responsable de la raréfaction de certaines espèces autochtones, en
particulier en Nouvelle-Calédonie (Barrau et Devanchez, 1957).
À l’île Maurice où pas moins de 23 espèces aviennes ont été
acclimatées, la plupart asiatiques (Carié, 1916), un cas similaire est offert
par le Bulbul Orphée Pycnonotus jocosus, originaire de l’Inde, de la Chine
et de la péninsule indochinoise. Six individus introduits en 1892 ne
tardèrent pas à se multiplier au point que, 8 ans plus tard, leur descendance
occupait déjà une aire de quelque 100 km 2 et que dès 1910 elle avait envahi
presque toute l’île où ces oiseaux pullulent à l’heure actuelle. En plus des
déprédations que causent ces Passereaux frugivores aux cultures (fruits,
légumes délicats, Caféiers) ils attaquent et évincent les oiseaux autochtones,
par exemple les Oiseaux à lunettes Zosterops curvirostris, devenus ainsi
rares et cantonnés maintenant aux forêts épaisses.
6. Le Lapin à l’assaut des continents
Le Lapin Oryctolagus cuniculus, animal d’apparence si sympathique et
si utile à beaucoup de points de vue, est un des fléaux de l’humanité à
laquelle il a coûté en définitive beaucoup plus cher qu’il n’a rapporté.
Ce Rongeur duplicidenté, originaire de la région méditerranéenne et
principalement d’Espagne et des îles de la Méditerranée occidentale
183
,
semble avoir été importé en Italie vers 230 avant J.-C., ainsi qu’en Grèce où
seul le lièvre était connu des auteurs classiques. C’est au cours du Moyen
Âge qu’il fut acclimaté en Europe moyenne et septentrionale (il n’est
signalé d’une manière certaine qu’à partir du XIII e siècle en Angleterre) ;
d’ailleurs il n’aurait pu prospérer en dehors de la région méditerranéenne
avant que les défrichements et la déforestation ne créent les habitats ouverts
qui lui sont nécessaires.
Ses populations augmentèrent rapidement comme l’attestent de
nombreux témoignages historiques. Bien installé dans toute l’Europe, le
Lapin ne donne plus l’impression d’y être un intrus acclimaté par l’homme
au départ d’une aire de répartition originellement très réduite.
Cette invasion de l’Europe sous la protection et l’aide directe ou
indirecte de l’homme ne constitue néanmoins que la première étape de la
Précédent

- 374/621

Suivant