espèces manifestent des différences écologiques à première vue minimes
pour que l’équilibre se déplace au profit de la mieux armée. Une sensibilité
différente aux maladies, une meilleure métabolisation des ressources
alimentaires, une dominance, même peu affirmée, dans les comportements,
une plus grande rapidité des populations à « récupérer » après une période
défavorable suffisent à expliquer de telles ruptures d’équilibre.
En revanche l’Écureuil européen paraît mieux adapté que son cousin
américain à la vie dans les forêts de Conifères ; en fait il s’est maintenu
dans le nord de son habitat, notamment en Écosse où l’espèce introduite ne
s’est pas étendue avec la même vitesse que dans le Sud, où elle a surtout
colonisé les forêts de feuillus (elle montre une prédilection marquée pour
les hêtres). Il est possible qu’un nouvel équilibre s’établisse à la faveur de
l’enrésinement des forêts qui se manifeste en Angleterre comme partout
ailleurs en Europe. Il s’agit en tout cas d’une expérience fort intéressante
que l’homme paye chèrement sur le plan économique.
Nous ne ferons qu’une brève mention aux autres acclimatations de
Mammifères à travers le monde. Certaines, relatives à des animaux-gibiers,
ont été couronnées de succès, comme celle du Cerf Sika Sika nippon en
France et en Angleterre où il s’est fort bien adapté au milieu et se montre
moins destructeur que le Cerf élaphe. Son acclimatation s’est néanmoins
faite au détriment de ce dernier et l’on peut se demander si même dans le
cas de telles introductions l’intérêt n’est pas plutôt d’accroître les
populations d’espèces autochtones.
D’autres acclimatations concernent des Carnivores. L’introduction de
Mangoustes, notamment dans les Antilles, a été évoquée précédemment, en
même temps que les véritables catastrophes qu’elle a entraînées pour la
faune endémique. Le Vison américain Mustela vison échappé de fermes
d’élevage en Scandinavie et en Islande y a commis des déprédations parfois
graves. L’introduction du Vison et du Raton laveur Procyon lotor dans
quelques îles au large de la côte pacifique du Canada (Lanz Island, Cox
Island), réalisée en 1938, a entraîné dès 1950 une multiplication de ces
prédateurs qui font des ravages au sein des riches colonies d’oiseaux
marins. Cet exemple doit être médité par ceux qui projettent d’acclimater le
Vison dans les îles subantarctiques ; si cette introduction réussissait, elle
aurait de grandes chances de ruiner rapidement les colonies reproductrices
pour que l’équilibre se déplace au profit de la mieux armée. Une sensibilité
différente aux maladies, une meilleure métabolisation des ressources
alimentaires, une dominance, même peu affirmée, dans les comportements,
une plus grande rapidité des populations à « récupérer » après une période
défavorable suffisent à expliquer de telles ruptures d’équilibre.
En revanche l’Écureuil européen paraît mieux adapté que son cousin
américain à la vie dans les forêts de Conifères ; en fait il s’est maintenu
dans le nord de son habitat, notamment en Écosse où l’espèce introduite ne
s’est pas étendue avec la même vitesse que dans le Sud, où elle a surtout
colonisé les forêts de feuillus (elle montre une prédilection marquée pour
les hêtres). Il est possible qu’un nouvel équilibre s’établisse à la faveur de
l’enrésinement des forêts qui se manifeste en Angleterre comme partout
ailleurs en Europe. Il s’agit en tout cas d’une expérience fort intéressante
que l’homme paye chèrement sur le plan économique.
Nous ne ferons qu’une brève mention aux autres acclimatations de
Mammifères à travers le monde. Certaines, relatives à des animaux-gibiers,
ont été couronnées de succès, comme celle du Cerf Sika Sika nippon en
France et en Angleterre où il s’est fort bien adapté au milieu et se montre
moins destructeur que le Cerf élaphe. Son acclimatation s’est néanmoins
faite au détriment de ce dernier et l’on peut se demander si même dans le
cas de telles introductions l’intérêt n’est pas plutôt d’accroître les
populations d’espèces autochtones.
D’autres acclimatations concernent des Carnivores. L’introduction de
Mangoustes, notamment dans les Antilles, a été évoquée précédemment, en
même temps que les véritables catastrophes qu’elle a entraînées pour la
faune endémique. Le Vison américain Mustela vison échappé de fermes
d’élevage en Scandinavie et en Islande y a commis des déprédations parfois
graves. L’introduction du Vison et du Raton laveur Procyon lotor dans
quelques îles au large de la côte pacifique du Canada (Lanz Island, Cox
Island), réalisée en 1938, a entraîné dès 1950 une multiplication de ces
prédateurs qui font des ravages au sein des riches colonies d’oiseaux
marins. Cet exemple doit être médité par ceux qui projettent d’acclimater le
Vison dans les îles subantarctiques ; si cette introduction réussissait, elle
aurait de grandes chances de ruiner rapidement les colonies reproductrices
