Fig. 59. Évolution de la pyramide d’âge d’une même population de
poissons au cours d’une quinzaine d’années d’exploitation. La disparition
des individus de grande taille est due à une surexploitation des classes
d’âge supérieures. La diminution de la biomasse proportionnelle à la
surface des graphiques est nettement apparente. D’après Huntsman, 1948.
Certains spécialistes ont avancé que ces faits ne présentent pas en
pratique de gravité. D’après eux, les pêcheries donneraient lieu à des
phénomènes d’autorégulation mettant à l’abri les populations de poissons
faisant l’objet des captures ; la rentabilité commerciale jouerait le rôle de
frein dans les prélèvements. La pêche devient de plus en plus compliquée à
mesure que se raréfient les populations (fig. 59) ; on est alors obligé
d’acquérir un armement plus dispendieux, d’aller plus loin en mer pour
atteindre d’autres secteurs ; la pêche perd ipso facto sa rentabilité. Le prix
auquel le poisson est susceptible d’être commercialisé serait donc un frein
pour la pêche, dont la pression diminue immédiatement dès qu’elle cesse
d’être rentable. Il s’écoule ensuite un laps de temps considérable avant que
la pêche ne reprenne, par suite de l’inertie de l’armement, ce qui permet aux
populations de poissons de se reconstituer.
Ces affirmations ne sont cependant que très partiellement exactes du
fait de deux facteurs très importants : d’une part la demande croissante en
poissons sur un marché mondial loin d’être saturé ; d’autre part le
perfectionnement actuel des moyens techniques qui permettent une pêche
plus efficace qu’avec les moyens plus primitifs utilisés jusqu’à des temps
relativement récents, tout en conservant et même en augmentant son
rendement. La pêche industrielle a certes ses impératifs économiques qui en
limitent la rentabilité au-delà d’un certain seuil ; mais celui-ci est beaucoup
plus élevé que dans le cas de la pêche artisanale et tend à augmenter à
mesure que se perfectionne la technique. Aussi l’overfishing se manifeste-til en divers points du globe et doit-il retenir l’attention de tous ceux qui se
préoccupent d’une exploitation rationnelle des ressources naturelles.
Ce problème s’est posé avec une acuité croissante corrélativement au
développement du chalutage hauturier. Vers 1880, l’apparition du chalutier
à vapeur, puis, vers 1894, du chalut à plateaux bouleversa l’équilibre de la
pêche en permettant l’exploitation de secteurs de plus en plus éloignés des
côtes. De plus la taille des chalutiers ne cessa d’augmenter : le tonnage
poissons au cours d’une quinzaine d’années d’exploitation. La disparition
des individus de grande taille est due à une surexploitation des classes
d’âge supérieures. La diminution de la biomasse proportionnelle à la
surface des graphiques est nettement apparente. D’après Huntsman, 1948.
Certains spécialistes ont avancé que ces faits ne présentent pas en
pratique de gravité. D’après eux, les pêcheries donneraient lieu à des
phénomènes d’autorégulation mettant à l’abri les populations de poissons
faisant l’objet des captures ; la rentabilité commerciale jouerait le rôle de
frein dans les prélèvements. La pêche devient de plus en plus compliquée à
mesure que se raréfient les populations (fig. 59) ; on est alors obligé
d’acquérir un armement plus dispendieux, d’aller plus loin en mer pour
atteindre d’autres secteurs ; la pêche perd ipso facto sa rentabilité. Le prix
auquel le poisson est susceptible d’être commercialisé serait donc un frein
pour la pêche, dont la pression diminue immédiatement dès qu’elle cesse
d’être rentable. Il s’écoule ensuite un laps de temps considérable avant que
la pêche ne reprenne, par suite de l’inertie de l’armement, ce qui permet aux
populations de poissons de se reconstituer.
Ces affirmations ne sont cependant que très partiellement exactes du
fait de deux facteurs très importants : d’une part la demande croissante en
poissons sur un marché mondial loin d’être saturé ; d’autre part le
perfectionnement actuel des moyens techniques qui permettent une pêche
plus efficace qu’avec les moyens plus primitifs utilisés jusqu’à des temps
relativement récents, tout en conservant et même en augmentant son
rendement. La pêche industrielle a certes ses impératifs économiques qui en
limitent la rentabilité au-delà d’un certain seuil ; mais celui-ci est beaucoup
plus élevé que dans le cas de la pêche artisanale et tend à augmenter à
mesure que se perfectionne la technique. Aussi l’overfishing se manifeste-til en divers points du globe et doit-il retenir l’attention de tous ceux qui se
préoccupent d’une exploitation rationnelle des ressources naturelles.
Ce problème s’est posé avec une acuité croissante corrélativement au
développement du chalutage hauturier. Vers 1880, l’apparition du chalutier
à vapeur, puis, vers 1894, du chalut à plateaux bouleversa l’équilibre de la
pêche en permettant l’exploitation de secteurs de plus en plus éloignés des
côtes. De plus la taille des chalutiers ne cessa d’augmenter : le tonnage
