système, car elle tend à concentrer toute l’énergie disponible dans une seule
direction, à la canaliser selon une voie unique.
Cela a des conséquences multiples qui d’après les écologistes se
rangent en deux catégories.
La première est que le rendement global d’un milieu artificiel est très
nettement inférieur à celui de milieux naturels, la déperdition d’énergie
venue du soleil étant énorme dans le cas des cultures.
Au lieu d’exploiter les mille possibilités d’un complexe naturel,
l’homme essaye de concentrer l’énergie dans une seule production
218
. Il
n’exploite donc pas toutes les possibilités du milieu qu’il déforme. Il est
bien évident qu’une seule plante ne saurait remplacer toutes celles qui
vivent à l’état naturel dans une même station et le nombre de plantes
cultivées est incroyablement peu élevé par rapport à celles qui constituent le
monde végétal.
Il en est de même dans le cas des animaux domestiques. L’homme a
asservi le Bœuf, le Mouton, la Chèvre, le Cheval, l’Âne et quelques
oiseaux, et toute son action tend à les substituer à la faune sauvage à travers
le monde. Il a réussi dans les zones tempérées : la plupart de ces animaux,
précisément originaires de ces régions, ont au fond simplement passé de
l’état sauvage à l’état domestique, et se sont multipliés sous l’influence de
l’homme qui étendait progressivement leur habitat en transformant les
biotopes naturels.
À mesure qu’il se répandit sur la terre, il emmena avec lui les animaux
domestiques, convaincu une fois pour toutes que les seules espèces
susceptibles de lui rendre service étaient celles qu’il avait domestiquées
quelque part dans les steppes de l’Asie ou les forêts de l’Europe. Adaptés à
un certain régime alimentaire, ces animaux n’en retrouvent toutefois pas
l’équivalent sous les tropiques. En dépit des efforts faits par les
zootechniciens pour améliorer le bétail en fonction des conditions locales
dans les régions chaudes, ces animaux ne pourront jamais exploiter toutes
les ressources alimentaires qu’offrent par exemple les savanes africaines.
Alors que les Bovins introduits ne prélèvent qu’une partie de la végétation,
les animaux autochtones sont en revanche beaucoup plus diversifiés. Dans
un même milieu vivent côte à côte des végétariens allant de l’Éléphant au
petit Céphalophe en passant par toute la « gamme » des Antilopes, des
Buffles, des Girafes et des Gazelles. Pour reprendre l’image de Fraser
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