influence sur lui et le forcent à s’adapter ou à chercher ailleurs les éléments
indispensables à sa survie.
Ces hommes vivant de chasse et de cueillette ont dans l’ensemble peu
modifié leur habitat. Bien qu’ils aient abattu localement des arbres pour
alimenter leurs feux et pour aménager des clairières où ils dressaient leurs
campements, l’influence humaine sur les biotopes est presque négligeable.
Par ailleurs les effets de leur prédation étaient limités, car il existait
manifestement une autorégulation semblable à celle que l’on observe dans
les relations prédateurs-proies dans tout le règne animal.
Cette situation peut être étudiée de nos jours dans le cas de peuplades
demeurées primitives et continuant à vivre de cueillette et de chasse. Tels
sont par exemple les aborigènes d’Australie qui vivent de la pêche, de la
chasse et de la récolte de végétaux (racines, fruits). La collecte implique des
pratiques conservatrices, et notamment l’enfouissement de fragments de
végétaux destinés à régénérer les plantes prélevées pour l’alimentation
(Ipomea, Dioscorea). Il faut cependant remarquer que ces Australiens sont
également chasseurs et que, pour obtenir plus facilement leur gibier ou
simplement pour signaler leur présence, il leur arrive de mettre le feu à la
savane, qui brûle ainsi parfois d’un coup sur 50 ou 80 km 2 (Meggitt, 1963).
Les peuples plus spécialement chasseurs sont régis entre autres par des
lois, à moitié religieuses, à moitié éthiques, mais dont le fondement
écologique ne peut faire de doute. Ces lois reflètent une harmonie entre
l’homme et son milieu. Aucun prédateur n’a intérêt à exterminer ses proies
et l’homme primitif n’échappe pas à cette règle. Aussi ces tribus
chasseresses ont-elles mis au point d’une manière empirique des codes
législatifs rappelant en fait les grands principes écologiques réglementant
l’équilibre prédateurs-proies. À titre d’exemple on citera les Pygmées, qui,
dans la grande forêt africaine, vivent de chasse et de cueillette et présentent
de très étroites adaptations à l’habitat forestier. Les Pygmées Mbuti établis
dans la forêt de l’Ituri, dans le nord-est du Congo, se nourrissent
principalement de gibier (diverses Antilopes, occasionnellement Éléphants,
Okapis et Singes), de menues proies (Mollusques terrestres, larves,
Termites) et de produits végétaux collectés à l’état brut (racines, tubercules,
baies). Se disant « enfants de la forêt » (bamili nde ndura), ils sont en
équilibre stable avec leur milieu qui leur fournit le vivre et le couvert, mais
indispensables à sa survie.
Ces hommes vivant de chasse et de cueillette ont dans l’ensemble peu
modifié leur habitat. Bien qu’ils aient abattu localement des arbres pour
alimenter leurs feux et pour aménager des clairières où ils dressaient leurs
campements, l’influence humaine sur les biotopes est presque négligeable.
Par ailleurs les effets de leur prédation étaient limités, car il existait
manifestement une autorégulation semblable à celle que l’on observe dans
les relations prédateurs-proies dans tout le règne animal.
Cette situation peut être étudiée de nos jours dans le cas de peuplades
demeurées primitives et continuant à vivre de cueillette et de chasse. Tels
sont par exemple les aborigènes d’Australie qui vivent de la pêche, de la
chasse et de la récolte de végétaux (racines, fruits). La collecte implique des
pratiques conservatrices, et notamment l’enfouissement de fragments de
végétaux destinés à régénérer les plantes prélevées pour l’alimentation
(Ipomea, Dioscorea). Il faut cependant remarquer que ces Australiens sont
également chasseurs et que, pour obtenir plus facilement leur gibier ou
simplement pour signaler leur présence, il leur arrive de mettre le feu à la
savane, qui brûle ainsi parfois d’un coup sur 50 ou 80 km 2 (Meggitt, 1963).
Les peuples plus spécialement chasseurs sont régis entre autres par des
lois, à moitié religieuses, à moitié éthiques, mais dont le fondement
écologique ne peut faire de doute. Ces lois reflètent une harmonie entre
l’homme et son milieu. Aucun prédateur n’a intérêt à exterminer ses proies
et l’homme primitif n’échappe pas à cette règle. Aussi ces tribus
chasseresses ont-elles mis au point d’une manière empirique des codes
législatifs rappelant en fait les grands principes écologiques réglementant
l’équilibre prédateurs-proies. À titre d’exemple on citera les Pygmées, qui,
dans la grande forêt africaine, vivent de chasse et de cueillette et présentent
de très étroites adaptations à l’habitat forestier. Les Pygmées Mbuti établis
dans la forêt de l’Ituri, dans le nord-est du Congo, se nourrissent
principalement de gibier (diverses Antilopes, occasionnellement Éléphants,
Okapis et Singes), de menues proies (Mollusques terrestres, larves,
Termites) et de produits végétaux collectés à l’état brut (racines, tubercules,
baies). Se disant « enfants de la forêt » (bamili nde ndura), ils sont en
équilibre stable avec leur milieu qui leur fournit le vivre et le couvert, mais
