qu’ils ne tentent pas de modifier, se contentant d’en subir les impératifs, sur
le plan écologique comme sur celui des structures sociales. La nature du
terrain, les déplacements saisonniers du gibier, la maturation des fruits et les
procédés de chasse ont modelé directement le rythme de vie autant que
l’organisation sociale et politique des tribus (Turnbull, 1963). Chacune des
communautés a son territoire propre et il n’y a jamais destruction
systématique du gibier, l’abattage des animaux étant proportionné aux
besoins des hommes.
Dans la forêt amazonienne, les Indiens ont un genre de vie semblable
et suivent des règles très précises qui concilient la protection du gibier avec
son exploitation rationnelle.
Quelques tribus de chasseurs à un stade d’évolution supérieur, établis
dans des milieux différents, ont eu cependant une action beaucoup plus
profonde sur l’équilibre naturel de leur habitat, en raison de l’usage
généralisé des feux leur permettant de chasser facilement des troupeaux
affolés par les flammes
2
. Des feux de brousse ont été – et sont encore –
allumés par des chasseurs, notamment en Afrique, au détriment des
associations végétales qu’ils modifient entièrement. Ainsi l’homme primitif
disposait déjà, à des époques très reculées, d’un outil extrêmement puissant
pour modifier les équilibres naturels et les détruire en ouvrant la voie à
l’érosion accélérée et à la ruine d’un pays
3
.
Cette influence devient plus apparente encore chez les peuples ayant
mis au point des techniques constituant en fait une sorte de pastoralisme
sauvage. Le meilleur exemple est celui des Indiens d’Amérique du Nord
que l’on peut tenir pour responsables de l’extension des prairies à travers
les grandes plaines du centre du continent nord-américain. Leur gibier
favori était le Bison dont ils dépendaient étroitement pour leur nourriture et
même leurs vêtements et auquel les rattachaient des liens aussi bien
matériels que mystiques. Bien qu’aucune tentative n’ait été faite pour le
domestiquer, les Indiens avaient acquis une connaissance poussée de ses
mœurs grâce à leur contact quotidien avec ces grands Ongulés. Ils avaient
en particulier constaté que le Bison appréciait les habitats ouverts. Aussi
mettaient-ils sciemment et volontairement le feu à la forêt, faisant
progressivement reculer sa lisière pour augmenter la surface des savanes
herbeuses favorables au Bison. Les conditions climatiques n’expliquent en
effet pas l’aire d’extension des prairies nord-américaines, dont le climat
le plan écologique comme sur celui des structures sociales. La nature du
terrain, les déplacements saisonniers du gibier, la maturation des fruits et les
procédés de chasse ont modelé directement le rythme de vie autant que
l’organisation sociale et politique des tribus (Turnbull, 1963). Chacune des
communautés a son territoire propre et il n’y a jamais destruction
systématique du gibier, l’abattage des animaux étant proportionné aux
besoins des hommes.
Dans la forêt amazonienne, les Indiens ont un genre de vie semblable
et suivent des règles très précises qui concilient la protection du gibier avec
son exploitation rationnelle.
Quelques tribus de chasseurs à un stade d’évolution supérieur, établis
dans des milieux différents, ont eu cependant une action beaucoup plus
profonde sur l’équilibre naturel de leur habitat, en raison de l’usage
généralisé des feux leur permettant de chasser facilement des troupeaux
affolés par les flammes
2
. Des feux de brousse ont été – et sont encore –
allumés par des chasseurs, notamment en Afrique, au détriment des
associations végétales qu’ils modifient entièrement. Ainsi l’homme primitif
disposait déjà, à des époques très reculées, d’un outil extrêmement puissant
pour modifier les équilibres naturels et les détruire en ouvrant la voie à
l’érosion accélérée et à la ruine d’un pays
3
.
Cette influence devient plus apparente encore chez les peuples ayant
mis au point des techniques constituant en fait une sorte de pastoralisme
sauvage. Le meilleur exemple est celui des Indiens d’Amérique du Nord
que l’on peut tenir pour responsables de l’extension des prairies à travers
les grandes plaines du centre du continent nord-américain. Leur gibier
favori était le Bison dont ils dépendaient étroitement pour leur nourriture et
même leurs vêtements et auquel les rattachaient des liens aussi bien
matériels que mystiques. Bien qu’aucune tentative n’ait été faite pour le
domestiquer, les Indiens avaient acquis une connaissance poussée de ses
mœurs grâce à leur contact quotidien avec ces grands Ongulés. Ils avaient
en particulier constaté que le Bison appréciait les habitats ouverts. Aussi
mettaient-ils sciemment et volontairement le feu à la forêt, faisant
progressivement reculer sa lisière pour augmenter la surface des savanes
herbeuses favorables au Bison. Les conditions climatiques n’expliquent en
effet pas l’aire d’extension des prairies nord-américaines, dont le climat
