L’histoire de la naturalisation de cette espèce végétale montre combien
une introduction inconsidérée, à première vue inoffensive, peut être
dangereuse. Comme l’a dit Robyns (1955) : « Les ruptures d’équilibre
biologique qui en résultent peuvent modifier entièrement la flore et la faune
autochtones, en détruire certains composants et jeter même la perturbation
dans l’existence normale des habitants. » Cet exemple doit être médité par
tous ceux qui projettent des acclimatations dont on ne peut pas prédire les
conséquences.
Remarquons enfin que l’homme a contribué par le transport de
diverses souches végétales à fabriquer de nouvelles « espèces », notamment
en provoquant l’hybridation d’espèces autochtones avec des espèces
voisines importées. Si plusieurs cas sont connus en Amérique du Nord, le
meilleur exemple se rencontre en Europe dans le cas d’une Graminée
halophile, Spartina Townsendii, hybride naturel entre une espèce
européenne, Sp. maritima, et une espèce nord-américaine, Sp. alternifolia,
importée dès le début du XIX e siècle en Grande-Bretagne
173
. Cet hybride
polyploïde, découvert en 1870, ne commença à se répandre que vers le
début de ce siècle ; son expansion en bordure de mer dans les régions
marécageuses saumâtres s’accéléra alors aussi bien en Angleterre que dans
la partie nord de la France. Cette Spartine ne s’est sans doute pas montrée
nuisible à l’homme ; mais son implantation a contribué puissamment à
modifier les habitats, surtout en consolidant les étendues de vases mobiles.
Elle remplace localement les prairies de Zostères (Zostera) mélangées à des
Algues (Enteromorpha entre autres), milieu d’élection des Bernaches
cravants Branta bernicla, dont ces plantes constituent la nourriture de base.
Le changement des conditions écologiques dû à l’introduction et à la
propagation de cette Spartine a donc été éminemment préjudiciable aux
Bernaches, aux effectifs déjà réduits, comme à de nombreux Canards et
petits échassiers (Ranwell, 1962). On ne peut non plus manquer de signaler
les dangers que présenterait certainement l’introduction, le long des côtes
européennes, de l’Algue géante Macrocystis pyrifera. Cette espèce, voisine
de nos Laminaires et originaire de la côte orientale du Pacifique et des mers
australes, a des frondes pouvant atteindre 65 m de longueur. Si son
acclimatation, en vue de disposer d’algues capables de fournir en
abondance tous les produits que l’on tire de ces végétaux, réussissait, les
une introduction inconsidérée, à première vue inoffensive, peut être
dangereuse. Comme l’a dit Robyns (1955) : « Les ruptures d’équilibre
biologique qui en résultent peuvent modifier entièrement la flore et la faune
autochtones, en détruire certains composants et jeter même la perturbation
dans l’existence normale des habitants. » Cet exemple doit être médité par
tous ceux qui projettent des acclimatations dont on ne peut pas prédire les
conséquences.
Remarquons enfin que l’homme a contribué par le transport de
diverses souches végétales à fabriquer de nouvelles « espèces », notamment
en provoquant l’hybridation d’espèces autochtones avec des espèces
voisines importées. Si plusieurs cas sont connus en Amérique du Nord, le
meilleur exemple se rencontre en Europe dans le cas d’une Graminée
halophile, Spartina Townsendii, hybride naturel entre une espèce
européenne, Sp. maritima, et une espèce nord-américaine, Sp. alternifolia,
importée dès le début du XIX e siècle en Grande-Bretagne
173
. Cet hybride
polyploïde, découvert en 1870, ne commença à se répandre que vers le
début de ce siècle ; son expansion en bordure de mer dans les régions
marécageuses saumâtres s’accéléra alors aussi bien en Angleterre que dans
la partie nord de la France. Cette Spartine ne s’est sans doute pas montrée
nuisible à l’homme ; mais son implantation a contribué puissamment à
modifier les habitats, surtout en consolidant les étendues de vases mobiles.
Elle remplace localement les prairies de Zostères (Zostera) mélangées à des
Algues (Enteromorpha entre autres), milieu d’élection des Bernaches
cravants Branta bernicla, dont ces plantes constituent la nourriture de base.
Le changement des conditions écologiques dû à l’introduction et à la
propagation de cette Spartine a donc été éminemment préjudiciable aux
Bernaches, aux effectifs déjà réduits, comme à de nombreux Canards et
petits échassiers (Ranwell, 1962). On ne peut non plus manquer de signaler
les dangers que présenterait certainement l’introduction, le long des côtes
européennes, de l’Algue géante Macrocystis pyrifera. Cette espèce, voisine
de nos Laminaires et originaire de la côte orientale du Pacifique et des mers
australes, a des frondes pouvant atteindre 65 m de longueur. Si son
acclimatation, en vue de disposer d’algues capables de fournir en
abondance tous les produits que l’on tire de ces végétaux, réussissait, les
