27 958 Rorquals communs et 560 Rorquals de Rudolphi ; il faut y ajouter
les captures effectuées par les stations à terre, non touchées par la limitation
imposée aux navires-usines, et celles qui sont effectuées dans d’autres
parties du monde. En 1964-1965, on ne capturait plus que 28 211 Cétacés
dans l’Antarctique, parmi lesquels seulement 7 811 Rorquals communs et
20 380 Rorquals de Rudolphi beaucoup plus petits, chacun ne comptant que
pour 1/6 d’unité BWU ; le Rorqual bleu n’entre plus que pour 20 dans ce
chiffre, contre 5 130 en 1951-1952. En 1966-1967, le nombre de Cétacés
tués dans le monde tombait à 51 593.
Ces chiffres sont inquiétants aux yeux de ceux qui se préoccupent non
seulement de la protection de la nature, mais aussi d’assurer une
exploitation rationnelle des ressources naturelles. D’après des travaux
réalisés par le Discovery Committee, les Baleinoptères de l’Antarctique
avaient des effectifs compris entre 142 000 et 340 000, avec une moyenne
de l’ordre de 220 000 (la proportion des espèces est évaluée à 75 % de
Rorquals communs, de 15 % de Rorquals bleus et de 10 % de Mégaptères).
Les chiffres de captures paraissaient déjà nettement trop élevés, et l’on
commençait à nourrir des inquiétudes quant à une surexploitation,
notamment en ce qui concerne le Rorqual bleu et le Rorqual commun.
L’espèce de loin la plus menacée apparaissait être le Rorqual bleu. Pendant
les saisons de chasse (Antarctique) antérieures à 1937-1938, il formait
l’espèce prédominante. Ainsi, de 1930 à 1933, si l’on considère l’ensemble
des captures Rorqual bleu plus Rorqual commun, on constate que la
proportion était environ de 80 % pour le premier et 20 % pour le second.
Cette proportion s’est progressivement inversée, à tel point que bientôt le
Rorqual bleu ne compta plus que pour 5 %. Le Rorqual commun a donc
supporté l’essentiel de l’activité baleinière antarctique, et de ce fait a été
décimé (entre les saisons 1955-1956 et 1963-1964, il aurait diminué des
deux tiers d’après la commission baleinière). À l’heure actuelle, le même
phénomène se renouvelle avec le Rorqual de Rudolphi, beaucoup plus petit,
mais dont les captures furent près de trois fois plus importantes que celles
de Rorqual commun en 1964-1965. Il diminue de ce fait rapidement dans
l’Antarctique (de 30 % entre 1966-1967 et la saison de chasse précédente).
Le souci majeur des nations baleinières devrait donc, de plus en plus,
être de rechercher les moyens de sauvegarder leur « matière première ».
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