie des
habitats naturels est indispensable si l’on considère le rendement en
produits consommables par l’homme. Dans un milieu naturel, seule une
fraction de la productivité globale, aussi importante soit-elle, est utilisable,
et celle-ci est nettement inférieure à la production d’un champ ou d’un
pâturage artificiel, même si la productivité globale de ceux-ci est inférieure
à celle des milieux naturels qu’ils remplacent. Il est bien évident que le
rendement en céréales et autres produits agricoles des plaines de la Beauce
est incomparablement supérieur, si on l’envisage sous l’angle humain, à
celui en produits recueillis par l’homme préhistorique dans les forêts
naturelles qui couvraient alors cette région de la France.
Si notre alimentation exige donc la transformation radicale d’une
partie de la surface du globe, cela n’implique pas que la totalité des terres
doive subir ces modifications profondes, car un second élément intervient
d’une manière parallèle, à savoir la stabilité des biotopes volontairement
simplifiés par l’homme. Si les milieux naturels, bien protégés par leur
complexité, offrent dans l’ensemble une résistance très forte aux agents de
dégradation, les habitats artificiels sont soumis à une érosion bien plus
rapide.
Nous avons déjà évoqué cette question à propos de la conservation des
sols. Il nous suffira de rappeler que la transformation radicale d’un habitat
naturel, même si elle se traduit tout d’abord par un profit important pour
l’homme, peut à long terme conduire à la ruine des terres du fait de facteurs
physiques, climatiques et biologiques.
Il apparaît par ailleurs que les habitats anthropiques sont le théâtre de
pullulations d’Insectes, de Rongeurs ou d’oiseaux dont nous nous étonnons
parfois avec une certaine naïveté. Comme l’a montré Elton (1958) par une
multitude d’exemples, les milieux dans lesquels un équilibre à allure
naturelle avait été maintenu ne sont que rarement attaqués avec virulence
par un quelconque parasite
219
. Il apparaît maintenant que la lutte contre les
ennemis des cultures et leurs pullulations doit aussi faire appel au maintien
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