rival aussi bien armé. La pullulation du Lapin dépasse en fait tout ce que
l’imagination peut concevoir : pas moins de 428 millions de peaux ont été
exportées d’Australie de 1945 à 1949, ce qui donne une idée de
l’importance des populations.
Les mêmes faits se sont reproduits en Nouvelle-Zélande comme le
montre notamment l’augmentation des exportations de peaux de Lapin :
33 000 en 1873 ; plus d’un million en 1877 ; plus de 9 millions en 1882 ; et
environ 17,6 millions en 1945.
Ces Rongeurs constituent un véritable fléau grevant l’économie de
l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ils ravagent la végétation en
prélevant des quantités considérables de Graminées, entrant de ce fait en
compétition avec les Moutons, principale richesse agricole de ces pays. Si
l’on tient compte du fait que de 7 à 10 Lapins consomment autant d’herbe
qu’un Mouton, les Lapins exportés en 1945 de Nouvelle-Zélande équivalent
à eux seuls à 2 millions de Moutons, dont la vente aurait produit un revenu
de plus de 2 millions de livres, au lieu d’environ 1,3 million rapportées par
la vente des peaux de Lapin, soit une perte nette d’environ 700 000 £. Or
ces chiffres ne concernent que les Lapins exportés, et non pas l’ensemble de
leurs populations. Ces animaux coûtent certainement des millions de livres
chaque année à la Nouvelle-Zélande. En Australie le cheptel ovin et bovin
pourrait être augmenté de 25 % si ce Rongeur disparaissait. Dans la partie
occidentale de la Nouvelle-Galles du Sud la capacité-limite des terres a
baissé de 50 % depuis son introduction, ce district comptant plus de
15 millions de moutons en 1891 et moins de 7 millions en 1951.
Il y a plus grave encore, car le Lapin détruit systématiquement la
végétation, non seulement graminéenne, mais aussi arbustive et
arborescente dans ses formes jeunes (il est grand consommateur d’écorce).
Modifiant le couvert végétal, qu’il appauvrit, il est à l’origine d’une érosion
d’autant plus redoutable qu’il mine les sols de ses terriers. Son introduction
a été la cause principale de la dégradation des habitats, perte irrémédiable
pour l’Australie comme pour la Nouvelle-Zélande, intraduisible en chiffres.
L’influence du Lapin sur la faune australienne est elle aussi de la plus
extrême gravité. Ce Rongeur a en effet modifié profondément l’équilibre
naturel et a éliminé tous les Marsupiaux herbivores par suite de la
compétition
185
.
Précédent

- 377/621

Suivant