par des zones peu propices à son établissement. D’après Soper et Wilson,
1943.
Cette acclimatation involontaire démontre une fois de plus le danger
de l’irruption dans une partie du monde d’un animal de la taille d’un
minuscule insecte, transporté d’une région où il est en relatif équilibre avec
son milieu, vers une région où il risque de provoquer une catastrophe.
La fièvre jaune offre un exemple similaire en Amérique du Sud, où
elle est arrivée en même temps que son principal vecteur, un Moustique
encore, Aedes aegypti ; son origine est vraisemblablement à chercher en
Afrique d’où elle a cheminé avec les convois d’esclaves noirs. Ces
moustiques se sont acclimatés en Amérique tropicale et vivent au voisinage
des habitations, entretenant ainsi la fièvre jaune urbaine. Mais des
Moustiques autochtones ont été infectés à leur tour par le virus, notamment
des Haemagogus ; ils sont susceptibles d’entretenir une forme sylvatique de
la fièvre jaune, très répandue à travers les forêts du Bassin amazonien et
même au-delà, de nombreux Singes servant de réservoir de virus. La fièvre
jaune importée dans le Nouveau Monde, où elle est transmise par un insecte
lui aussi acclimaté, a opéré un transfert vers des animaux autochtones et
peut dorénavant se transmettre par un cycle ne faisant appel qu’à des
représentants de la faune indigène.
L’aspect pathologique des acclimatations ne doit pas être négligé, le
transport accidentel d’une souche d’insectes vecteurs pouvant être lourd de
conséquences sur le plan de l’hygiène publique.
5. L’Étourneau et quelques autres envahisseurs ailés
L’Étourneau Sturnus vulgaris, notre vulgaire Sansonnet, figure parmi
les oiseaux les plus entreprenants du monde ailé. Largement répandu à
travers la région paléarctique, il y est d’ailleurs en pleine extension, sans
doute en rapport avec les transformations apportées par l’homme aux
biotopes originels, sa fécondité élevée, ses facilités d’adaptation et son
anthropophilie marquée.
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