(1948), sur 5 000 espèces d’insectes signalées aux îles Hawaii, pas moins
de 1 300 ont été amenées par l’homme. La présence de la plupart de ces
éléments exogènes est consécutive à des acclimatations involontaires,
notamment du fait du transport de produits alimentaires (riz, céréales,
farine) ou de matières végétales (y compris des matériaux d’emballage) ; un
nombre relativement réduit a été acclimaté volontairement, notamment en
vue de leur emploi dans la lutte biologique. Beaucoup des insectes
introduits ont été à l’origine de la disparition ou du moins de la régression
massive de certaines populations d’insectes autochtones, principalement
dans les régions de basse et moyenne altitude. Une Fourmi, Pheidole
megacephala, est en particulier à incriminer en tant que prédateur ; presque
ubiquiste en dehors des régions montagneuses encore couvertes de forêts,
elle a fait disparaître la plupart des insectes endémiques vis-à-vis desquels
elle se comporte comme un véritable fléau. Parmi les Hyménoptères
Euménides, les Odynerus indigènes, dont les populations se comptaient par
millions, ont à peu près disparu par suite de la compétition avec certains
Hyménoptères Ichneumonides introduits, qui les ont privés des chenilles de
Lépidoptères qu’ils parasitent. La lutte paraît particulièrement inégale entre
espèces endémiques et espèces introduites du fait de la spécificité
parasitaire des premières et de la grande souplesse des autres.
Ces deux cas ne sont pas uniques aux Hawaii, dont la faune
entomologique a régressé dans une notable proportion par suite de la
prédation et de la compétition avec les espèces introduites
180
(en plus bien
entendu de la destruction des habitats et de la végétation indigène que nous
n’avons pas à envisager ici). Ces faits se sont reproduits dans beaucoup
d’autres parties du monde, où l’acclimatation a modifié profondément
l’équilibre des populations d’insectes autochtones et sans aucun doute fait
disparaître certaines espèces.
Un autre problème intéressant directement l’homme est celui des
insectes se comportant comme des « pestes » vis-à-vis des cultures. De
nombreux insectes ont profité du déplacement d’équilibre consécutif à la
mise en culture et de la quantité supplémentaire de nourriture mise ainsi à
leur disposition pour pulluler et causer de graves dégâts aux récoltes, soit
sur pied, soit stockées en attendant leur consommation. Il est à remarquer
que beaucoup des insectes nuisibles appartiennent à des espèces introduites.
En 1939 déjà, Smith faisait remarquer qu’aux États-Unis, parmi 183
de 1 300 ont été amenées par l’homme. La présence de la plupart de ces
éléments exogènes est consécutive à des acclimatations involontaires,
notamment du fait du transport de produits alimentaires (riz, céréales,
farine) ou de matières végétales (y compris des matériaux d’emballage) ; un
nombre relativement réduit a été acclimaté volontairement, notamment en
vue de leur emploi dans la lutte biologique. Beaucoup des insectes
introduits ont été à l’origine de la disparition ou du moins de la régression
massive de certaines populations d’insectes autochtones, principalement
dans les régions de basse et moyenne altitude. Une Fourmi, Pheidole
megacephala, est en particulier à incriminer en tant que prédateur ; presque
ubiquiste en dehors des régions montagneuses encore couvertes de forêts,
elle a fait disparaître la plupart des insectes endémiques vis-à-vis desquels
elle se comporte comme un véritable fléau. Parmi les Hyménoptères
Euménides, les Odynerus indigènes, dont les populations se comptaient par
millions, ont à peu près disparu par suite de la compétition avec certains
Hyménoptères Ichneumonides introduits, qui les ont privés des chenilles de
Lépidoptères qu’ils parasitent. La lutte paraît particulièrement inégale entre
espèces endémiques et espèces introduites du fait de la spécificité
parasitaire des premières et de la grande souplesse des autres.
Ces deux cas ne sont pas uniques aux Hawaii, dont la faune
entomologique a régressé dans une notable proportion par suite de la
prédation et de la compétition avec les espèces introduites
180
(en plus bien
entendu de la destruction des habitats et de la végétation indigène que nous
n’avons pas à envisager ici). Ces faits se sont reproduits dans beaucoup
d’autres parties du monde, où l’acclimatation a modifié profondément
l’équilibre des populations d’insectes autochtones et sans aucun doute fait
disparaître certaines espèces.
Un autre problème intéressant directement l’homme est celui des
insectes se comportant comme des « pestes » vis-à-vis des cultures. De
nombreux insectes ont profité du déplacement d’équilibre consécutif à la
mise en culture et de la quantité supplémentaire de nourriture mise ainsi à
leur disposition pour pulluler et causer de graves dégâts aux récoltes, soit
sur pied, soit stockées en attendant leur consommation. Il est à remarquer
que beaucoup des insectes nuisibles appartiennent à des espèces introduites.
En 1939 déjà, Smith faisait remarquer qu’aux États-Unis, parmi 183
