transformations intempestives, surtout dans les régions tropicales, où se
trouvent les pays en voie de développement, ceux qui connaissent les plus
grandes difficultés et les situations les plus critiques. Mais les régions
tempérées ne sont pas épargnées. Il suffit de mesurer les méfaits du
remembrement exagéré des terres agricoles, de l’abandon de zones
marginales privées du « tissu humain » qui les maintenait en équilibre et de
la mauvaise gestion de l’espace naturel livré à l’implantation industrielle et
urbaine, sans préoccupations écologiques, pour être pénétré de ces tristes
réalités. Les activités de loisir sont elles aussi génératrices de perturbations
sérieuses quand elles sont encouragées sans tenir compte des impératifs
biologiques. Les habitats montagnards souffrent de la création inconsidérée
de stations de sports d’hiver. Les installations touristiques des bords de mer
ont entraîné la destruction d’habitats fragiles particulièrement intéressants
et une privatisation de l’espace au profit de promoteurs tels que ceux qui
construisent actuellement le « mur de l’Atlantique » le long des côtes de
France.
Des progrès ont malgré tout été réalisés. La « bataille de
l’environnement », qui se poursuivra jusqu’à la fin des temps, a ses
communiqués de victoire pour les naturalistes. Les pouvoirs publics sont de
plus en plus conscients que la conservation de la nature est synonyme de la
protection de l’homme lui-même. Les législations, de plus en plus
rigoureuses, ont des bases écologiques. La loi sur la protection de la nature,
enfin adoptée, par le Parlement français, en est une preuve supplémentaire.
En révisant les données de cet ouvrage, j’eus la joie de constater que
les effectifs de quelques espèces gravement menacées sont légèrement
accrus. Sans doute une augmentation de quelques unités d’une population
relictuelle se chiffrant par dizaines, voire moins, ne met-elle pas l’espèce à
l’abri. Il n’en demeure pas moins vrai que la tendance est renversée, ne
serait-ce que pour certains animaux qui figurent quand même encore parmi
les « fossiles de demain ». Nos efforts sont plus nécessaires que jamais.
Que faire maintenant ? Nos actions à court terme continuent à être
indispensables. Longtemps encore, sinon toujours, nous devrons être les
« pompiers de l’environnement ». Il faudra parer au plus pressé, car nous
risquons de perdre une partie notable de notre patrimoine naturel dans un
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