Depuis des temps immémoriaux, l’homme a transporté de nombreux
végétaux à travers le monde, les plantes cultivées étant bien entendu les
plus anciennement acclimatées de toutes. Parallèlement aux défrichements,
elles ont contribué à créer des milieux entièrement artificiels ; leur
importance est de ce fait primordiale. Nous ne nous attacherons cependant
pas à cet aspect du problème, quel que soit l’impact des plantes cultivées
dans le monde vivant, car leur culture exige des transformations profondes
des habitats auxquelles il a été fait allusion par ailleurs.
L’homme a simultanément modifié les habitats naturels par
l’acclimatation de plantes sauvages. De nombreuses plantes familières des
campagnes d’Europe et d’Amérique du Nord semblent se trouver dans leur
patrie d’origine, faire partie du paysage depuis des générations. Et pourtant
beaucoup ne sont que des intruses, venues à des époques diverses, parfois
très reculées. L’homme a ainsi fabriqué de toutes pièces des communautés
entières, souvent stables, ayant toutes les apparences de communautés
naturelles ; l’influence humaine devient cependant manifeste dès que l’on
entreprend une étude floristique approfondie. À part certaines associations
de haute montagne et les habitats véritablement arctiques, il ne reste
certainement aucune communauté végétale naturelle en Europe ; si ce fait
provient en partie d’une modification profonde de l’équilibre des espèces
autochtones, l’acclimatation de végétaux importés y a joué un rôle très
important. Il en est de même en Amérique du Nord. Comme le rapporte
Clark (1956), les associations végétales de Californie ne comprennent plus
qu’un faible pourcentage de plantes autochtones, les espèces introduites
étant même dominantes dans des formations relativement stables. L’homme
a ainsi modelé le monde végétal sur une grande partie de la planète. On peut
évidemment se demander ce qui arriverait si notre espèce disparaissait et si
les plantes étaient abandonnées aux lois de l’équilibre naturel. Il est certain
que dans bien des cas les espèces autochtones reprendraient le dessus ; mais
les associations en seraient néanmoins profondément modifiées et les
formations primitives ne se rétabliraient qu’au terme de temps très longs,
parfois jamais.
L’influence humaine apparaît avec une particulière netteté dans le cas
des formations graminéennes (Foury, Vernet, 1960). Depuis longtemps les
agronomes ne peuvent plus « admettre que tout est pour le mieux dans le
meilleur des mondes », même si en tant que biologistes ils sont
végétaux à travers le monde, les plantes cultivées étant bien entendu les
plus anciennement acclimatées de toutes. Parallèlement aux défrichements,
elles ont contribué à créer des milieux entièrement artificiels ; leur
importance est de ce fait primordiale. Nous ne nous attacherons cependant
pas à cet aspect du problème, quel que soit l’impact des plantes cultivées
dans le monde vivant, car leur culture exige des transformations profondes
des habitats auxquelles il a été fait allusion par ailleurs.
L’homme a simultanément modifié les habitats naturels par
l’acclimatation de plantes sauvages. De nombreuses plantes familières des
campagnes d’Europe et d’Amérique du Nord semblent se trouver dans leur
patrie d’origine, faire partie du paysage depuis des générations. Et pourtant
beaucoup ne sont que des intruses, venues à des époques diverses, parfois
très reculées. L’homme a ainsi fabriqué de toutes pièces des communautés
entières, souvent stables, ayant toutes les apparences de communautés
naturelles ; l’influence humaine devient cependant manifeste dès que l’on
entreprend une étude floristique approfondie. À part certaines associations
de haute montagne et les habitats véritablement arctiques, il ne reste
certainement aucune communauté végétale naturelle en Europe ; si ce fait
provient en partie d’une modification profonde de l’équilibre des espèces
autochtones, l’acclimatation de végétaux importés y a joué un rôle très
important. Il en est de même en Amérique du Nord. Comme le rapporte
Clark (1956), les associations végétales de Californie ne comprennent plus
qu’un faible pourcentage de plantes autochtones, les espèces introduites
étant même dominantes dans des formations relativement stables. L’homme
a ainsi modelé le monde végétal sur une grande partie de la planète. On peut
évidemment se demander ce qui arriverait si notre espèce disparaissait et si
les plantes étaient abandonnées aux lois de l’équilibre naturel. Il est certain
que dans bien des cas les espèces autochtones reprendraient le dessus ; mais
les associations en seraient néanmoins profondément modifiées et les
formations primitives ne se rétabliraient qu’au terme de temps très longs,
parfois jamais.
L’influence humaine apparaît avec une particulière netteté dans le cas
des formations graminéennes (Foury, Vernet, 1960). Depuis longtemps les
agronomes ne peuvent plus « admettre que tout est pour le mieux dans le
meilleur des mondes », même si en tant que biologistes ils sont
