Philippines, l’Australie, une partie des îles du Pacifique (îles Fidji et Hawaii
entre autres). En 1902, elle était importée à Hanoï, d’où elle envahissait la
péninsule indochinoise, l’Inde, y compris Ceylan (arrivée en 1905, elle y
était déjà devenue un fléau en 1907).
En Afrique, bien qu’elle ait été présente à l’état subspontané au Zaïre
dès 1910, c’est dans les temps récents (vers 1952) qu’elle se mit à pulluler
et envahir le bassin du Congo et de ses affluents ; même à la hauteur de
Kinshasa, le fleuve, devenu énorme, charrie des amas de Jacinthe d’eau,
tandis que les bras plus étroits et les affluents sont obstrués au point que la
navigation y est impraticable. La plante est en train de coloniser une partie
de l’Afrique orientale (Kenya, Rhodésie) et a pénétré au Zaïre et même au
Cameroun. À partir de 1958, elle envahit le bassin du Nil, et dès 1959 se
rencontrait au Soudan, de Juba à Khartoum.
La Jacinthe d’eau a donc envahi la quasi-totalité des régions paléotropicales, avec une vitesse stupéfiante, grâce à son formidable pouvoir de
reproduction par stolons. Une plante peut produire un nouvel individu en
deux semaines. On a calculé en Louisiane que 10 plantes mères peuvent
donner 655 360 nouvelles plantes en une saison de végétation (soit du
15 mars au 15 novembre), et il est certain que la Jacinthe d’eau se multiplie
toute l’année dans les régions tropicales proprement dites. Ce fait explique
l’envahissement rapide et total des eaux, qui se trouvent entièrement
obstruées par ces associations monophytiques.
Cette plante décorative, qui fit la joie des amateurs, est responsable de
ruptures d’équilibre par suite de la compétition avec des plantes aquatiques
autochtones qui se trouvent refoulées ou éliminées. Par ailleurs elle crée de
graves préjudices à la navigation, gêne les pêcheries et entraîne la
raréfaction des poissons par modification des frayères.
Devant cette menace, divers moyens de lutte ont été préconisés (De
Kimpe, 1957). La destruction mécanique (par bandes transporteuses qui
enlèvent les Jacinthes et les rejettent sur les berges ou les entraînent vers
des broyeurs) se révéla fort décevante. On entreprit alors une vaste
campagne de destruction par pulvérisation d’herbicide, notamment 2,4-D. À
partir de 1955, on arriva à un contrôle de l’extension de la Jacinthe d’eau et
à son éradication d’une partie de son aire de distribution. Mais le coût des
opérations est très élevé. Quelques foyers épars peuvent subsister, points de
départ d’une nouvelle invasion
172
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entre autres). En 1902, elle était importée à Hanoï, d’où elle envahissait la
péninsule indochinoise, l’Inde, y compris Ceylan (arrivée en 1905, elle y
était déjà devenue un fléau en 1907).
En Afrique, bien qu’elle ait été présente à l’état subspontané au Zaïre
dès 1910, c’est dans les temps récents (vers 1952) qu’elle se mit à pulluler
et envahir le bassin du Congo et de ses affluents ; même à la hauteur de
Kinshasa, le fleuve, devenu énorme, charrie des amas de Jacinthe d’eau,
tandis que les bras plus étroits et les affluents sont obstrués au point que la
navigation y est impraticable. La plante est en train de coloniser une partie
de l’Afrique orientale (Kenya, Rhodésie) et a pénétré au Zaïre et même au
Cameroun. À partir de 1958, elle envahit le bassin du Nil, et dès 1959 se
rencontrait au Soudan, de Juba à Khartoum.
La Jacinthe d’eau a donc envahi la quasi-totalité des régions paléotropicales, avec une vitesse stupéfiante, grâce à son formidable pouvoir de
reproduction par stolons. Une plante peut produire un nouvel individu en
deux semaines. On a calculé en Louisiane que 10 plantes mères peuvent
donner 655 360 nouvelles plantes en une saison de végétation (soit du
15 mars au 15 novembre), et il est certain que la Jacinthe d’eau se multiplie
toute l’année dans les régions tropicales proprement dites. Ce fait explique
l’envahissement rapide et total des eaux, qui se trouvent entièrement
obstruées par ces associations monophytiques.
Cette plante décorative, qui fit la joie des amateurs, est responsable de
ruptures d’équilibre par suite de la compétition avec des plantes aquatiques
autochtones qui se trouvent refoulées ou éliminées. Par ailleurs elle crée de
graves préjudices à la navigation, gêne les pêcheries et entraîne la
raréfaction des poissons par modification des frayères.
Devant cette menace, divers moyens de lutte ont été préconisés (De
Kimpe, 1957). La destruction mécanique (par bandes transporteuses qui
enlèvent les Jacinthes et les rejettent sur les berges ou les entraînent vers
des broyeurs) se révéla fort décevante. On entreprit alors une vaste
campagne de destruction par pulvérisation d’herbicide, notamment 2,4-D. À
partir de 1955, on arriva à un contrôle de l’extension de la Jacinthe d’eau et
à son éradication d’une partie de son aire de distribution. Mais le coût des
opérations est très élevé. Quelques foyers épars peuvent subsister, points de
départ d’une nouvelle invasion
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