poitrinaires. En 1847 le malacologiste W. H. Benson transporta cette
Achatine de Maurice aux Indes, où il la libéra dans le jardin de la Bengal
Asiatic Society.
L’homme l’a disséminée ensuite largement à travers les régions
tropicales de l’Ancien Monde (fig. 43). On la signala aux environs de 1840
aux Seychelles, aux Comores en 1860, à Ceylan en 1900, à Pérak et en
Malaisie en 1928. Ce Mollusque commettait déjà un peu partout des dégâts
aux cultures, notamment aux plantations de Thé et d’Hévéa. En 1931 il
faisait son apparition en Chine méridionale, en 1935 à Java, en 1936 à
Sumatra et au Siam en 1937.
Les Japonais introduisirent délibérément cette Achatine aux îles
Mariannes (Saipan et Tinian) en 1938, afin de l’utiliser à des fins
culinaires ; elle se répandit ensuite ailleurs dans l’archipel à la faveur du
transport de matières végétales (notamment à Guam en 1946). Elle a
également pris pied dans de nombreuses autres îles d’Océanie, aux Hawaii
(elle y arriva en 1936) où elle paraît cependant peu répandue (sauf à Oahu).
Elle a même fait son apparition aux États-Unis en 1947, envahissant
certains districts de Californie (probablement transportée à l’état d’œufs ou
de très jeunes individus collés à des véhicules militaires rapatriés du
Pacifique après la guerre) ; le climat californien ne paraît cependant pas
convenir à ce Mollusque propre aux habitats humides des tropiques. Il en
disparut rapidement, mais en 1967 fut introduit fortuitement en Floride, à la
suite d’une imprudence. L’Achatine s’est répandue à travers le sud-est des
États-Unis et menace de s’étendre à travers toutes les parties chaudes de
l’Amérique.
Fig. 43. Transport et acclimatation volontaire ou non de l’Achatine
Achatina fulica.
D’après R. Tucker Abbott, 1949
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