3. Le Merlu
Le Merlu Merlucius merlucius, connu sur les marchés sous le nom de
« colin », voisin des Morues dans la classification et propre aux mers
tempérées ou chaudes, se rencontre particulièrement de l’Irlande aux côtes
du Maroc et du Sénégal. Il a depuis fort longtemps fait l’objet d’une pêche
intensive et constitue, surtout depuis la Première Guerre mondiale, un
poisson très recherché en Europe.
La demande accrue a provoqué une exploitation exagérée des lieux de
pêche, relativement limités en étendue. Dès 1910, on constatait une
diminution sensible des apports des chalutiers pêchant au bord du plateau
continental atlantique. Les pêcheurs étaient amenés à se rendre de plus en
plus vers le sud, au large des côtes d’Espagne et du Portugal d’abord, du
Maroc, de Mauritanie et du Sénégal ensuite. Les zones de pêche
s’appauvrirent rapidement et bientôt se posa le « problème du Merlu ».
L’examen des chiffres est particulièrement suggestif et montre que les
mauvaises pêches sont dues à l’épuisement des stocks (fig. 64). La guerre,
en ralentissant, voire en arrêtant la sortie des chalutiers, permit cependant à
ceux-ci de se reconstituer. Les apports montrent une augmentation du
tonnage de Merlu, lente d’abord et sujette à fluctuations, puis très rapide
quand la pêche fut reprise à la fin de la guerre. Dans le secteur du plateau
continental exploité par l’armement de La Rochelle, le tonnage moyen
annuel débarqué par « marée » (campagne de 12 jours) par un chalutier à
vapeur augmenta de plus de 21 t entre 1938 et 1946 ; le Merlu dépassait de
plus de 13 t la moyenne d’avant-guerre avec des apports de 23,3 t par
marée. La proportion de Merlus s’était accrue dans une plus importante
proportion que celle des merluchons (Merlus de moins de 880 g, ayant de 3
à 6 ans), témoignant du vieillissement de la population dont la biomasse
s’était considérablement accrue par suite d’un nouvel équilibre
(Letaconnoux, 1951).
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