L’urgence du problème n’échappe à personne. Il convient sans tarder
de renforcer les mesures déjà en vigueur afin de faire face à la grave
déplétion qui s’accentue dans maintes zones de pêche. La création de vastes
réserves protégeant les frayères ou les zones où les poissons viennent
croître devrait également être envisagée. Une rotation des districts et
l’attribution de quotas à chaque État devront sans doute être instituées un
jour prochain pour soulager la pression de la pêche.
Nous nous heurtons cependant alors aux innombrables difficultés des
règlements supraétatiques, au problème des moyens de répression et de
contrainte en cas d’infraction, très difficiles à appliquer comme les
événements politiques de la dernière décennie nous l’ont appris sur bien
d’autres plans. Il est à souhaiter que les hommes réussissent, pour une fois,
à s’entendre sur le plan international. Il n’est plus question de leur prestige
et de leur chauvinisme, car c’est l’utilisation rationnelle d’une ressource
naturelle en péril qui est en jeu. Derrière les idéologies et les intérêts
économiques de communautés et de particuliers, il ne faut pas oublier qu’il
y a des mobiles « écologiques », car c’est en définitive la faim qui pousse
les hommes à revendiquer les mers et à les exploiter d’une manière
exagérée. Ce milieu n’aura le meilleur rendement – et il peut l’avoir à brève
échéance – qu’en fonction d’une entente entre hommes de bonne volonté.
Notons par ailleurs que l’on a commencé l’élevage de poissons de mer,
comme celui de la Morue en Norvège, de la Sole en France et de la Plie en
Écosse
208
. Malgré l’ancienneté de certains de ces essais de « mariculture »
(certains remontent à 1884), on en est encore au stade expérimental, de
même qu’en ce qui concerne l’introduction artificielle d’espèces marines
(par exemple l’acclimatation de l’Alose Alosa sapidissima de la côte
orientale des États-Unis en Californie), dont il faut cependant se méfier a
priori, car ces tentatives sont susceptibles d’entraîner des ruptures
d’équilibre naturel. L’aquaculture marine est prometteuse dans les milieux
côtiers et même dans les eaux littorales, en dépit de difficultés inhérentes à
la complexité des écosystèmes marins et à des rendements souvent
médiocres. Mais la haute mer restera sans doute encore longtemps, voire
toujours, un milieu naturel sans aucune modification de la part de l’homme,
si ce n’est sa prédation. L’humanité a asservi la terre dans sa quasi-totalité ;
la mer demeure sauvage et les interventions de l’homme se bornent à y
prélever, souvent inconsidérément hélas, ce qu’il estime nécessaire à sa
de renforcer les mesures déjà en vigueur afin de faire face à la grave
déplétion qui s’accentue dans maintes zones de pêche. La création de vastes
réserves protégeant les frayères ou les zones où les poissons viennent
croître devrait également être envisagée. Une rotation des districts et
l’attribution de quotas à chaque État devront sans doute être instituées un
jour prochain pour soulager la pression de la pêche.
Nous nous heurtons cependant alors aux innombrables difficultés des
règlements supraétatiques, au problème des moyens de répression et de
contrainte en cas d’infraction, très difficiles à appliquer comme les
événements politiques de la dernière décennie nous l’ont appris sur bien
d’autres plans. Il est à souhaiter que les hommes réussissent, pour une fois,
à s’entendre sur le plan international. Il n’est plus question de leur prestige
et de leur chauvinisme, car c’est l’utilisation rationnelle d’une ressource
naturelle en péril qui est en jeu. Derrière les idéologies et les intérêts
économiques de communautés et de particuliers, il ne faut pas oublier qu’il
y a des mobiles « écologiques », car c’est en définitive la faim qui pousse
les hommes à revendiquer les mers et à les exploiter d’une manière
exagérée. Ce milieu n’aura le meilleur rendement – et il peut l’avoir à brève
échéance – qu’en fonction d’une entente entre hommes de bonne volonté.
Notons par ailleurs que l’on a commencé l’élevage de poissons de mer,
comme celui de la Morue en Norvège, de la Sole en France et de la Plie en
Écosse
208
. Malgré l’ancienneté de certains de ces essais de « mariculture »
(certains remontent à 1884), on en est encore au stade expérimental, de
même qu’en ce qui concerne l’introduction artificielle d’espèces marines
(par exemple l’acclimatation de l’Alose Alosa sapidissima de la côte
orientale des États-Unis en Californie), dont il faut cependant se méfier a
priori, car ces tentatives sont susceptibles d’entraîner des ruptures
d’équilibre naturel. L’aquaculture marine est prometteuse dans les milieux
côtiers et même dans les eaux littorales, en dépit de difficultés inhérentes à
la complexité des écosystèmes marins et à des rendements souvent
médiocres. Mais la haute mer restera sans doute encore longtemps, voire
toujours, un milieu naturel sans aucune modification de la part de l’homme,
si ce n’est sa prédation. L’humanité a asservi la terre dans sa quasi-totalité ;
la mer demeure sauvage et les interventions de l’homme se bornent à y
prélever, souvent inconsidérément hélas, ce qu’il estime nécessaire à sa
