Chacune des biocénoses naturelles est d’une complexité extrême. Sur
une aire déterminée tombe sous forme de rayons solaires une quantité
d’énergie donnée, variable selon les points de la terre. Cette énergie, source
de toute vie, est utilisée par des organismes chlorophylliens, surtout plantes
vasculaires sur la terre, Algues microscopiques dans la mer ; à partir de
cette productivité primaire purement végétale, résultant de la
photosynthèse
217
, vont se dérouler des chaînes alimentaires d’une grande
complexité où s’intègrent tous les êtres vivants, et où l’énergie venue du
soleil passe par un grand nombre de paliers.
Ces ensembles de chaînes alimentaires forment des biocénoses bien
articulées dont la complexité est variable. Les plus simples se trouvent dans
les régions froides, en particulier dans les régions arctiques, où le climat
hivernal, sans chaleur et sans lumière, constitue un facteur limitant très
important. Les plus compliquées sont caractéristiques des régions
intertropicales humides, où la flore et la faune sont d’une richesse
spécifique extrême et où la vie prolifère avec une luxuriance sans égale.
Mais quoi qu’il en soit, chacun de ces écosystèmes naturels est toujours
complexe et en équilibre avec le milieu physique auquel il est étroitement
adapté.
En revanche les habitats créés par l’homme sont simplifiés à l’extrême.
La transformation d’un habitat naturel en terre de culture ou même en
pâturage se traduit toujours par une simplification de l’écosystème, et par
une réduction parfois massive des chaînes alimentaires. L’homme est
parvenu dans certains cas d’une manière très progressive à de telles
simplifications. Le cultivateur primitif se ménage un champ d’étendue
réduite, au milieu de biotopes naturels prêts à s’étendre à nouveau sur l’aire
modifiée dès qu’il cesse de lutter contre leur invasion. Le cultivateur
européen a su maintenir jusqu’à des temps récents un heureux équilibre
entre les champs cultivés bordés de haies, entrecoupés de boqueteaux, et la
nature sauvage des bois et des marais. Une savante rotation des cultures et
des pratiques millénaires entretiennent la terre dans un état de haute
productivité et assurent la pérennité de son rendement. Les cultivateurs
« modernes » de la plupart des pays transforment au contraire brutalement
les habitats originaux et substituent aux chaînes alimentaires primitives
complexes des chaînes simplifiées dont l’homme est le dernier et seul
bénéficiaire. La monoculture est l’exagération, la caricature, d’un tel
une aire déterminée tombe sous forme de rayons solaires une quantité
d’énergie donnée, variable selon les points de la terre. Cette énergie, source
de toute vie, est utilisée par des organismes chlorophylliens, surtout plantes
vasculaires sur la terre, Algues microscopiques dans la mer ; à partir de
cette productivité primaire purement végétale, résultant de la
photosynthèse
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, vont se dérouler des chaînes alimentaires d’une grande
complexité où s’intègrent tous les êtres vivants, et où l’énergie venue du
soleil passe par un grand nombre de paliers.
Ces ensembles de chaînes alimentaires forment des biocénoses bien
articulées dont la complexité est variable. Les plus simples se trouvent dans
les régions froides, en particulier dans les régions arctiques, où le climat
hivernal, sans chaleur et sans lumière, constitue un facteur limitant très
important. Les plus compliquées sont caractéristiques des régions
intertropicales humides, où la flore et la faune sont d’une richesse
spécifique extrême et où la vie prolifère avec une luxuriance sans égale.
Mais quoi qu’il en soit, chacun de ces écosystèmes naturels est toujours
complexe et en équilibre avec le milieu physique auquel il est étroitement
adapté.
En revanche les habitats créés par l’homme sont simplifiés à l’extrême.
La transformation d’un habitat naturel en terre de culture ou même en
pâturage se traduit toujours par une simplification de l’écosystème, et par
une réduction parfois massive des chaînes alimentaires. L’homme est
parvenu dans certains cas d’une manière très progressive à de telles
simplifications. Le cultivateur primitif se ménage un champ d’étendue
réduite, au milieu de biotopes naturels prêts à s’étendre à nouveau sur l’aire
modifiée dès qu’il cesse de lutter contre leur invasion. Le cultivateur
européen a su maintenir jusqu’à des temps récents un heureux équilibre
entre les champs cultivés bordés de haies, entrecoupés de boqueteaux, et la
nature sauvage des bois et des marais. Une savante rotation des cultures et
des pratiques millénaires entretiennent la terre dans un état de haute
productivité et assurent la pérennité de son rendement. Les cultivateurs
« modernes » de la plupart des pays transforment au contraire brutalement
les habitats originaux et substituent aux chaînes alimentaires primitives
complexes des chaînes simplifiées dont l’homme est le dernier et seul
bénéficiaire. La monoculture est l’exagération, la caricature, d’un tel
