sont maintenant réduites à 5,8 millions d’hectares, le reste ayant été
converti en pâturages ou en terres cultivées.
Mais l’impact humain s’est aussi manifesté par l’introduction de
multiples espèces végétales et animales exogènes. La Nouvelle-Zélande
constitue à ce point de vue le meilleur exemple de rupture d’équilibre
fragile d’une faune insulaire sous l’influence de compétiteurs et de
prédateurs étrangers.
Comme de nombreuses régions insulaires, la Nouvelle-Zélande est à
l’état naturel d’une très grande pauvreté floristique et faunistique. Sa flore
hautement spécialisée se groupe principalement en deux types
d’associations : des savanes herbeuses et des forêts humides (formées
d’essences très particulières, tels les Podocarpus, Dacrydium, Metrosideros
et Nothofagus). Quant à la faune, elle ne comprenait à l’origine aucun
Mammifère, hormis deux Chiroptères (un Rat, Rattus exulans, et le Chien
ont été amenés par les Maoris venus de Polynésie centrale au XIV e siècle).
Les oiseaux comprenaient des espèces hautement spécialisées, en particulier
des formes aptères, dont les Dinornis ne sont que les plus connus avec les
Kiwis ou Apteryx.
Une région aussi pauvre sur le plan faunistique ne pouvait donc que
tenter ceux qui voulaient y acclimater des animaux, soit pour recréer leur
home lointain, soit pour en accroître les ressources naturelles (Clark, 1949 ;
Wodzicki, 1950-1961 ; Murphy, 1951 ; Elton, 1958 ; Howard, 1964).
Les premiers essais remontent au capitaine Cook, qui dès 1774 et 1777
acclimata le Chou, la Betterave, la Pomme de terre, ainsi que la Chèvre, le
Mouton et le Porc, dans le but de ravitailler en vivres frais les équipages des
navires faisant relâche.
L’impact de l’homme s’accentua au siècle suivant, quand la NouvelleZélande devint une colonie de peuplement. La préoccupation essentielle des
colons fut alors d’introduire le plus grand nombre possible d’animaux en
accord avec la tendance si répandue partout à travers le monde à cette
époque. Les mesures législatives traduisent bien cet état d’esprit
194
, de même
que la fondation de nombreuses sociétés d’acclimatation. Si au début du
XX e siècle ce zèle manifesta un ralentissement sérieux et si l’on commença
à prendre les premières mesures visant à la protection de la faune indigène
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