d’oiseaux de mer, Manchots entre autres, qui en constituent la plus belle
parure.
Notons enfin que l’introduction de Mammifères apparentés à des
formes autochtones est parfois suivie d’une fâcheuse hybridation des deux
stocks de populations. Plusieurs formes du genre Capra ont été introduites à
partir de 1901 dans les Tatras, en particulier le Bouquetin C. ibex, la Chèvre
sauvage C. aegagrus et le Bouquetin de Nubie C. nubiana ; une
invraisemblable hybridation en a résulté, qui a mené la population tout
entière à une ruine totale, notamment en raison d’un dérèglement de la
période de reproduction, les jeunes naissant en plein cœur de l’hiver. En
Tchécoslovaquie, le Chevreuil de Sibérie Capreolus pygargus s’est hybridé
avec le Chevreuil autochtone C. capreolus. Beaucoup de femelles de ce
dernier, saillies par des brocards sibériens de plus grande taille, sont mortes
au cours de parturitions rendues très difficiles par la taille des fœtus à terme.
Ces conséquences parfois inattendues doivent rendre encore plus méfiant
dans le domaine de l’acclimatation, d’autant plus qu’elles peuvent se
produire dans le cas d’animaux appartenant à d’autres groupes que les
Mammifères
193
.
8. La Nouvelle-Zélande dévastée par les animaux introduits
Les exemples que nous venons d’évoquer ont tous trait à des cas
spécifiques. Il convient parallèlement, en prenant une unité géographique,
de voir comment l’introduction de multiples souches animales et végétales
peut y provoquer de graves ruptures d’équilibre. L’exemple de la NouvelleZélande semble particulièrement bien désigné pour mesurer l’impact d’une
série d’acclimatations mal comprises au sein d’une même biocénose.
Sans doute des facteurs très complexes sont-ils intervenus dans la
dévastation de ces îles dont la faune et la flore comprennent une grande
proportion d’endémiques, évolués du fait de l’isolement géographique. La
mise en valeur à des fins agricoles et pastorales a certes entraîné la
disparition d’une vaste partie des habitats primitifs par action directe de
l’homme : au XIV e siècle, avant l’arrivée des Maoris, on estime que la
majeure partie du pays, soit 25 millions d’hectares, était boisée ; les forêts
Précédent

- 388/621

Suivant