La nocivité du Lapin provoqua la mise en application en Australie
d’une série de mesures destinées à favoriser la lutte contre ce fléau
186
.
Quelques-unes furent particulièrement malheureuses, comme l’introduction
du Renard d’Europe. Ce Carnivore au régime alimentaire très éclectique se
multiplia rapidement et, s’il préleva quelques Lapins, il contribua surtout à
la raréfaction, voire à l’extinction de beaucoup de Marsupiaux.
On tenta aussi d’endiguer la progression du Rongeur en aménageant
des barrières en grillage, dont certaines se rangent parmi les plus longues du
monde entier. Telle est en particulier celle qui, édifiée de 1902 à 1907,
rejoignait Port Hedland sur l’océan Indien à Hopetown sur la côte
méridionale, longue de 2 150 km et destinée à mettre à l’abri l’Australie
occidentale et ses terres de culture. D’autres s’étendaient en Australie
orientale pour tenter de limiter l’extension vers le nord. Ces barrières, dont
l’étendue totale fut d’environ 11 000 km, ne réussirent malheureusement
pas à contenir le Lapin, soit qu’elles aient été construites trop tard, soit que
le Rongeur ait réussi à les franchir en profitant de brèches.
Divers procédés de destruction furent par ailleurs mis en œuvre :
battues organisées, furetage, enfumage, gaz toxiques et surtout
empoisonnement par appâts mélangés de phosphures, de strychnine et
d’arsenic (ces procédés contribuèrent d’ailleurs à la destruction de
beaucoup de Marsupiaux tentés par les appâts). Le fléau ne put être endigué
en dépit de ces efforts, qui coûtèrent une fortune à l’Australie et à la
Nouvelle-Zélande (de 1943 à 1945, le coût de ces opérations se chiffrait
annuellement à environ 170 000 livres néo-zélandaises).
En 1950, on eut l’idée de répandre une maladie épizootique qui
décimait les Lapins domestiques au Brésil : la myxomatose, due à un virus
spécifique, sans danger pour l’homme
187
. Après plusieurs tentatives
infructueuses, les Australiens réussirent à contaminer une très vaste aire,
l’extension de la maladie impliquant un transport du virus par divers
parasites et par les moustiques. L’épizootie atteignit d’énormes proportions,
et l’on estime qu’elle tua les quatre cinquièmes des Lapins du sud-est de
l’Australie. La mortalité fut de 99,5 % dans certains cas. Le résultat était
presque miraculeux.
C’est ce qui donna l’idée d’introduire la myxomatose en Europe, où en
1952 on procéda en France, dans l’Eure-et-Loir, à un lâcher de Lapins
contaminés. L’épizootie se propagea rapidement à travers toute l’Europe
d’une série de mesures destinées à favoriser la lutte contre ce fléau
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Quelques-unes furent particulièrement malheureuses, comme l’introduction
du Renard d’Europe. Ce Carnivore au régime alimentaire très éclectique se
multiplia rapidement et, s’il préleva quelques Lapins, il contribua surtout à
la raréfaction, voire à l’extinction de beaucoup de Marsupiaux.
On tenta aussi d’endiguer la progression du Rongeur en aménageant
des barrières en grillage, dont certaines se rangent parmi les plus longues du
monde entier. Telle est en particulier celle qui, édifiée de 1902 à 1907,
rejoignait Port Hedland sur l’océan Indien à Hopetown sur la côte
méridionale, longue de 2 150 km et destinée à mettre à l’abri l’Australie
occidentale et ses terres de culture. D’autres s’étendaient en Australie
orientale pour tenter de limiter l’extension vers le nord. Ces barrières, dont
l’étendue totale fut d’environ 11 000 km, ne réussirent malheureusement
pas à contenir le Lapin, soit qu’elles aient été construites trop tard, soit que
le Rongeur ait réussi à les franchir en profitant de brèches.
Divers procédés de destruction furent par ailleurs mis en œuvre :
battues organisées, furetage, enfumage, gaz toxiques et surtout
empoisonnement par appâts mélangés de phosphures, de strychnine et
d’arsenic (ces procédés contribuèrent d’ailleurs à la destruction de
beaucoup de Marsupiaux tentés par les appâts). Le fléau ne put être endigué
en dépit de ces efforts, qui coûtèrent une fortune à l’Australie et à la
Nouvelle-Zélande (de 1943 à 1945, le coût de ces opérations se chiffrait
annuellement à environ 170 000 livres néo-zélandaises).
En 1950, on eut l’idée de répandre une maladie épizootique qui
décimait les Lapins domestiques au Brésil : la myxomatose, due à un virus
spécifique, sans danger pour l’homme
187
. Après plusieurs tentatives
infructueuses, les Australiens réussirent à contaminer une très vaste aire,
l’extension de la maladie impliquant un transport du virus par divers
parasites et par les moustiques. L’épizootie atteignit d’énormes proportions,
et l’on estime qu’elle tua les quatre cinquièmes des Lapins du sud-est de
l’Australie. La mortalité fut de 99,5 % dans certains cas. Le résultat était
presque miraculeux.
C’est ce qui donna l’idée d’introduire la myxomatose en Europe, où en
1952 on procéda en France, dans l’Eure-et-Loir, à un lâcher de Lapins
contaminés. L’épizootie se propagea rapidement à travers toute l’Europe
