Fig. 64. Fluctuations des tonnages de Merlu débarqués à La Rochelle
(total des pêches par marée de 12 jours). Le trait horizontal marque le
tonnage moyen au cours de la période envisagée. D’après Letaconnoux,
1951.
Ce stock accru fut cependant rapidement décimé et la prospérité de
courte durée. Dès 1949, le tonnage ramené aux ports retombait en dessous
de la moyenne générale des 30 dernières années : 3 ans d’une mauvaise
exploitation des populations de Merlu auront suffi pour ruiner le bénéfice
dû à l’arrêt de la pêche pendant les hostilités ; une simple augmentation du
maillage des filets aurait sans doute permis de maintenir la population à un
niveau élevé et d’assurer à la pêche un rendement satisfaisant.
En 1949, le rendement des chalutiers ne fut que de 14,4 t en moyenne
par marée, soit le même que celui des années 1937-1939 (14,7 t). Cet
effondrement se poursuivit pendant les années suivantes. Simultanément
s’observait une diminution du stock des autres poissons, eux aussi
gravement menacés. L’examen de la répartition par taille et la structure de
la population par classes d’âge montre qu’il s’agit manifestement d’un
overfishing consécutif à un épuisement du stock dont la guerre avait permis
la reconstitution.
Ces résultats ont été entièrement confirmés par des constatations
similaires faites dans d’autres zones de pêche, et notamment dans la portion
de l’Atlantique située au sud-ouest des îles Britanniques (Hickling, 1946).
Si l’on se base sur les tonnages rapportés à Milford Haven, dans le Pays de
Galles, on assiste à un ralentissement notable de la pêche pendant la guerre,
ramenant dans les années 1941-1943 le tonnage débarqué à 39 % de ce qu’il
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