l’échéance fatale de tout être vivant. Il se doit donc de trouver, et dans les
plus brefs délais, un moyen de contrôler une prolificité exagérée, véritable
génocide à l’échelle de la planète.
Les procédés de régulation sont identiques à ceux qui interviennent au
sein des sociétés animales. Un premier moyen est l’émigration hors de
l’aire occupée primitivement par l’espèce et la colonisation de nouveaux
territoires. Or cela n’est plus guère possible à l’heure actuelle, car toute la
planète est strictement compartimentée et coupée de barrières. Bien qu’il
existe encore des terres à très faible densité de population, les autorités
responsables les réservent jalousement pour leurs nationaux. Et ces
solutions ne sont jamais qu’à court terme, car les émigrations humaines du
passé, par exemple celle des Européens vers l’Amérique, ont démontré que,
suivant une loi biologique classique, l’irruption dans un milieu nouveau
déclenche toujours une prolifération intempestive.
Un deuxième procédé de limitation est l’augmentation du taux de
mortalité, conséquence directe ou indirecte du manque de nourriture.
Certaines sociétés humaines primitives éliminent les vieillards, tandis que
d’autres préconisent l’infanticide quand les ressources alimentaires ne
permettent plus à tous de se nourrir. Des procédés de ce genre sont, inutile
de le dire, impossibles à envisager dans le cas de l’humanité évoluée.
Le troisième procédé de contrôle consiste en une diminution du taux
de natalité. La limitation des naissances – le « birth control » des AngloSaxons – fait appel à divers procédés, entre lesquels nous nous garderons
bien de prendre parti. Elle heurte beaucoup de consciences et des traditions
parfaitement respectables. Mais sans se ranger dans une quelconque cohorte
de doctrinaires, on peut affirmer qu’elle constitue le seul moyen de
maintenir l’humanité dans de justes limites, d’en permettre une expansion
lente, parfaitement souhaitable, et de proportionner celle-ci au
développement économique. Nous avons su trouver le moyen de lutter
contre les maladies, d’améliorer notre sort matériel, de faire entrer le
progrès dans la vie courante et de permettre à des couches sociales de plus
en plus nombreuses d’accéder au bien-être et au confort matériel, conditions
indispensables du progrès moral à l’échelle d’un peuple. Ayant diminué la
puissance du frein à l’expansion démographique, nous nous devons aussi de
diminuer celle du moteur. Aucune religion, aucune morale et aucun préjugé
ne doivent nous en empêcher. Fermer les yeux et laisser faire quelque
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